Quand la vérité cesse d’être le référent qui s’impose à tous alors vient …

par Bruno Bertez.

Les Russes et les Chinois comprennent de mieux en mieux le monde dans lequel nous vivons, un monde post-moderne, un monde post-verité.

C’est le monde du relativisme généralisé, le monde de la French Theory, celui de Foucauld, celui du marxisme culturel mal assimilé mais récupéré par les classes dominantes, que j’ai bien souvent pointés et analysés.

Au passage je conseille régulièrement de lire le philosophe Bouveresse qui est l’un des rares à avoir analysé les erreurs de Foucauld sur cette question de la vérité.

Une fois que l’on a tué les Dieux, une fois que l’on tué la Déesse Raison et qu’on a remplace la Vérité par l’opinion, le champ est libre pour la généralisation de la Loi du plus fort. Le plus fort a besoin de tuer les Dieux pour imposer son propre pouvoir, sa domination et sa tyrannie. Le plus fort a besoin de tuer le Symbolique pour imposer son imaginaire. Pour la classe des dominants ; dieu est mort, alors tout est permis.

Et c’est ce qui est au cœur de la situation historique actuelle, la lutte entre ceux qui croient que la Vérité est le référent suprême et ceux qui croient qu’il n’y a plus d e référent et que le référent c’est ce qu’impose le plus fort.

Exemple les règles arbitraires que les États-Unis veulent imposer au monde entier, règles sorties de nulle part, purement subjectives, unilatérales, dissymétriques.

La post-modernité c’est la vision occidentale, celle qui est résumée par cette affirmation américaine mégalo maintenant bien connue ; « nous sommes un empire, nous créons notre propre réalité et vous vous adaptez. »

Eh bien non au plan mondial il y a des gens qui n’ont pas perdu le contact avec le vrai monde, avec la vérité, avec la moralité, ils refusent de s’adapter au monde que veulent les Américains et, au plan domestique, aussi il y a des gens qui refusent de s’adapter aux règles des vassaux compradores et de se soumettre aux complices des plus forts.

Le monde objectif existe, le monde des vérités de situations existe, le monde de la raison n’est pas un monde ringard relégué aux oubliettes de l’histoire. Le monde de l’imaginaire des plus forts est une bulle, une myriade de bulles et c’est précisément la dialectique de l’éclatement de ces bulles qui est l’axe selon lequel se développe maintenant l’Histoire.

Le nœud historique actuel se noue au niveau de ces bulles, au niveau de leur éclatement, au niveau de la réconciliation avec le réel, au niveau de l’atterrissage de ceux qui planent … sur les dos des autres.

Comprendre notre époque c’est comprendre cette lutte qui est en cours entre ceux qui veulent coûte que coûte maintenir la bulle et les bulles et ceux qui sont du coté du vrai, de la pesanteur, du coté du symbolique, de la raison et qui sont favorables à l’atterrissage , même si cet atterrissage ne se fait pas en douceur ; la loi de la gravitation doit s’imposer, « deux plus deux doit toujours faire quarre » et non pas cinq !

Non la vérité n’est pas le produit de relations de pouvoir, non la vérité n’est pas un produit du pouvoir, ceux qui le prétendent confondent la vérité en elle même, celle qui existe en soi, objectivement et la quête de la vérité qui est est toujours relative, toujours à remettre en question. La quête et l’utilisation de la vérité sont ou peuvent être des produits du pouvoir certes c’est évident, mais la vérité en elle même, en tant que vérité de situation, vérité de faits ou vérité logique échappe à l’emprise des pouvoirs.

Nous pauvres humains nous n’avons pas accès à la Vérité bien sur mais nous avons la possibilité par le travail, la recherche, l’expérience et l’analyse critique de nous en approcher tangentiellement. Nous ne la touchons jamais mais nous nous en rapprochons asymptotiquement.

Et il ne faut pas confondre ce mouvement de quête pour produire la vérité avec l’utilisation que le pouvoir fait de la « vérité » quand il assène sa parole de Maître, pour rester maître et dominer.

La disjonction qu’a opérée le XIXe siècle entre les signes et le réel a créé un monde ou les signes, les récits, les romans peuvent flotter sans ancrage dans l’air, au dessue du réel et s’en écarter. La disjonction a crée un monde imaginaire régit par les puissants, les pouvoirs, les classes dominantes et leurs larbins.

Le XIXe siècle a fait en sorte que les peuples croient que la vérité ne se trouve que dans la tète des gens, comme la valeur, on a fait entrer en quelque sorte la vérité dans la catégorie des marchandises, des commodities ! On a coupé la vérité du monde réel pour la faire entrer dans celui du désir des privilégiés.

Et l’Occident, pour faire court, l’Occident baigne dans cet imaginaire et cherche à en faire la propagande mondiale, il veut imposer son imaginaire à la planète et singulièrement aux Russes, aux Chinois, au BRICS etc.

Les névrosés Occidentaux veulent imposer leur névroses aux 85% de la planète qui ne le sont pas.

Les névrosés Occidentaux se coupent du monde, ils perdent leur capacité de s’y adapter, de faire des efforts, de se reproduire et perdus dans leurs jouissances, ils ne rendent plus compte que les bases du pouvoir, les bases concrètes, matérielles leur échappent ! On ne peut vivre suspendus dans les airs. Dans les airs fussent ils chauffés par la planche a billets digitale du dollar.

L’imaginaire divise et produit les affrontements car des lors que la vérité n’est plus reconnue et partagée il n’y a plus qu’une solution, cette solution c’est la force, la violence.

C’est la raison pour laquelle depuis des décennies je prétends que l’avenir du monde dans cette voie c’est le terrorisme. Le terrorisme c’est ce qui s’impose quand la catégorie de la vérité, quand la raison cessent d’être les référents.

Quand la vérité n’est plus un bien, un lien commun, reconnu, respecté alors seul reste le hit parade truqué des opinions et ce hit parade des opinions produit toujours sa conséquence fatale ; la guerre.

Le symbolique c’est à dire la vérité, unit les hommes car ils ont ainsi quelque chose en commun, tandis que l’imaginaire, la névrose de classe des dominants ne produit que la division, l’éclatement, la rébellion et le recours à la force.

***

3 réflexions sur “Quand la vérité cesse d’être le référent qui s’impose à tous alors vient …

  1. Bonsoir,
    On pourra aussi penser au Magicien d’OZ, magnifique métaphore de la démocratie américaine: émerveillement, manipulation, infantilisation… Dès les années 30!

    J’aime

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