Editorial. La Fed produit un monde imaginaire et sa force réside dans sa connaissance parfaite de cet Imaginaire.

Je vous ai livré hier le communiqué du FOMC américain pour une raison bien précise: tout est dit.

Les participants au FOMC créent le monde, ils créent leur propre réalité comme disait Karl Rove et comme ils créent leur propre réalité, ils sont experts, ils la connaissent bien.

La Fed produit un monde imaginaire et sa force réside dans sa connaissance parfaite de cet Imaginaire. Cet imaginaire qu’elle produit est auto-renforcé, même par ses détracteurs

La Fed impose un champ de bataille sur lequel les camps rivaux ne font jamais rien d ‘autre que renforcer son propre pouvoir.

La Fed a accès à l’infini, elle a des pouvoirs divins …à l’intérieur de l’imaginaire quelle a crée. A l’interieur de son champ de croyance.

Son accès à l’infini est articulé autour de la dette du trésor US , de la création monétaire, de son bilan et de l’imposition des taux courts. Cet accès à l’infini repose en dernière analyse ,- en dernière analyse dans l’imaginaire,- cet accès à l’infini repose sur l’acceptation impériale du dollar et sa reconnaissance comme monnaie , monnaie libératrice de dettes. Les meilleurs soutiens du dollar sont … les entités du Reste du Monde endettées en dollars!

Acessoirement la Fed et sa classe financière bénéficie du monopole du discours. La Fed fait Autorité Unilatérale..

Comme vous le comprenez l’acceptation du dollar est la pierre angulaire de l’imaginaire et elle repose à la fois sur ses fondations dans l’Imaginaire- la dette- et sur ses fondations dans le Réel, la puissance militaire, la force. La violence, c’est la brèche, la seule brèche dans l’imaginaire . Je n’irai pas plus loin pour le moment.

La Fed n’a qu’un ennemi depuis que les participants rogues, voyous ont été matés: cet ennemi c’est le Réel.

Entendez bien le vrai réel, pas un imaginaire concurrent.

La Chine et la Russie tout en étant rogues par rapport à la Fed ne sont pas « disants », ou du moins pas encore car ils sont obligés de jouer sur le terrain balisé par la Fed et de suivre ses règles . La seule solution à ce stade pour les rogues, les voyous est de s’isoler, de jouer ailleurs, autrement, entre eux. A la limite il s’agirait de produire puis d’imposer un Imaginaire concurrent, efficace . Ce qu’essaie de faire la Russie en paroles mais pas la Chine, du moins pas encore car elle tire encore beaucoup de bénéfices de sa participation à l’imaginaire américain..

La critique de la Fed passe à coté de l’essentiel , c’est le cas de Mohamed El Erian et Lawrence Summers car cette critique ne se livre pas une analyse méthodologique ou épistémologique, elle ne se place pas hors de l’imaginaire de la Fed; elle reste à l’intérieur. La dénonciation de la politique de la Fed fait partie des règles , fait partie intégrante du système car elle ne débouche jamais sur le réel. La Fed jusqu’à présent a toujours gagné même quand elle avait tort! Et actuellement la Fed est encore en train de gagner, tout s’aligne dans ce sens.

Le cas le plus symptomatique est celui de l’inflation des prix des biens et services. Elle a déjà gagné, je le signale, sur l’inflation des prix des produits de base et partiellement sur l’énergie. Grace aux médias et à la complicité des partis politiques et des syndicats la Fed va gagner sur les salaires, c’est en bonne voie. La classe salariale va être écrasée.

Les économistes n’ont plus de théorie objective de l’inflation. Là aussi la Fed a gagné.

Ni théorie keynésienne , ni théorie monétariste .

La théorie de l’inflation dominante est celle de la Fed:, l’inflation est causée par les anticipations inflationnistes. Tout se joue donc au niveau des perceptions, des croyances, des … marchés pilotés par la Fed comme ceux des emprunts indexés. Les anticipations sont fabriquées et produites.

Les services de la Fed sont bien plus compétents pour étudier les anticipations que l’économie réelle depuis que Greenspan et Geithner ont découvert l’importance des animal spirits. La création des anticipations d’inflation mesurées par les marchés est un chef d’œuvre digne des miracles du Moyen Age. Il fallait le faire et ils l’ont fait.

Les analyses soi disant objectives des économistes de la Fed; les diagnostic comme ceux de « transitoire » n’ont pas fonction informative mais fonction formative; il s ‘agit de fabriquer des anticipations ou si on veut parler le langage de la rue, fabriquer des croyances. Et cela marche marche car nos savants manipulateurs ont compris les règles de base, pour qu’une stimulation marche il faut des récompenses, il faut des renforçateurs et le renforçateur c’est la hausse de la bourse qui le fabrique. Le marché est le lieu de distribution des récompenses à ceux qui se conduisent bien.

La gestion économique est devenue une gestion des croyances majoritaires, des croyances dominantes; nous sommes dans un culte, dans une église avec ses initiés qui produisent les croyances et son clergé qui les diffuse, les institutions financières conniventes qui valident ces croyances à tous les niveaux .

Nous sommes dans un système de croyances auto réalisatrices, dans une système d ‘auto validation, dans un système de tautologie.

Et les interventions des El Erian ou Summers sont inadéquates, inadaptées car elle ne vont pas l’essentiel à savoir la critqiue méthodologique et épistémologie d’une part et la critique concrète et expérimentale d’autre part.

Je m’explique la Fed ne cesse de se tromper aussi bien sur la prévision du niveau de l’inflation que sur sa durée, elle se trompe totalement sur la croissance; la critique scientifique devrait s s’appuyer sur ces erreurs, les signaler, les publiciser, les monter en épingle et ensuite en pointer les causes, montrer d’où elles viennent, appuyer là où cela fait mal.

Mais El Erian ou Summers ne sont pas laÏcs, matérialistes non ils sont grands prêtres concurrents; leur statut se situe dans l’imaginaire comme celui de Powell, donc ils ne vont pas fracasser ce qui les fait exister!

L’institution Fed reste sacrée ce qui signifie que l’on ne pointe ni ses imbécillités ni ses manipulations.

Il faut laisser l’institution intacte donc on ne critique qu’à la marge faiblement , juste pour exister en tant que rebellocrate.

La Fed prêche , elle établit des tautologies, des « voila pourquoi votre filles est muette », elle ne gère pas le réel, elle plaque un roman dessus .Elle ne fait que piloter habilement au milieu du monde qu’elle crée par sa communication, par les relais de ses connivents en suite par la validation par les marchés.

La Fed ne peut être vaincue, mise au pilori que par le réel , par un réel vengeur.

Les vendeurs shorts ne sont pas des critiques/ennemis de la Fed ils sont comme El Erian et Summers dans l’imaginaire et ils font partie du dispositif d’auto réalisation des prophéties de la Fed car la Fed les connait bien ces shorts et elle en joue, les shorts sont une de ses courroies de transmission.

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3 réflexions sur “Editorial. La Fed produit un monde imaginaire et sa force réside dans sa connaissance parfaite de cet Imaginaire.

  1. Bonjour M. Bertez
    Donc, la BoE anticipant une inflation à 13% le passage de 10% à 13% est garanti puisque c’est l’anticipation d’inflation de la BoE qui la crée et rien d’autre.
    La diminution de 20% du poids de ma tablette de chocolat à prix constant doit donc être une illusion et je ne saurais m’en plaindre , faute de quoi je ne serais qu’un conspirationniste extrémiste, ennemi de l’état, et cherchant à renverser le gouvernement comme l’a récemment affirmé un ministre CDU ! voir:https://www.zerohedge.com/political/german-official-trashes-cost-living-protesters-enemies-state.

    Oh les beaux jours!

    Cordialement.

    J’aime

  2. Le retour au monde réel ne peut se réaliser sans douleur.
    Pour toutes les maladies de dépendances alcool, drogues… le sevrage est toujours difficile.
    Et le sevrage ultime est l overdose.

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    1. Le monde Imaginaire dont je parle est un monde de signes qui ont été disjoints du réel afin de propager des illusions.

      Le monde Imaginaire est articulé sur l’hypothèse de la croissance infinie dans la mesure ou il promet des jouissances et des biens matériels. De la consommation.

      Il remplace l’ancienne fonction du paradis dans la religion, Les satisfactions, le bonheur sont pour demain. Cela permet de maintenir longtemps un ordre social inique.

      La plupart des illusions véhiculées sont des promesses.

      On émet ainsi plus de promesses que le présent ne peut honorer, On reporte dans l’avenir. Mais ainsi, elles s’accumulent. Elles font boule de neige, elles se composent, c’est le problème des intérêts composés.

      Il s’agit en quelque sorte de paris sur le futur. paris sur l’infinitude, paris sur l’absence de limites, de rareté, de gravitation.

      Certains paris dans le passé ont été raisonnables, mais il a quand même fallu en réduire le poids par l’inflation, les guerres, les moratoires, les restructurations, les faillites, les destructions de toutes sortes etc.

      La destruction des paris et promesses suraccumulées est une opération saine, naturelle qui est équivalente à la mue du serpent.

      Le système ne survit et ne se perpétue et ne s’adapte à son environnement que si et seulement si de temps à autre il détruit la suraccumulation qui constitue un boulet dans sa progression.

      Notre système n’est plus progressiste au vrai sens du terme, car il refuse les destructions nécessaires à sa survie; il veut se maintenir, nier le tempes, nier la gravitation, nier les limites. En particulier il refuse les mutations de l’ordre social qui découleraient des destructions de la suraccumulation .

      Notre système ne reconnait que les flux, il considère comme nuls et non avenus les stocks, les accumulations dans les bilans et tous les problèmes de solvabilité , C’est à dire que tous les problèmes de satisfaction des promesses sont considérés comme des problèmes de flux , de liquidité.

      D’où le besoin , la nécessité organique, endogène , incontournable de la création croissante de nouveaux crédits et de fausse monnaie non gagée.

      Au passage je signale que le système ne peut résister à un retournement de la tendance à long terme des taux dans le sens de la hausse, il a besoin de la tendance continue à la baisse .

      Les interruptions ne peuvent être que passagères et téléphonées aux institutions TBTF afin qu’elles diffusent leur risque de taux sur le public et ses caisses de retraites. Les périodes courtes de hausse de taux doivent avoir été prévues par les initiés et couvertes, hedgées.

      Le vrai ruissellement c’est cela c’est la diffusion du risque systémique sur le public!

      Ceci me permet d’affirmer que le fond de la crise de notre système est une crise bilantielle, trop de passif pour pas assez d’actifs et de cash flows. Le cash flow ici, c’est le surproduit c’est à dire la partie de la valeur créée qui n’est pas payée aux travailleurs mais attribuée au capital.

      La solution choisie est donc d’inflater les actifs, les actifs financier surtout mais immobiliers aussi, de faire monter leurs prix , pour paraitre solvable ce qui fut le Système John Law. The Great Experiment.

      Ce Système ne repose pas sur la Confiance mais sur la gogoterie, le vice du jeu et le cynisme.

      Ce Système maintenant perfectionné, nie la suraccumulation , il nie le fardeau, le boulet en trichant:

      il roule -c’est le cas de le dire- ses dettes, les reporte dans le temps

      Il paupérise les producteurs de denrées alimentaires et de matières premières par l’épuisement des sols et l’exploitation minière

      il surexploite les salaries en baissant leurs salaires réels et en confisquant les gains de productivité au lieu de les partager

      il pille l’épargne et les retraites en ne leur permettant plus de capitaliser , seuls peuvent capitaliser ceux qui, soi disant, prennent des risques. Mais ces soi disant preneurs de risques n’en prennent pas, c’est un mensonge. Ceux qui prennent des risques les reportent sur le Tresor Public, le budget et l’institut d’émission de la monnaie. Ce sont d’authentiques prédateurs.

      il baisse les salaires indirects , prestations santé, sécurité

      il s’accapare les biens publics ou les bradent

      il néglige l »éducation et la formation des générations futures

      il remplace le peuple existant par un peuple venu d ‘ailleurs dont le cout d’entretien et de reproduction est très inférieur

      Hélas :

      La chute tendancielle de la croissance, des profits et des investissements productifs , l’éveil des Emergents rendent maintenant impossible d’honorer les promesses ce qui se traduit par l’inflation des prix des biens et des services.

      Le système recommence à buter sur ses limites comme ce fut le cas en 2008 mais la forme que prend cette crise est différente.

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