Inflation, taux d’intérêt, ou est le point de rupture?

A LIRE

Les prix à la consommation américains augmentent pour le 27e mois consécutif »…

« L’inflation américaine est à un sommet de 40 ans; elle montre peu de signes de ralentissement »… « Les actions s’effondrent après publication des données d’inflation d’août »…

L’indice des prix à la consommation, le CPI d’août est sorti hier. La publication a révélé que les prix à la consommation avaient augmenté de 0,1 % depuis juillet.

Il apparait que 47 des 50 économistes interrogés se sont « trompés » – il avaient prévu un chiffre en baisse .

Ils prévoyaient une baisse des prix de 0,1 % à partir de juillet… et ils ont obtenu une hausse des prix de 0,1 %.

Plutôt qu’une inflation de 8 % en glissement annuel qu’ils prévoyaient, l’inflation en glissement annuel en août s’est établie à 8,3 % .

Le CPI de base -inflation core- est la mesure d’inflation préférée de la Réserve fédérale. Elle élimine les prix des aliments et de l’énergie. Le rapport d’aujourd’hui révèle que le CPI de base a galopé de 0,6 % en août. Les sages prévoyaient un simple jogging de 0,4 % par rapport au taux de juillet.

Mais les prix du carburant sont en baisse!

C’est une énigme apparente : les prix de l’énergie poussent l’inflation à la hausse. Pourtant, les prix de l’essence reculent rapidement, n’est-ce pas ? La composante énergétique du CPI a reculé de 5 % par rapport à juillet. Cela représente la plus grande baisse depuis avril 2020, lorsque les verrouillages sont entrés en vigueur. L’indice des prix de l’essence, a plongé de 10,6 % en août.

Qu’est-ce qui explique alors les tensions inflationnistes d’août ? C’est l’alimentation!  

Le grand choc a été l’indice alimentaire qui a augmenté de 11,4 % au cours de la dernière année, la plus forte augmentation sur 12 mois depuis la période se terminant en mai 1979, tandis que l’indice de la nourriture à domicile a augmenté de 13,5 %, la plus forte augmentation sur 12 mois depuis la période se terminant en mars 1979.

Le coupable c’est la hausse des prix des denrées alimentaires, prix dont la Réserve fédérale se moque plus ou moins soit dit en passant. Vous ne pouvez bien sûr pas vous en passer. Vos yeux sortent de leurs orbites chaque fois que vous voyez les additions, stupéfaits . Au total, 70% des postes du CPI a enregistré une hausse en août supérieure à 4%.

Quand la loi sur la réduction de l’inflation entrera-t-elle en vigueur ?

Le logement et les loyers en août ont bondi de 6,24 % par rapport aux 5,69 % de juillet. Les coûts de l’assurance maladie ont bondi de 2,4 % par rapport à juillet et ont augmenté de 24,3 % sur l’année.

Ainsi, l’inflation « transitoire » a pris l’ascenseur, en permanence.

Mark Hamrick de Bankrate donne la vue d’ensemble : Les prix des produits de première nécessité continuent d’alimenter cet incendie, notamment le logement, la nourriture et les soins médicaux. La baisse substantielle des prix de l’essence est remarquable, mais elle ne résout pas le problème global de l’inflation.

Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics ajoute : Les chiffres d’inflation du noyau -inflation core- étaient tous chauds . L’ampleur des hausses de prix des véhicules neufs aux services de soins médicaux en passant par la croissance des loyers, était terrible, tout était en forte hausse. C’est l’aspect le plus déconcertant du rapport.

En attendant, CNBC avertit que le rapport publié remet en question « le récit sur l’inflation »: Pendant la plus grande partie de l’année, le récit sur l’inflation parmi de nombreux économistes et décideurs a été qu’il s’agissait essentiellement d’un problème de nourriture et de carburant. Une fois que les chaînes d’approvisionnement se sont rétablies et que les prix de l’essence ont diminué, on pensait que cela allait aider à réduire les coûts alimentaires ce qui , à son tour, allait atténuer les pressions sur les prix dans l’ensemble de l’économie. Les chiffres de l’indice des prix à la consommation d’août ont cependant mis ce récit à rude épreuve, ces augmentations croissantes indiquent maintenant que l’inflation pourrait être plus persistante et plus enracinée qu’on ne le pensait auparavant.

Baisse des salaires pendant 17 mois consécutifs!

Les salaires réels ont diminué pour le 17e mois consécutif en août. Autrement dit, votre chèque de paie a rétréci pour le 17e mois consécutif. Ainsi, l’inflation est un pickpocket extrêmement habile. Elle est fort justement désignée comme le voleur invisible.

Nous consultons souvent le site ShadowStats de John Williams. C’est parce que cet homme disperse les brouillards statistiques – les brouillards statistiques que le gouvernement lance pour dissimuler la véritable inflation. Williams révèle que le véritable taux d’inflation dépasse de très loin le taux officiel.
Un coup vicieux

La bourse a été lourdement harponnée par le rapport sur les prix.

Le Dow Jones a chuté de 1 276 points sur la journée. Le S&P 500 a perdu 177 points et le pauvre Nasdaq Composite a fait une hémorragie de 632 points – une chute de 5,16 %.

L’or a perdu 28 $ tandis que Bitcoin a perdu 2 091 $.

Le rapport d’aujourd’hui a rappelé à Wall Street qu’il peut oublier tous ses espoirs de clémence de la Réserve fédérale.

Seema Shah, stratège mondiale en chef de Principal Global Investors : Les données d’inflation d’aujourd’hui cimentent une troisième hausse consécutive de 0,75 % du taux des fonds fédéraux la semaine prochaine… Le CPI de base est à nouveau en hausse, confirmant la nature très durable du problème d’inflation aux États-Unis. Jusqu’à ce que la Fed puisse apprivoiser cette bête, il n’y a tout simplement pas de place pour une discussion sur les pivots ou les pauses. Seema Shah affirme que les données d’inflation d’aujourd’hui « cimentent » une troisième hausse consécutive de taux de 0,75 %.

La Réserve fédérale pourrait-elle envisager des actions encore plus restrictives ? Pourrait-elle augmenter les taux d’un point de pourcentage complet la semaine prochaine – d’un énorme 1%? Le marché donne actuellement 32% de chances pour une telle hausse . Hier, il donnait la cote était de 0%.

Serrer les freins

Entre-temps, les chances d’une hausse de 0,75 % en novembre ont bondi à 60 % et les chances d’une hausse de 1 % en décembre à près de 50 %. Ainsi, nous découvrons que le taux des fonds fédéraux pourrait dépasser 4 % d’ici la fin de l’année. 

Si l’on tient compte du resserrement quantitatif actuellement en cours, la Réserve fédérale pourrait exercer une forte pression sur les marchés. Son resserrement quantitatif pourrait retirer 1 000 milliards de dollars du bilan cette année. 

Selon les estimations, une saignée de 1 trillion de dollars équivaut à un point de pourcentage de hausses de taux.

Le marché boursier – et l’économie – pourraient alors être confrontés à un taux effectif de 5 % d’ici peu.

Ni l’un ni l’autre ne peut supporter un taux de 5%… selon nos calculs . 

La seule question est :Quel est le point de rupture ?Nous ne le savons pas bien sûr. Personne ne le sait vraiment.

Pourtant, à moins que les dieux ne soient extrêmement gentils , nous aurons notre réponse bientot …Salutations,Brian MaherBrian Maher

Rédacteur en chef, The Daily Reckoning
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