EDITORIAL. L’inflation, la récession qui arrive, la guerre, tout cela c’est à cause de l’insuffisance du profit et de l’excès de capital !

Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.

Je suis l’un des très rares observateurs à vous entretenir régulièrement du profit.

Dans la littérature et les médias , on n’en parle pas.

Pourquoi? Parce que le profit en régime capitaliste est au centre du système, c’est l’éléphant dans la pièce, c’est lui qui commande tout.

Or pour durer le système besoin d’être non compris, non-su, enfoui.

Vous pour être ce que vous êtes vous avez besoin de ne pas vous connaitre, de ne pas connaitre vos déterminations ultimes. Il faut qu’elles vous apparaissent comme naturelles, comme des données sur lesquelles vous ne pouvez rien rien. Tout cela vous constitue, à votre insu. Comme l’ordinateur qui peut faire beaucoup de choses mais ne pas connaitre sa propre logique.

La logique du système, , ses structures, son agencement ne doivent pas être perçus. Carl Jung disait: tout système ne peut durer que dans l’obscurité, bien à l’abri de la connaissance. Tout système ne peut durer que . si et seulement si il est inconscient. Si il était conscient on pourrait agir dessus et donc le corriger, le modifier. Il faut, pour durer, que le système s’impose comme une donnée tombée du ciel, inexpliquée et inexplicable.

Il faut .. que le système s’articule autour d’une multitude de … « il faut » , avec le fameux « il  » non défini et bien sur non définissable.

C’est ainsi que le système religieux, qui est le système opaque par excellence a pu s’imposer et se perpétuer.

C’est ainsi que fonctionne la monarchie britannique dont on a encore vu les ravages ces derniers jours, puisque on a réintroduit le sacré: on ne peut critiquer la monarchie sous peine de prison immédiate sans jugement .

C’est ainsi que fonctionne l‘Etat et cette fameuse République, dans l’obscurité, on n’a pas le droit de les soumettre à l’analyse critique… ces abstractions ont tous les pouvoirs car elles bénéficient de l’héritage, du transfert du sacré de la monarchie et de la religion..

Et on a fait la même chose avec les riches et le pognon et le profit , ils sont hors de portée.

Le système met en pratique le fameux ; pour vivre heureux, vivons cachés.

Le rôle central du profit en régime capitaliste doit être escamoté; même les soi disant « gauches » n’en parlent plus, elles préfèrent parler des inégalités comme si c’était équivalent!

Non ce n’est pas équivalent car les inégalités se réfèrent aux personnes et aux groupes, tandis que le profit se réfère aux facteurs objectifs de production, c’est à dire au facteur travail et au facteur capital accumulé.

Vous pouvez faire semblant de lutter contre les inégalités par exemple par l’impôt tout en laissant intacte la problématique du profit.

La question du profit se pose en regard, en relation avec la masse capital accumulée. Elle ne se pose pas en terme de marge bénéficiaire sur le chiffre d’affaires comme souvent on essaie de vous le faire croire. Pourquoi ?Parce que le même profit peut être réalisé avec des masses de capital engagé très différentes, ce que l’on appelle l’intensité capitalistique détermine le ratio de profit attendu par le capitaliste; plus il engage de capital, plus il en attend de profit.

La dictature du profit a à voir avec le besoin de rendre profitable tout le capital accumulé, le productif, le fictif et celui qui n’est pas défini à savoir ce capital maintenant diffus et non nommé qui donne droit à prélever sur la production sans rien produire, sans travailler.

Nos sociétés font croitre exponentiellement la masse de droits à prélever sur la production sans fournir d’efforts et sans contribuer à quoi que ce soit. Cela fait galoper la masse de capital qui tire sur la valeur ajoutée des travailleurs.

N’oubliez jamais que le capital c’est un rapport social, c’est un droit à prélever sur le produit du travail, sur la richesse produite par le travail vivant. Et si vous donnez des droits prélever sans production en contrepartie, vous avez créé un capital!

Eh oui. vous commencez à comprendre le problème de la suraccumulation: c’est le fait de créer toujours plus de droits à prélever , plus de droits que l’on ne crée de vraies richesses, plus de droits que l’on ne peut honorer.

Vous comprenez aussi que pour tricher face à la difficulté à honorer tout ce capital d’une part on pèse sur les salaires des salariés actifs mais aussi on triche en reportant dans le futur c’est à dire que l’on créée sans cesse plus de dettes! Le système de la dette c’est à dire le système de la financiarisation a à voir avec ces fausses solutions face à l’insuffisance de profit . Le système de la dette, la financiarisation c’est la création d’un univers imaginaire à l’intérieur duquel on peut honorer toutes les promesses, même les plus intenables!

Face à l’excès de promesses, face à l’excès de droits et face à l’insuffisance de vraies richesses réelles pour honorer ces droits, le système a choisi de s’envoyer en l’air, dans l’imaginaire , là ou on est dans l’infini, dans l’illimité.

On voit aussi en ce moment que le système peut aussi choisir le pillage, la guerre et c’est ce qui se passe, l’Occident en crise a provoqué la Russie afin de tenter de lui faire faire la guerre et ainsi la mettre en position, si elle perd, d’être pillée! La domination de la Russie est le dernier horizon du profit. Et dire que Mélenchon soutient cela!

Mais bien sur tout cela doit rester non compris, non analysé car si cela était évident le pot aux roses serait découvert à savoir que tous nos maux proviennent d’un excès de capital d’un excès de droits à prélever sans contribuer à la production de richesses.

La crise du système est une crise de rareté relative, rareté de la plus value produite face à un excès colossal de capital accumulé. .

La crise du système est une crise d’excès de capital face à une insuffisance de profit, de cash flow, de plus value et c’est cette crise qui explique la paupérisation des travailleurs, les dettes, les déficits, les tensions sociales, l’inflation monétaire , la guerre actuelle, les guerres futures etc ,

La crise du système est une crise d’excès de capital de tous ordres; Il y a trop de droits à prélever sur la production mondiale, alors que la plus value, le surplus , l’excèdent répartissable ne croissent pas sassez vite. Et en plus cet excèdent va se réduire considérablement avec la transition climatique.

En glissant du profit scientifique tel que je l’expose et du capital aux inégalités on passe d’une analyse cohérente objective à une analyse politicienne, idéologique, réformiste sociale démocrate selon laquelle le système fonctionne bien mais qu’il suffit de le raboter en corrigeant ou faisant semblant de corriger les inégalités.

La sociale démocratie permet d’escamoter l’essentiel à savoir la formidable accumulation de capital de toute sorte qui est intervenus ces dernières dizaines d’années.

Elle permet d’éviter les sujets qui fâchent comme le glissement du capital productif au capital financier, l’occultation du capital fictif bullaire de la bourse et le scandale des politiques monétaires qui visent à enrichir les déjà riches en créant de la monnaie, de la dette, pour faire gonfler continuellement les portefeuilles boursiers.

L’escamotage de ces deux données essentielles que sont le profit et le capital permet aux gens de gauche de faire semblant d’être du coté des travailleurs alors qu’ils sont hypocritement du coté des ultra riches. Ils laissent le système dans l’obscurité. Il n’y a plus de gauche que traitre et caviar à notre époque! Il n’y a que des fourriers du très grand capital internationalisé comme Mélenchon.

JP Morgan est l’une des rares institutions à publier des travaux sur cette question de la profitabilité. Bien entendu elle se garde bien de mettre le projecteur là ou il faut à savoir sur le ratio entre d’un coté la masse de profits du système et de l’autre la masse de capital productif et fictif qui est accumulée dans le système. mais c’est déjà intéressant.

La croissance mondiale des bénéfices des entreprises se dirige vers le sud.

Selon l’analyse des économistes de JP Morgan. 

JP Morgan estime qu’après avoir bondi de 89 % (moyenne mobile du 4e trimestre) en 2021, les bénéfices des entreprises mondiales se sont modérés pour atteindre un niveau toujours solide de 24 % au cours de l’année se terminant au 2T22. 

Et ils estiment que « le niveau des bénéfices est supérieur de 17 % à sa tendance pré-pandémique, mais il ne compense toujours pas les pertes de revenus dues à la pandémie ».  

Cependant, JP Morgan s’attend à « un ralentissement de la croissance des bénéfices au cours des prochains trimestres alors que l’inflation ralentit mais que les marchés du travail restent tendus. Une pression supplémentaire vient de la hausse des taux d’emprunt des entreprises alors que les banques centrales poursuivent le cycle de resserrement le plus prononcé depuis des décennies. 

Les ciseaux de bénéfices en baisse et de taux d’intérêt en hausse commencent à se refermer.

Pendant la reprise post-pandémique, les marges bénéficiaires des entreprises (c’est-à-dire la différence entre les revenus et les coûts par unité de production) ont atteint des sommets de plusieurs décennies, la flambée de l’inflation ayant stimulé le pouvoir de fixation des prix des entreprises tandis que les salaires languissaient.

Note BB: ceci confirme mon analyse fondamentale à savoir que l’inflation, la hausse des prix sont toujours liéé au pouvoir de fixation des prix, or qui a ce pouvoir de fixation des prix si ce n’est le chef d’entreprise qui représente le capital ! L’inflation a toujours à voir avec le besoin de profit. C’est à dire la masse de capital qui crie: et moi, et moi! Je veux ma aprt!

Mais les choses changent en 2022. Les marges bénéficiaires diminuent à mesure que les coûts de production augmentent et que la croissance des revenus ralentit. Ceci explique pourquoi les autorités finissent enfin par s’intéresser à l’inflation: elle fait baisser les profits, elles provoque des hausses de salaires et réduit les marges apartir d’un certain seuil; le système aime l’inflation, mais uniquement tant elle ne fait pas monter les salaires.

En ventilant par secteur, JP Morgan constate que chacun des 10 secteurs qui composent l’économie totale affiche un ralentissement de la croissance des bénéfices par rapport aux sommets de plusieurs décennies enregistrés en 2021.

Seuls quatre ont connu une contraction pure et simple depuis le début de l’année. 

Bien que le boom des bénéfices en 2021 ait été généralisé dans tous les secteurs, il ressort clairement des données que l’essentiel des gains en termes de bénéfices concernait l’énergie et les matières premières, y compris l’alimentation. 

Et c’est là selon JP que les plus grosses chutes arrivent.

Dans le passé, l’économiste Mickael Roberts a construit une mesure des bénéfices mondiaux des entreprises. Sa mesure est une moyenne pondérée par le PIB des bénéfices annuels des entreprises de cinq pays (États-Unis, Japon, Chine, Allemagne et Royaume-Uni). Il s’agit d’un univers plus petit que celui compilé par les économistes de JP Morgan. Ils suivent les bénéfices des entreprises MSCI de 29 pays. Cela sonne mieux, mais la mesure de JP Morgan comporte elle aussi des imperfactions. 

Premièrement, il est basé sur les revenus déclarés dans les comptes des entreprises qui exagèrent toujours les revenus. La mesure de MR repose sur des mesures gouvernementales nationales plus précises du profit. 

Deuxièmement, JP Morgan mesure l’évolution de ces bénéfices sur une moyenne mobile de 4 trimestres, et non d’une année sur l’autre pour chaque trimestre. Cela tend à rendre les variations à la hausse et à la baisse plus exagérées que les mesures d’une année sur l’autre.

Sur LE modèle de MR , l’évolution des bénéfices mondiaux des entreprises au premier semestre 2022 ressemble à ceci :

Plusieurs choses ressortent de cette figure. 

Premièrement, la croissance mondiale des bénéfices des entreprises s’était arrêtée avant même que la pandémie de COVID n’éclate et que les confinements et l’effondrement du commerce international ne s’ensuivent (-2,1 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2019). 

Deuxièmement, l’énorme reprise statistique en 2021 (avec un pic à 54,4 % au deuxième trimestre 2021) a maintenant cédé la place à un ralentissement rapide des bénéfices en glissement annuel en 2022 (à seulement 6,2 % au premier semestre 2022). 

Il y a eu un boom des profits après la mini-récession de 2016, puis une chute en 2019 (annonçant une nouvelle chute de l’investissement et du PIB dans les grandes économies), puis la chute de la pandémie

JP Morgan explique  « par rapport à sa tendance pré-pandémique, les bénéfices mondiaux cumulés depuis la pandémie sont toujours déprimés de plus de 20% ».   Et maintenant, la croissance des bénéfices est en train de disparaître. 

JP Morgan prévoit que « le pouvoir de fixation des prix devrait s’atténuer, en particulier dans l’énergie, tandis que les pressions salariales ne devraient pas s’atténuer aussi rapidement. Combinées à la hausse des taux d’intérêt, les marges bénéficiaires diminueront, ce qui réduira les bénéfices globaux.  

L’évolution des profits préfigure l’activité future de l’économie, ce que bien sur les élites s’efforcent de dissimuler!

Pourquoi? Parce que les profits sont le moteur du système par le biais de l’investissement: on investit pour gagner de l’argent; on stoppe quand on en gagne moins.

C’est ce que nous écrit JP Morgan : « nous nous attendons à ce que la croissance des bénéfices des entreprises ralentisse davantage au cours des prochains trimestres. Cette faiblesse se répercutera négativement sur les investissements .

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