Les actions sont-elles bon marché? Non! Absolument non!

Le marché boursier a pris une bonne raclée cette année sous les assauts paniqués de la Réserve fédérale américaine soucieuse de corriger ses erreurs passées. Les banques centrales du Reste du Monde on suivi, elles aussi resserrent leurs dispositifs monétaires.

Le marché américain a perdu en gros 20% et les marchés mondiaux beaucoup plus, victimes de la hausse du dollar .

Le Dow Jones de son a perdu quelque 6 500 points depuis le début de l’année. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont tous deux subi des amputations similaires, en pourcentage.

Des trillions de richesses boursières se sont évanouies dans le grand néant, d’où elles sont sorties. Elles se sont envolées au paradis du pognon. … .

Ainsi, les excès délirants de ces dernières années ont été en partie retirés du système financier.

Les actions sont elles bon marché? Beaucoup de banquiers et de commentateurs le disent. Ils le disent parce que, pour eux, 20% de baisse, c’est beaucoup. Ils ne connaissent pas l’histoire. Dans l’histoire, les vraies baisses ne sont pas de 20%; -non cela ce sont des corrections simplement-; non dans l’histoire les baisses, les vraies sont de 50 à 60%. Dans la bulle des telcos on a chuté de … 83% au niveau du Nasdaq! .

Le baromètre de marché préféré de M. Warren Buffett — l’« indicateur Buffett » — compare les valorisations boursières au produit intérieur brut, le PIB.

C’est radicalement différent des méthodes utilisées par les banques ou les services marketing de valeurs mobilières. Pourquoi? Tout simplement parce que le PIB c’est du réel, c’est de la vraie richesse, alors que les autres mesures absolues et relatives se réfèrent non pas au réel mais à l’univers financier.

Que ce soient les mesures historiques comparatives ou mathématiques, tout cela c’est de l’imaginaire. C’est de l’imaginaire qui suppose toujours en dernière analyse que les aberrations dureront toujours.

C’est ce que j’appelle l’imaginaire financier. Un univers de signes c’est à dire d’ombres. Votre corps c’est le réel, la finance c’est votre ombre sur le sol ou le mur.

Ainsi si vous dites que les actions sont bon marché en comparaison des taux d’intérêt longs pratiqués sur les fonds d’état, vous faites une comparaison dans l’univers fictif de l’imaginaire fiancier. Vous mesurez avec un outil qui est déjà tronqué puisque peut être, vous ne le savez pas, mais les fonds d’état eux même sont surévalués et bullaires , ils croient que les gouvernements sont solvables alors que ce n’est absolument pas le cas. Ils ne sont solvables que si … ils ne remboursent pas leurs dettes! Ou encore ils ne sont solvables que si les dettes des gouvernements sont monétisées c’est à dire payées par la planche à billets des banques centrales.

Les taux sont un paramètre de l’univers de la finance. En réalité ce n’est pas parce que les taux d’intérêt sont bas que les actions devraient être chères, au contraire ! Les taux sont bas parce que la croissance à long terme est considérée comme devant être séculairement faible! Les taux bas sont un signal de crise, un signal que l’investissement est faible, voire insuffisant et que les gens croient peu a l’avenir.

La finance c’est un univers qui est censé refléter, représenter l’univers réel; mais les politiques monétaires et la spéculation font en sorte que l’univers financier s’autonomise, qu’il cesse de représenter la réalité, qu’il lévite, qu’il bulle, qu’il s’hypertrophie.

Les vraies baisses -retenez bien ceci- c’est quand l’univers financier atterrit! Quand il revient sur terre, il abandonne le domaine du rêve , des promesses et des espoirs.

Il se reconcilie avec la sphère réelle, il recolle au réel .

Et c’est pour cela que les vraies mesures efficaces pour valoriser un actif financier ne se trouvent pas dans l’univers financier mais dans le réel, dans l’économie réelle.

Une vraie valorisation destinée à l’investissement et non à la spéculation doit être en rapport avec la valeur réelle sous jacente. Tout le reste c’est du pipeau ou du marketing;

Donc le baromètre de marché préféré de M. Warren Buffett — l’« indicateur Buffett » — compare les valorisations boursières au produit intérieur brut, le PIB.

La comparaison s’effectue par un ratio: on divise la capitalisation boursière par le chiffre du PIB.

Une lecture de « 1 » indique un marché boursier et une économie marchant au pas, bien formés.

Une lecture inférieure à 1 indique un marché boursier sous-évalué par rapport à l’économie sous-jacente. Les actions sont de bonnes affaires, on peut investir à long terme, on aura une belle rentabilité de son investissement.

Une lecture supérieure à 1 indique un marché boursier surévalué par rapport à l’économie sous-jacente. Les actions sont chères, coûteuses.

À quel point les actions sont-elles actuellement devenues bon marché ?

Cette jauge indiquait un ratio de 2,1 avant l’effondrement de 2000 avec ses fantastiques surévaluations dans le secteur de la technologie. 

Autrement dit, la capitalisation boursière totale représentait 2,1 fois le PIB.

Quelle est la lecture actuelle de l’indicateur Buffett… après les secousses boursières de cette année ?

Voici la réponse – et rappelez-vous qu’une lecture inférieure à 1 indique un marché boursier sous-évalué et une lecture supérieure à 1 indique un marché boursier surévalué :

La réponse est 2,44.

Autrement dit, la lecture d’aujourd’hui dépasse même le scandaleux niveau de 2,1 de 2000.

Cela signifie que le marché boursier reste très largement surévalué par rapport à l’économie réelle, malgré la formidable baisse de cette année.

Cela semble impossible. Ecoutons Lance Roberts de Real Investment Advice :

L’indicateur Buffett est une mesure d’évaluation qui compare la capitalisation boursière au produit intérieur brut. Un favori de Warren Buffett, l’indicateur se situe en deçà de 2,44 fois la capitalisation boursière par rapport au PIB… Même après la récente chute des marchés, le ratio est toujours l’un des plus élevés jamais enregistrés, au nord du niveau de 2,11 enregistré lors de la bulle Internet de 2000, et considérablement élevé par rapport à la moyenne enregistrée depuis 1950.

L’indicateur Buffett nous indique que la surévaluation n’est pas durable lorsque la capitalisation boursière des actions croît plus rapidement que ce que la croissance économique peut supporter… Aujourd’hui, les investisseurs paient plus de 2,X ce que l’économie peut générer en revenus et en bénéfices.

Sur la base du modèle d’évaluation préféré de Buffett et des données historiques, les attentes de rendement pour les 10 prochaines années sont aussi susceptibles d’être aussi négatives qu’elles l’étaient pour les 10 années suivant la fin des années 90.

On peut raffiner l’indicateur de Buffett, mais le principe reste le même, tout comme les conclusions. Il faut comparer l’univers financier à la sphère réelle, et partir du principe que quand les deux divergent trop, alors il y a rappel, il y a re convergence, retour aux moyennes de long terme.

JP Hussman a fourni des mesures/outils plus raffinés et plus efficaces que celles , grossières de Buffet, mais les conclusions sont les mêmes: les actions sont hors de prix , elles ne sont pas bon marché.

Quand on investit sur des bases qui sont surévaluées en regard de la sphère réelle, alors la rentabilité que l’on peut espérer de son investissement est faible et bien souvent ele est négative.

Ceci bien entendu ne concerne que la démarche d’investissement .

Dans les démarches spéculatives, tout est possible, y compris les pires aberrations: « the sky is the limit », ou encore « la connerie n’a pas de limite ».

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