ATTENTION! LES ROIS SONT NUS! LE GRAND BLUFF DES BANQUES CENTRALES. JE DIS BIEN BLUFF!

Le système mondial est complexe. Les analyses sont difficiles. Il faut démêler les mouvements du système lui même des mouvements internes au système. Il faut être capable de discerner ce qui ressort des mouvements du Tout, de ce qui est mouvement des Parties.

C’est la caractéristique des systèmes hiérarchisés, les difficultés vont de la Périphérie vers le Centre. Elles remontent des satellites vers le soleil autour duquel tout tourne. Les difficultés des parties peu à peu fragilisent le centre . Voyez le système comme une galaxie qui tourne autour du dollar.

Ce qui se passe sur la Livre sterling est révélateur: Nous assistons à un mouvement interne au système, à un réaménagement qui fait fuir les capitaux de Grande Bretagne vers les USA et ceci profite si on peut dire au système centré sur le dollar.

On pourrait s’en réjouir et trouver que finalement tout marche bien . L’argent reste dans les monnaies il ne se précipite pas sur l’or par exemple.

On aurait tort car ceci préfigure les difficultés futures, celles qui un jour se présenteront lorsque ce sera le dollar que l’on vendra, lorsque l’argent piégé voudra retrouver sa liberté et partira à la recherche de ses contreparties. .

Ce qui se passe en Grande Bretagne est une sorte de réaménagement des transats sur le pont du Titanic. La Livre sterling est l’un des transats posé sur le pont , mais le navire, le système dollar, lui continue de se diriger vers la catastrophe.

23 septembre – Bloomberg :

« La Banque d’Angleterre doit déclencher une hausse importante des taux d’intérêt en dehors de son cycle décisionnel normal à la suite des « baisses historiques » de la livre et des Gilts, selon George Saravelos, global responsable de la recherche sur les devises chez Deutsche Bank AG… Saravelos a déclaré que cette étape extraordinaire était nécessaire pour calmer les marchés. Ce point de vue est le sien, plutôt que celui des économistes de la Deutsche Bank. « Le marché donne des signaux très forts indiquant qu’il n’est plus disposé à financer la position de déficit extérieur du Royaume-Uni dans la configuration actuelle des rendements réels et du taux de change du Royaume-Uni », a écrit Saravelos. « La réponse politique requise face à ce qui se passe est claire : une importante hausse des taux inter-réunions de la Banque d’Angleterre dès la semaine prochaine pour regagner de la crédibilité auprès du marché. »

Pendant près de trois décennies, la réponse politique à l’instabilité des marchés a été sans ambiguïté et prévisible : des taux plus bas, et des promesses « d’argent » plus facile.

Dans le nouveau régime ou l’inflation a gagné les prix des biens, des services et des salaires, cette réponse n’est plus possible. La banque d’Angleterre est en train d’en faire l’expérience. Les remèdes anciens aux déséquilibres non seulement ne marchent plus, mais ils sont interdits.

Il faudrait , dans la nouvelle situation augmenter agressivement les taux pour stabiliser la devise, éviter la dislocation du marché obligataire et contrôler les attentes d’inflation. 

Ceci correspond exactement à mes analyses anciennes -et récurrentes- dans lesquelles j’ai expliqué : les banques centrales ont remède à tout, absolument tout, tant qu’elles peuvent créer de la monnaie et tant que cette monnaie est acceptée. Mais dès que cette monnaie cessera d’être acceptée, alors on verra que le roi est nu, les banques centrales n’ont rien dans leur arsenal.

Nous y sommes; face à l’instabilité, face à la chute de la devise, face au reflux sur les fonds d’état, la Banque d’Angleterre est démunie, elle est dans les cordes, aucun choix n’est satisfaisant.

Les énormes hausses de taux face à un désendettement aigu du marché de la dette et de tous les compartiments du marché comportent un risque évident de déclencher la panique et l’effondrement du marché.

La financiarisation , le keynésianisme ne sont possible que si et seulement si l’argent reste piégé, si la monnaie et le crédit sont acceptés, si les ventes de fonds d’état trouvent contrepartie. Dès lors que la monnaie n’est plus acceptée mais vendue, la régulation du régime devient problématique. La financiarisation implique que, toujours, face aux déséquilibres on puisse créer de la monnaie , elle devient ingérable si la création monétaire est rendue impossible, si la demande de monnaie devient réticente; c’est le cas en Angleterre, les détenteurs de Livres s’en débarrassent!

Un combat contre la réduction des risques/le désendettement a été déclenché. mais ce combat est paralysé par l’autre risque, celui d’alimenter l’inflation!

Pour lutter contre l’inflation, pour lutter contre la chute de la devise, pour lutter contre la dislocation du marché de la dette provoquée par les anticipations, , la Banque d’Angleterre devrait monter fortement ses taux, mais en montant fortement ses taux, elle déclencherait ou déclenchera une panique sur le marché financier et fera craquer l’éconoie réelle..

Il est fondamental, à ce stade de noter que nous avons atteint un point critique du nouveau cycle : la ligne de conduite pour contrer l’instabilité aiguë du marché est devenue floue, incertaine pour les banquiers centraux. Doivent -ils poursuivre la lutte contre l’inflation pour s’assurer que les pressions sur les prix sont maîtrisées. Ou doivent-ils immédiatement porter leur attention sur les risques de crise financière qui s’intensifient rapidement et se propagent sur des marchés illiquides ?

La Fed est-elle prête à changer brusquement de cap et à orchestrer un autre programme concerté pour fluidifier les marchés mondiaux en difficulté ?

C’est un énorme problème. .

Les marchés mondiaux sont au bord du précipice . 

Les sonnettes d’alarme ne retentissent pas encore parce que les prises de conscience ne s’effectuent pas; et puis il y a l’illusion des assurances , des hedges comme au début de la crise de 2007. Peu de gens savent que les assurances sont bidons et que le « dynamic hedging » est un bluff.

Pour l’instant je dirais que l’équilibre est fragile, que les déséquilibres se renforcent certes et se multiplient mais que l’illusion qu’il y a des assurances , des filets de sécurité et des contrepoids sert de digues . Les marées sont contenues. . 

Ce jeu d’équilibre fonctionne jusqu’à ce qu’il ne fonctionne pas. C’est une question de tout ou rien, de fétu qui brise ou ne brise pas le dos du chameau.

Selon mon opinion, mais c’est une opinion, seul le bluff des banques centrales nous empêche de dégringoler du haut de la célèbre falaise de Sénèque.

Le précipice est à nos pieds, les marchés ont perdu la sécurité que conférait l’espoir du pivot.

Que leur reste-t-il pour les retenir?

Le Royaume-Uni n’est certainement pas le seul pays avec une dette et des déficits budgétaires exorbitants. Quand il s’agit de gouvernements dépensiers qui ont désespérément besoin d’une discipline de marché, le monde en regorge. 

Le monde est rempli de maillons faibles. et une chaine comme je le dis souvent n’est jamais solide en moyenne, non elle n’est jamais plus solide que ne l’est son maillon le plus faible . Quelle est l’ampleur du désendettement nécessaire pour vaincre l’inflation, quelle est l’ampleur du désendettement que le marché mondial peut supporter?

EN PRIME

22 septembre – Financial Times :

« La Banque d’Angleterre a relevé ses taux d’intérêt de 0,5 point de pourcentage à 2,25 %…, laissant entrevoir la perspective d’une nouvelle forte hausse en novembre pour maîtriser l’inflation. Cette décision porte le taux de référence de la BoE à son plus haut niveau depuis le début de la crise financière mondiale en 2008. Cependant, le Comité de politique monétaire, composé de neuf membres, s’est retenu d’adopter une approche encore plus agressive… Le MPC s’est divisé en trois parties, la majorité — y compris le gouverneur de la BoE Andrew Bailey et l’économiste en chef Huw Pill – votant pour le mouvement de 0,5 point de pourcentage. Trois membres… étaient favorables à une augmentation plus importante de 0,75 point de pourcentage, arguant qu’agir plus rapidement maintenant pourrait aider la BoE à éviter « un cycle de resserrement plus long et plus coûteux plus tard ».

22 septembre – Reuters :

« La Suisse est sortie jeudi de l’ère des taux d’intérêt négatifs lorsque sa banque centrale s’est jointe à d’autres dans le monde pour resserrer plus agressivement sa politique monétaire afin de lutter contre la résurgence de l’inflation. La Banque nationale suisse (BNS) a relevé son taux directeur de 0,75 point de pourcentage, mettant fin à l’expérience de sept ans et demi du pays avec des taux négatifs qui ont suscité l’opposition de son secteur financier et des craintes de bulles d’actifs.

20 septembre – Reuters :

« La banque centrale suédoise a relevé ses taux d’intérêt… d’un point de pourcentage complet plus élevé que prévu à 1,75 % et a mis en garde contre d’autres à venir au cours des six prochains mois alors qu’elle cherchait à maîtriser la flambée inflation. L’inflation a atteint 9% – un plus haut en 30 ans – en août alors que les effets de la flambée des prix de l’énergie se sont propagés à l’économie et ont dépassé les prévisions de la Riksbank.

18 septembre – Bloomberg :

« La Banque centrale européenne doit être résolue dans sa réponse aux taux d’inflation qui pourraient atteindre les deux chiffres plus tard cette année, selon le président de la Bundesbank Joachim Nagel. « Si la tendance des données se poursuit, d’autres hausses de taux d’intérêt doivent suivre – c’est déjà convenu au sein du Conseil des gouverneurs », a-t-il déclaré… « Nous devons être déterminés, en octobre et au-delà… Nous devons ramener l’inflation sous contrôle … Nous ne devons pas lâcher prise, même si l’économie se détériore.’”

19 septembre – Bloomberg :

« La Banque centrale européenne pousse les prêteurs à surveiller leur exposition aux industries à forte intensité énergétique alors que les retombées de l’invasion russe de l’Ukraine se propagent dans l’économie. La BCE appelle également les prêteurs à examiner les risques auxquels ils pourraient être confrontés en cas de hausse des taux d’intérêt… La BCE a récemment écrit aux prêteurs, leur disant d’analyser l’impact d’un arrêt du gaz sur leurs activités… »

Et voici ce que je considère comme la nouvelle la plus importante, lisez la, relisez la gravez la dans votre tête:

20 septembre – Reuters :

« La banque centrale australienne… a déclaré que ses fonds propres avaient été anéantis par les pertes subies lors de l’achat d’obligations à l’époque de la pandémie, mais sa capacité à créer de l’argent signifiait qu’elle n’était pas insolvable et qu’elle continuerait normalement. La sous-gouverneure de la Reserve Bank of Australia (RBA), Michele Bullock, a déclaré que la banque avait subi une perte d’évaluation au prix du marché sur ses avoirs obligataires de 44,9 milliards de dollars australiens (30,02 milliards de dollars) en 2021/22. Les obligations ont été accumulées dans le cadre d’un programme de relance d’urgence de 300 milliards de dollars australiens qui s’est déroulé de novembre 2020 à février 2022. »

LE PAYS DU PERE UBU

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3 réflexions sur “ATTENTION! LES ROIS SONT NUS! LE GRAND BLUFF DES BANQUES CENTRALES. JE DIS BIEN BLUFF!

  1. Toutes les BC sont gorgées d’emprunts d’Etat et devraient constater des pertes considérables qui pour certaines dépassent déjà leurs fonds propres.

    Tout cela ne tient que parce que les comptes sont truqués et ne sont pas comptabilisés en mark to market.

    Mais bon, soyez rassurés, il parait qu’une banque centrale ne peut pas faire faillite… car elle peut créer de la monnaie.

    Sauf qu’en l’occurrence, en créant de la monnaie elle relancerait l’inflation et aggraverait encore ses pertes. On a comme l’impression qu’on arrive au bout des contradictions.

    Il n’y a plus de solution financière. On va vers le rationnement. La fin de l’abondance c’est ça. Si la récession ne suffit pas, nous allons être rationnés pour contenir la demande.

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  2. Beaucoup d’analystes US pensent que la FED est prete a sacrifier l’économie et les marchés pour lutter contre l’inflation,et que cette fois ci elle ira au bout.
    C’est oublier assez vite qui sont les actionnaires de la FED.
    Entre la défense du bien monétaire et économique public,et la défense du système financier,la FED a choisi depuis longtemps.
    Depuis Greenspan au moins ,qui dénonçait déja l’exubérance des marchés financiers et de la bulle immobilière et qui n’a jamais lutté contre.
    A moins de changer de système radicalement,il n’y a pas de solution.
    Changer de système c’est par exemple etre intransigeant sur les bilans comptables,interdire les ventes a terme,cds,options,supprimer les paradis fiscaux etc…en gros ,rétablir la vérité des prix.
    Pas établir une monnaie numérique mondiale qui ne sera bénéfique qu’a certains privilégiés…et qui n’aboutira qu’a une catastrophe.

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