Billet. Attendez vous à 8 à 10 ans d’inflation en France. 16 en Italie!

L’économie n’est pas une science. Elle ne permet pas de prévoir; elle permet de tromper.

Les pouvoirs publics souhaitent que l’inflation soit longue et la plus élevée possible afin de réduire le poids des dettes.

La dette des gouvernements a dérapé elle est dans la plupart des cas supérieure a 100% du GDP, 100% était dans le passé considéré comme la norme à ne jamais dépasser; la dette privée a explosé elle doit être de 150 trillions de dollars dans le G20.

Tout ce beau monde est rigoureusement non solvable , pour solvabiliser il faudrait précipiter le monde dans une crise déflationniste , une crise de l’usure, qui ferait sauter le système.

Le combat contre l’inflation est un combat hypocrite et vicieux dans la mesure ou les autorités veulent la hausse des prix des biens et services la plus élevée possible mais en même temps elles veulent donner l’impression aux peuples c’est à dire aux électeurs qu’elles luttent contre la hausse des prix.

C’est cette hypocrisie qui a conduit dès 2020 les gouvernements et banques centrales a tenter de vous faire croire que l’inflation n’était que temporaire, passagère. Elles continuent de répéter ce mensonge mais avec moins de conviction et surtout moins de crédibilité compte tenu des résultats qui sont publiés.

On ne peut comprendre la dialectique de l’inflation si on n’assimile pas les constats objectifs ci dessus. .

La hausse des prix est comme la langue d’Esope la meilleure et la pire de choses.

Si les autorités pouvaient faire monter les prix des biens et services sans que les salaires montent, elle danseraient de joie! Surtout si en plus elles pouvaient maintenir bas les prix des matières premières! En effet cela réduirait le poids relatif des dettes, cela élargirait les marges bénéficiaires et donc la profitabilité du Capital, cela augmenterait l’assiette fiscale faite surtout d ‘impôts directs.
Helas le peuple existe! C’est un empêcheur d’inflater en rond!

L’inflation est un terme vague, trompeur il n’y a que peu de rapports entre l’inflation des prix, l’inflation des salaires, l’inflation des cours de bourse , l’inflation des signes monétaires; tout cela désigne sous le même nom des réalités différentes.

L’inflation, c’est, au même titre que la fiscalité, un mode de gestion . Mais il est plus dangereux car il peut échapper à ses utilisateurs, il y a des effets d’engrenages, des effets de boule de neige, des effets d’échelle de perroquet. Mais l’avantage par rapport à la fiscalité c’est qu’il n’y a pas besoin de voter. C’est subreptice, on peut spolier tranquillement jusqu’à un certain point.

Le remède à la grande crise de 2008 qui a failli détruire l’ordre politique et social a été la répression financière; la répression financière consiste à créer beaucoup de dettes qui ne coutent rien aux débiteurs , à imposer des taux d’intérêt de base, sans risque très bas, voire nuls ou négatifs afin d’empêcher la capitalisation des dettes; empêcher que les dettes grossissent en dormant, rien que par le temps qui passe, par le jeu de l’intérêt. Et il s’agissait si possible d’en réduire le poids. Imaginez ce que seraient les dettes actuelles si elle avaient capitalisé au simple taux quasi normal de 5 à 6%!

Les autorités veulent que la répression financière dure le plus longtemps possible et c’est pour cela que les taux d’intérêt malgré leur soi disant hausse restent négatifs d ‘environ 5%! Et il faut que la répression dure le plus longtemps possible donc il faut maintenir de taux très insuffisants face à une inflation d’ampleur exceptionnelle.

La question de la durée de la phase d’inflation est centrale mais on en débat très peu.

Le dernier taux d’inflation aux USA s’élève à 8,3 %, annualisé. Les taux à dix ans sont autour de 4%;

La Réserve fédérale nous dit qu’elle souhaite contenir l’inflation à 2 %. Quand la Réserve fédérale atteindra-t-elle enfin son taux cible de 2 % ? 

Combien de temps cela prendra-t-il? Réponse à la Fernand Reynaud: un certain temps mon colonel.

La Bank of America a comme tout le monde renoncé à comprendre les phénomènes économiques, donc elle fait des modèles, des équations, des corrélations, des assemblages historiques et des moyennes.

Ses équipes ont parcouru les annales de 40 ans, 1980-2020. Elles ont limité leur recherche aux économies « avancées » du monde. Elles se sont posé la question : une fois que l’inflation a atteint 5% dans les économies avancées combien faut-il de temps pour qu’elle redescende a 2%?


Dix ans… en moyenne. Cela peut nécessiter plus de temps. Cela peut nécessiter moins de temps. 

Mais 10 ans, c’est à peu près la moyenne , conclut Bank of America : Une fois que l’inflation est supérieure à 5 % dans les économies avancées, il faut en moyenne 10 ans pour tomber à 2 %.

Voici, sous forme graphique, le résultat de Bank of America :

graphique

Vous remarquerez que plus un pays est mal géré, chaotique , sans respect pour l’orthodoxie et la rigueur économique et financière, plus il met de temps à rejoindre les 2%.

La France met 8 à 10 ans tandis que les pays du Nord anciennement bien gérés comme Allemagne, Suisse, Pays Bas mettent entre 2 et 3 ans seulement. Les pays du sud -Italie, Espagne, Portugal comme on pouvait s’y attendre mettent autour de … 16 ans.

La maîtrise de l’inflation grecque a pris près de 30 ans.

Hmm, Hmm.

PERSPECTIVE 2030:
Keith Wade de chez Schroders voit loin, il se place à l’horizon de l’an l’an 2030.

Cela ne le rend pas optimiste. Il parle d’inflation galopante dont les graines ont été semées avant 2020:

« Avec le recul, il était clair que les graines d’une inflation plus élevée avaient été semées avant la fin de la pandémie de COVID. Ce qui a commencé comme une hausse « transitoire » des prix en 2021 s’est transformé en quelque chose de beaucoup plus persistant. Avec l’avantage d’un point de vue de 2030, il était clair qu’une politique monétaire et budgétaire accommodante et un désir d’éviter les erreurs du passé ont alimenté ce que l’on appelle maintenant l’inflation galopante des années 2020.Comment est-ce arrivé?

La reprise initiale après la pandémie en 2021 a provoqué une flambée de l’inflation lors de la réouverture de l’économie mondiale… L’inflation a atteint ses plus hauts niveaux depuis plus d’une décennie, mais l’attente des banques centrales et de la majorité des investisseurs était qu’une telle hausse se révélerait être temporaire. En particulier, les prix des matières premières devaient culminer et annuler les puissants effets de base qui avaient poussé l’inflation à la hausse…Bien que les taux d’intérêt aient augmenté… la politique monétaire est restée souple par rapport aux normes passées, les taux d’intérêt réels étant bien inférieurs à zéro [actuellement négatifs de 5,1 %].

Le monde est devenu de plus en plus régionalisé. La Chine a connu une sortie croissante d’investissements étrangers alors que les entreprises relocalisaient leur production dans un environnement géopolitique de plus en plus hostile. L’une des grandes forces déflationnistes des décennies précédentes s’est affaiblie avec la fragmentation du marché mondial du travail.

Une pression supplémentaire sur les prix s’est produite alors que l’agenda vert s’accélérait. Suite au succès surprenant de la COP26, les pays ont adopté des taxes sur le carbone, augmentant les taxes sur les énergies fossiles et alourdissant les factures énergétiques.

La nature continue de ces hausses d’impôts a créé un processus continu d’augmentation des prix, autrement connu sous le nom d’inflation persistante. Les mesures visant à obliger les entreprises à décarboner ont exacerbé les pénuries de pétrole alors que les majors réduisaient leurs dépenses d’investissement dans l’exploration et la production et se rebaptisaient producteurs d’énergies renouvelables.

La transition énergétique a été inflationniste alors que l’économie mondiale est passée de la combustion de combustibles fossiles bon marché à des alternatives propres plus chères.

Les années 2020 rugissantes se sont terminées par une stagflation, car les économies à capacité limitée n’avaient d’autre choix que d’absorber la demande excédentaire créée par une politique budgétaire et monétaire laxiste dans une inflation plus élevée.

Ce qui avait commencé comme une hausse transitoire de l’inflation en 2021 s’est avéré être plus permanent. Cela a d’abord été bien accueilli car une forte activité combinée à une inflation modérée a permis une croissance plus équitable. Mais il s’est vite avéré que des changements structurels et les changements de régime dans la gestion des banques centrales ont conduit l’économie mondiale dans l’une des décennies les plus inflationnistes depuis les années 1970.« 

Ma foi je n’ai rien à ajouter, tout est dit.

Publicité

3 réflexions sur “Billet. Attendez vous à 8 à 10 ans d’inflation en France. 16 en Italie!

  1. L’inflation réduit elle vraiment les dettes publiques?
    D’un coté elle détruit les dettes anciennes.
    De l’autre elle fait exploser les dettes nouvelles.
    Je pense que c’est le poids des nouvelles dettes qui vont l’emporter.
    Le gouvernement est obligé de trouver une adéquation minimale entre le cout de la vie et les revenus,sinon tout s’arrete assez vite.
    C’est pour cela qu’ils ont besoin que l’inflation baisse vite.
    Et pour cela il faut d’urgence ramener les taux réels vers zéro,ce qui est une mission impossible dans l’immédiat.Le gap est trop gros.
    C’est irrationel de croire qu’on va sortir d’une époque de longue d’impression monétaire sans passer par la case hyperinflation puis reset financier.
    En France on se dirige vers une flambée de l’inflation dans les trois prochains mois:fin prochaine de la remise de 30 cents sur les carburants, nouveaux tarifs électricité et gaz en janvier et baisse probable de l’euro.

    C’est le moment de se plonger dans les ouvrages sur Weimar.

    J’aime

  2. Le problème majeur pour l’UE ce n’est pas seulement la contrainte inflationniste mais les effets combinés de celle-ci avec une énergie hors de prix qui envoie au tapis l’industrie et son tissus social.

    Des millions de chômeurs en perspective, ce sont des risques de dérapages vers une guerre civile si on met au centre « l’immigré » comme cause sous-jacente à notre déclin et bouc-émissarisation de nos problèmes (aides sociales, hausse de la criminalité…), sinon ce sont les jacqueries version « gilet jaune 2.0 » et la défiance civile pour aboutir à une révolution. Pour le moment, aux vues des problèmes et de la psychologie émergente face à laquelle le français commence à avoir le nez trop près du « sceau de merde », il s’en suit qu’il aura bientôt pleinement la tronche dedans et que c’est par la rage que le français et l’immigré vont se manifester: le ventre qui gargouille, la voiture coincée au parking, le col roulé jusqu’au printemps et le désabonnement de Netflix… ont tout pouvoir sur la capacité de résilience (via les compromis) de l’esprit devenu beaucoup moins concilient.

    L’inflation peut durer et perdurer plus surement en stagflation mais le coût humain va s’avérer insupportable pour une partie du peuple-veau habitué à téter le pis de la fiscalité de ceux qui nourrissent la vache sacrée. Quand la vache maigrit trop vite, la planche à billet budgétaire compense… l’engrenage à la John Law nous dresse l’avenir d’un profil historique peu flatteur.

    J’aime

  3. Si les salaires suivent (et il n’y a que ça a négocier…), On s’en fout. Tant que cette inflation reste un prélèvement sur le capital. Après tout, à chacun sa croix !

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s