Editorial: la crise financière et la crise militaire sont les deux faces d’une même réalité ou si on veut les deux faces de la même irréalité.

Je soutiens que la crise financière et la crise militaire sont les deux faces d’une même réalité ou si on veut les deux faces de la même irréalité.

L’irréalité construite autour du système américain et de ses élites est en train de se fragmenter sinon de se fracasser.

On ne peut séparer ce qui se passe à l’intérieur aux USA;

clivages, divisions , chute des consensus , Woke, folie de Washington, sénilité de Biden, absence d’alternative

de ce qui se passe à l’exterieur dans le RoW

à savoir conflit armé avec la Russie, constituttion d’une alliance offensive forcée avec l’OTAN, mise au pas de l’Occident, compétition stratégique avec la Chine avec provocations à Taiwan.

La crise faicniers est étroitement liée à la crsie du dollar, qui libéré de ses attaches objectives a été émis en trop grande quantité depuis 50 ans et a pollué le crédit.

La crise du dollar, du credit, des actifs financiers bullaires a été produite par les possibilités qui ont été ouvertes aux Etats Unis par l’unilatéralisme. Ils ont imposé un dollar impérial parce qu’ils ont cru qu’ils étaient devenu un Empire. Le lien avec l’unipolarité est évident.

La crise militaire elle, est produite, propulsée par la volonté des USA d’anticiper la perte de la position de domination, par la fin prévisible de l’unipolarité menacée par la croisance des BRIC’s qui représentent 85% de la population, près de 50% de la production mondiale, mais sont maintenus au rang de subordonnés.

L’affrontement entre l’irréalité et le réel.

C’est l’épreuve de réalité, la valeur d’usage qui tente de prendre sa revanche sur la valeur désir.

C’est cet affrontement qui fixe le cadre de l’évolution historique en cours.

Il me revient ce texte de Kunstler via l’excellent site de dedefensa. Je partage le consttat de Philippe Grasset sur les phénomènes d’effondrement en cours, sur les simulacres et sur le caratcère sytémique et existaniel de ce à quoi il nous est donné d’assister.

Lisez cet extraitde Kunstler, ici collapsologue.

Via dedefensa.org

nous sommes “au-delà du cynisme”, n’est-ce pas ? Nous sommes en pleine collapsologie et voici les paragraphes de début…

« Un peuple peut-il se remettre d’une excursion dans l’irréalité ? Le séjour des Etats-Unis dans un univers alternatif de l’esprit s’est fortement accéléré après que Wall Street a presque fait exploser le système financier mondial en 2008. Cette débâcle n’était qu’une manifestation d’une série de menaces accumulées à l’ordre postmoderne, incluant les fardeaux de l’empire, l’explosion démographique, la globalisation de la fracture sociale, les inquiétudes au sujet de l’énergie, les technologies perturbatrices, les ravages écologiques et le spectre du changement climatique.

» Un sentiment de crise, que j’appelle la longue urgence, persiste.

C’est systémique et existentiel.

Cela remet en question notre capacité à mener une vie “normale” beaucoup plus loin dans ce siècle, et l’angoisse qui accompagne cet état de fait est quelque chose de difficilement supportable pour le public.

Il s’est manifesté d’abord dans la finance parce que c’est la plus abstraite et la plus fragile de toutes les grandes activités dont nous dépendons pour la vie quotidienne, et donc la plus facilement altérée et mise en situation critique par un groupe d’opportunistes irresponsables à Wall Street.

En effet, beaucoup de ménages ont été définitivement détruits après la soi-disant Grande Crise Financière de 2008, malgré les enthousiastes et bruyantes affirmations officielles de “reprise” et l’injection de sommes énormes fabriquées pour la circonstance dans le marchés de capitaux depuis lors.

» Avec l’élection de 2016, les symptômes de la longue urgence ont envahi le système politique.

Une désinformation extraordinaire règne sans partage.

Il n’y a pas de consensus cohérent sur ce qui se passe et aucune proposition cohérente pour faire quoi que ce soit à ce sujet. Les deux partis sont embourbés dans la paralysie et le dysfonctionnement et la confiance du public à leur égard est à des niveaux abyssaux.

Donald Trump est perçu comme une sorte de président pirate, un fripon élu par hasard, un “perturbateur” du statu quo au mieux et, au pire, un dangereux incompétent jouant avec le feu nucléaire. Un état de guerre existe entre la Maison Blanche, la bureaucratie permanente à D.C. et les médias traditionnels. Le leadership authentique est aux abonnés absents, totalement introuvable. Les institutions chancellent. Le FBI et la CIA se comportent comme des ennemis du peuple.

» Des idées inconséquentes et baroques s’épanouissent dans ce milieu de crise sans fin qui les nourrit abondamment. Elles dominent exclusivement la spéculation intellectuelle.

Ressemblant à une espèce de vœu pieux renvoyant à une sorte de culte primitif, cette spéculation a saisi la classe technocratique qui attend des remèdes relevant de la magie, pour promettre la poursuite et l’extension du Bonheur Motorisé, du consumérisme et de la vie florissante de banlieue qui constituent l’armature de la vie “normale” aux USA.

L’on parle de flottes de véhicules électriques sans conducteur, de services de drones pour la livraison à domicile et de modes de production d’énergie encore peu développés pour remplacer les combustibles fossiles de plus en plus incertains et destructeurs, tout en ignorant les contraintes évidentes de ressources et de capital, et même les lois de la physique fondamentale, – principalement l’entropie, la deuxième loi de la thermodynamique.

Leur assise mentale fondamentale est leur croyance en la croissance industrielle infinie sur une planète finie, une idée si puissamment idiote qu’elle met en danger leur statut de technocrate. »

Le commentaire de Philippe Grasset.

La suite concerne les diverses situations qui justifient une telle description pour l’entame du texte. Kunstler n’a aucune peine à nous convaincre de la justesse de son argument : « Une désinformation extraordinaire règne sans partage » certes, mais aussi le désordre, l’errance, l’hystérie jusqu’à la folie, une sorte de marche hallucinée vers des buts et des objectifs qui sont comme des ombres molles et des mirages s’éloignant de vous à mesure que vous vous en rapprochez, sans avoir pu d’ailleurs comprendre de quoi le mirage était le simulacre…

Comme on le lit, Kunstler n’évite certes pas de longuement commenter les évènements depuis l’arrivée de Trump, celle-ci qui marque selon lui une nouvelle étape et sans doute une étape décisive de la sorte d’“irréalité” qu’il identifie. (Pour cela, nous avons l’emploi nous-mêmes de diverses expressions, de “virtualisme” à “simulacre” en passant par narrative et par déterminisme-narrativiste.) Il nomme cela “la longue urgence”, ce qui correspond à nos divers phénomène crisique (structure crisique, chaîne crisique, “tourbillon crisique“) impliquant la permanence du paroxysme et l’impossibilité de terminer une crise malgré l’apparent illogisme de la chose puisqu’une crise est un paroxysme qui, par définition, ne dure qu’un instant avant de s’éteindre au bénéfice de l’un ou de l’autre, ou au bénéfice de personne ou bien au bénéfice (!) de la destruction du monde, de l’entropie, de la fameuse Deuxième Loi de la Thermodynamique que cite également Kunstler.

Notre auteur analyse la situation actuelle (USS America perdue dans Le Château de Kafka) essentiellement selon le partage en deux étapes fondamentales dans l’époque, la crise financière partie des USA de 2008 et la crise politique US de 2016 (ou devrait-on dire plutôt “commencée en 2008 [2007]) et “… commencée en 2016 [2015]”). Il justifie la chronologie par la fragilité inhérente au secteur financier mais il écarte désormais, à la différence de ce qui est fait d’habitude, la primauté sinon l’exclusivité de la crise financière (ou la Grande Crise Générale réduite à la crise financière). Il prend en compte ce que nous pourrions nommer en citant Houellebecq l’extension du domaine de la crise, c’est-à-dire ce que nous-même, nous estimons être la désincarnation de la crise et sa transmutation en un évènement cosmique, indéfini et absolu, dont l’enjeu pour l’acteur crisique-diabolique est sans aucun doute l’entropisation du monde.

D’autre part, et en cela avec une certaine contradiction ou bien encore un certain flou, et peut-être bien une sollicitation des étiquettes, Kunstler maintient la dichotomie droite-gauche en attribuant successivement la “réalisation de l’irréalité” successivement à la droite puis à la gauche. La question qui se pose et à laquelle il n’est pas répondu précisément est de savoir si la “réalisation de l’irréalité” à droite, effectuée en 2001-2002, subsiste malgré la “réalisation de l’irréalité” par la gauche.

Pour l’instant, contentons-nous de marquer ces deux “réalisations de l’irréalité”…

• La première est archi-connue : c’est cette affirmation fameuse par le gouvernement GW Bush, (mais aussi par les neocons, mais aussi par une quasi-unanimité des élites-Système où “la gauche” [les démocrates] a sa place), – en la personne de Karl Rove, chef de la communication du président GW Bush, parlant à l’auteur Ron Suskind à l’été 2002, « Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, – judicieusement, si vous voulez, – nous agirons de nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c’est ainsi que continuerons les choses. Nous sommes [les créateurs] de l’histoire… Et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous avons [créé]. »

• La seconde est ainsi synthétisée par Kunstler, à propos des différentes facettes du progressisme-sociétal tel qu’il s’est développé à une vitesse extraordinaire depuis 2014-2015 et essentiellement à l’occasion de la campagne puis de l’élection de Donald Trump :

« L’idée nouvelle et fausse que quelque chose étiqueté “discours de haine” – étiqueté par qui ? –équivaut à la violence qu’il décrit flottait autour des établissements d’enseignement des cycles supérieurs en un nuage toxique d’hystérie intellectuelle concocté dans le laboratoire de la philosophie dite “post-structuraliste”, où gisaient des parties des corps de Michel Foucault, Jacques Derrida, Judith Butler et Gilles Deleuze, qui seraient surmonté d’un cerveau fait d’un tiers de Thomas Hobbes, d’un tiers de Saul Alinsky et d’un tiers de Tupac Shakur, le tout donnant un parfait Frankenstein accouchant d’une monstrueuse pensée. Tout se résume à la proposition que la volonté de puissance annule tous les autres pulsions et valeurs humaines, en particulier la recherche de la vérité. Dans ce schéma, toutes les relations humaines sont réduites à une dramatis personae comprenant en général les opprimés et leurs oppresseurs, les premiers étant généralement “gens de couleur” et femmes, tous soumis à l’oppression exercée par les Blancs, en majorité hommes. Les tactiques de cette politique déployée par les “opprimés” et les “marginalisés” autoproclamés sont basés sur le credo que la fin justifie les moyens (au standard Alinsky). »

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2 réflexions sur “Editorial: la crise financière et la crise militaire sont les deux faces d’une même réalité ou si on veut les deux faces de la même irréalité.

  1. L’affrontement entre l’irréalité et le réel.

    C’est l’épreuve de réalité, la valeur d’usage qui tente de prendre sa revanche sur la valeur désir.

    Je mettrai en parallèle les travaux de Mircea Eliade dans son livre: « le profane et le sacré ». Puisque le profane est vécu comme l’irréalité et le sacré comme la seule réalité par les peuples archaiques, il s’en suit qu’on accorde à l’une toute déférence religieuse et à l’autre le soins cyclique d’en effacer la présence . Il y aurait aussi cette néantisation de l’Etre et de tout ce qui s’en suit selon la valeur désir qui chez nous a pris le pas effectivement sur la valeur d’usage mais chez les anciens la conjuration du chaos et d’une néantisation ontologique de l’Etre passait par l’actualisation du mythe cosmogonique… C’était leur great reset, l’acte primordial de la création divine réifiée, mais chez nous ce great reset sonne le glas de nos libertés pour que rien ne change pour celui qui détient et consolidera son pouvoir prédateur sur les masses. Nous sommes passés de l’allégeance aux dieux tutélaires de la création aux faux dieux tributaires de la destruction créatrice volontaire.

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  2. Bonjour M. Bertez

    Le monde « classique » occidental et ses postulats ont été « mis à sac » , d’une manière symbolique, vers 1905: publication de la relativité restreinte , des premiers travaux de Freud, la naissance du cubisme comme en 1907 et du futurisme en 1910 qui intègrent les changements de la physique , (+ en France séparation de l’église et de l’état ) . La physique moderne signe la fin de l’absolu et donc de la possibilité d’un Univers.
    Je crois donc qu’il faut se poser la question de la déliquescence de l’Occident sur un temps long, plus long que depuis 2008….
    Le sac de Rome par Alaric en 471 est un marqueur spectaculaire de la chute de l’empire romain, mais la dynamique de reflux aboutissant à cet évènement s’est mise en place bien avant. De même, entre le sac de Constantinople par les « Croisés » en 1204 et sa prise par les turcs en 1453, il s’est tout de même écoulé près de 250 ans! Il est cependant possible de s’interroger sur un possible début de la fin en 636 – défaite d’Héraclius au Yarmouk-

    Le « foyer actif  » de l’Occident s’est déplacé au cours des siècles pour finir aux USA, mais les fondements culturels de notre « civilisation », la pensée grecque et la cosmologie judéo-grecque n’ont que peu changé.
    100 après la révolution physique, nous commençons peut être seulement à éprouver ses effets sur nos croyances et donc sur nos comportements.
    L’illusion des bulles financières qui se succèdent ne serait alors qu’une transposition, un reflet , des illusions élaborées par nos cerveaux, qui crèvent et se reforment , autrement ,sans cesse, pour éclater encore en se heurtant au réel.

    Il serait peut être urgent de commencer par supprimer « In God we trust » sur le papier- monnaie de référence afin que nous puissions enfin aborder une réflexion saine, dans la mesure du possible, et d’entamer enfin une psychanalyse collective, au niveau des peuples, qui ne guérirait rien mais permettrait quand même – comme l’ a dit d’expérience l’ estimable acteur F Luchini- « de prendre conscience de l’Autre pour cesser de vouloir le manipuler. » :

    L’homme est certes un loup pour l’homme, mais rien ne nous empêche d’espérer mieux.

    Cordialement

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