Le fric est bien plus important que les bonnes intentions et les droits de l’homme finissent toujours par s’effacer devant les droits de l’asticot, surtout empilés en monceaux de cadavres.

Petit à petit les appétits sordides se dévoilent et il est temps de parler gros sous et sale argent en Ukraine. Soyons un peu marxistes pour une fois et acceptons que l’infrastructure précède la superstructure : Le fric est bien plus important que les bonnes intentions et les droits de l’homme finissent toujours par s’effacer devant les droits de l’asticot, surtout empilés en monceaux de cadavres.
Alors que la Russie occupe toujours 1/5e du territoire ukrainien, le plus riche géologiquement et que la guerre prend bien plus sûrement le chemin de la radicalisation et l‘internationalisation que celui de la résolution, un rapport de plus de 400 pages a été publié mercredi dernier par la branche Parisienne du CEPR.
Le Center for Economic Policy Research est un gros organe néoconservateur financé par des banques centrales (y compris la Banque de France) et de grandes institutions financières. Il a été fondé il y a 40 ans par Richard Portes, professeur d’économie britannique et promoteur infatigable d’un élargissement agressif de l’Union Européenne à l’Est dans la plus pure tradition britannique d’achoppement à l’Est façon Mckinder. C’est le sempiternel jeu des puissances maritimes qui pourissent les puissance terriennes à l’Est.

Le rapport s’intitule « Reconstruire l’Ukraine : Principes et Politiques ».
 
Alors que les Russes répétaient la veille de la publication qu’ils restaient disposés à mettre fin au conflit si les raisons qui les y avaient poussés étaient éliminées, nous lisons dans le rapport du CEPR que la position occidentale est un brin plus radicale et exige une victoire ukrainienne complète pour permettre une reconstruction stable et un climat sûr… Au moins suffisamment pour envisager un scénario sécuritaire de type israélien.

Je vous laisser apprécier la modestie des ambitions des auteurs en faveur de la paix.

Démanteler ou isoler la Russie
 
Les auteurs imaginent candidement démanteler la Russie en une douzaine d’États indépendants ou l’isoler en un nouveau royaume ermite façon Corée du Nord. Ils n’envisagent jamais en revanche une Russie souveraine acceptée pour ce qu’elle est dans le concert des nations.
 
Cette ingérence est imprudente devant le soutien indéfectible de la Chinois à son voisin et face au risque de contagion et de radicalisation du conflit.

 

Cliquez ici pour accéder à la vidéo de la chronique
(le texte ci-dessous reprend et complète la chronique)
 
 
 
Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 
Petit à petit les appétits sordides se dévoilent et il est temps de parler gros sous et sale argent en Ukraine.
 
Soyons un peu marxistes pour une fois et acceptons que l’infrastructure précède la superstructure : Le fric est bien plus important que les bonnes intentions et les droits de l’homme finissent toujours par s’effacer devant les droits de l’asticot, surtout empilés en monceaux de cadavres.
 
 
Le fric avant les vies : Les intérêts économiques en Ukraine sont bellicistes
 
Alors que la Russie occupe toujours 1/5e du territoire ukrainien, le plus riche géologiquement et que la guerre prend bien plus sûrement le chemin de la radicalisation et l‘internationalisation que celui de la résolution, un rapport de plus de 400 pages a été publié mercredi dernier par la branche Parisienne du CEPR.
 
Le Center for Economic Policy Research est un gros organe néoconservateur financé par des banques centrales (y compris la Banque de France) et de grandes institutions financières. Il a été fondé il y a 40 ans par Richard Portes, professeur d’économie britannique et promoteur infatigable d’un élargissement agressif de l’Union Européenne à l’Est dans la plus pure tradition britannique d’achoppement à l’Est façon Mckinder. C’est le sempiternel jeu des puissances maritimes qui pourissent les puissance terriennes à l’Est.
 
Le rapport s’intitule « Reconstruire l’Ukraine : Principes et Politiques ».
 
Alors que les Russes répétaient la veille de la publication qu’ils restaient disposés à mettre fin au conflit si les raisons qui les y avaient poussés étaient éliminées, nous lisons dans le rapport du CEPR que la position occidentale est un brin plus radicale et exige une victoire ukrainienne complète pour permettre une reconstruction stable et un climat sûr… Au moins suffisamment pour envisager un scénario sécuritaire de type israélien.
 
Je vous laisser apprécier la modestie des ambitions des auteurs en faveur de la paix.
 
 
Démanteler ou isoler la Russie
 
Les auteurs imaginent candidement démanteler la Russie en une douzaine d’États indépendants ou l’isoler en un nouveau royaume ermite façon Corée du Nord. Ils n’envisagent jamais en revanche une Russie souveraine acceptée pour ce qu’elle est dans le concert des nations.
 
Cette ingérence est imprudente devant le soutien indéfectible de la Chinois à son voisin et face au risque de contagion et de radicalisation du conflit.
 
Cette ingérence est folie devajnt la doctrine nucléaire russe et la déclaration de Poutine au début du conflit sur l’usage atomique : « À quoi nous sert ce monde si la Russie n’y a pas de place ? »

De Gaulle et la prophétie européenne
 
Nous avons également la « joie » d’apprendre dans ces pages que l’Europe a finalement décidé de prendre sa place géopolitique depuis que nous avons accepté l’Ukraine comme candidat à l’Union cet été.
 
Nous aurions pu nous cantonner à une union économique dégradante (degrading to just an economic union) mais fort heureusement nous avons choisi de « remodeler l’Europe et même l’Eurasie / Reshape Europe and Eurasia ».

Ben voyons.
 
La destruction de notre appareil énergétique tient sans aucun doute du génie géopolitique et d’une autonomie géostratégique à faire peur.
 
Résonne alors douloureusement l’extraordinaire prophétie formulée par de Gaulle face au risque de l’impossible fédéralisme européen :
 
« Dans une Europe intégrée, il n’y aurait peut-être pas de politique du tout, faute de pouvoir en imposer une à chacun des États. Mais alors, peut-être, ce monde se mettrait-il à la suite de quelqu’un du dehors qui, lui, en aurait une. Il y aurait peut-être un fédérateur, mais il ne serait pas européen. »

Nous ne pouvons qu’observer que nous finissons de nous asservir à notre fédérateur, les États-Unis profitent du conflit ukrainien pour nous passer la laisse énergétique par dessus les laisses monétaires, militaires, juridiques et technologiques.
 
La déliquescence actuelle de l’Union Européenne dont nous effleurons la corruption et le vice ces jours-ci ne nous empêche pourtant pas de, littéralement, vendre la peau de l’ours russe avant de l’avoir tué ou pour reprendre le mot de Bruno Bertez de jouer à la roulette russe en Ukraine

La peau de l’ours russe est déjà vendue...
 
 
Dans une sorte d’inconscience lubrique tout le monde sort en ce moment la calculette.
 
On estimait à 120 milliards d’euros les destructions du conflit en septembre, le coût de la reconstruction est désormais estimé entre 350 et 1 100 milliards d’euros.
 
Vous êtes peut-être affolé par l’ampleur de la facture mais d’autres se frottent les mains.

Ainsi l’Irak a produit plus de 1 000 milliards de dollars de pétrole depuis la guerre de Bush junior, ce qui a déjà engraissé considérablement les sponsors de l’ex-président texan et encore : 150 milliards se sont envolés, disparus en corruption et mauvais coups.
 
L’Ukraine ne dispose pas des réserves pétrolières irakiennes mais de ressources minières stratégiques et abondantes (charbon, fer, manganèse, graphite, uranium, titane, néon, xénon…) et d’immenses étendues de ses terres noires si fertiles.

Saccage à l’irakienne

Nous oublions bien trop vite l’importance des ressources ukrainiennes dans ce conflit. Nous oublions que l’Ukraine était déjà le grenier à blé de l’Empire romain et qu’Hitler détourna de Moscou la majeure partie de son armée lors de Barbarossa afin d’atteindre au plus vite les mines du Donbass.
 
Ajoutez à cela une main-d’œuvre abondante, à bas coût et haute qualification ainsi qu’une corruption endémique et vous avez tous les ingrédients pour un scénario de saccage à l’irakienne.
 
Rappelez-vous les collusions d’Hunter Biden en Ukraine et le limogeage sur instruction d’un procureur ukrainien qui voulait enquêter.

Mais cette fois, c’est promis, les États-Unis s’engagent pour l’honneur et la gloire et nous, à leur suite, apportons 1 000 milliards de financement par altruisme pour nos frères ukrainiens, enfin s’ils ne sont pas tous morts ou exilés d’ici là.
 
Bien évidemment : de telles sommes sont considérables et notre bible de la reconstruction ne manque pas de noter que seul un appel massif à des fonds internationaux permettra un redressement rapide de l’Ukraine.

BlackRock aux commandes et à la réception 
 
C’est sans doute pour cela que BlackRock sera en charge de la feuille de route pour exécuter le cadre d’investissement de la reconstruction… De manière totalement objective bien sûr et en servant les intérêts du gouvernement ukrainien avant les siens, n’est-ce pas.
 
Il ne vous est pas permis de douter que la haute teneur morale de BlackRock leur permet d’être juge et partie en toute honnêteté.
 
Sans doute les efforts de guerre de chacun seront récompensés par de juteux budgets et c’est là que le bât blesse.

Le hochet contre la paix sans victoire… Non, non, rien n’a changé

Si l’Europe est un contributeur majeur au conflit, la France et l’Allemagne n’y ont encore que plongé un gros orteil, tant la situation est pourrie.
 
Il n’est pas anodin que ce gros rapport ait été sorti à Paris en pleine visite protocolaire ukrainienne : Il sonne comme un hochet pour ameuter les sponsors et financiers afin qu’ils fassent enfin rentrer dans le rang leurs gouvernements et débloquent crédits et matériels à grande échelle.
 
Il y a là comme un relent de John Pierpont Morgan quand il avait forcé la main à Wilson en mettant l’industrie américaine au service de l’Entente lors de la Première Guerre mondiale et interdisant la « Paix sans victoire » que recherchait Wilson si ardemment mais qui aurait été catastrophique pour JP Morgan… Les choses n’ont pas fondamentalement changé depuis un siècle.

Et l’on voit alors le cercle vicieux se dessiner.


Le mécanisme de la corruption
 
1- Les gouvernements débloquent des fonds publics massifs pour ce conflit.
 
2- Ils y gagnent des financements pour leurs élections comme on a pu l’entrevoir avec le scandale FTX qui a remonté des financements ukrainiens pour la campagne des démocrates aux midterms
 
3- En échange de quoi les généreux sponsors récupèrent des contrats pharaoniques de reconstruction leur donnant des moyens d’influence disproportionnés sur les gouvernements.
 
Le cercle est bouclé et il n’y a plus qu’à recommencer.
 
 
La guerre au-dedans est le miroir de la guerre au-dehors

 
Finalement, une bonne guerre devient un excellent moyen de transformer des dépenses publiques massives en gains tout aussi massifs pour le secteur privé.

Finalement la guerre au-dedans contre les populations et au-dehors contre la Russie et derrière la Chine sont les deux faces d’une même pièce.
 
Et j’espère que vous n’êtes pas encore rassasié car il nous manque encore le plat de résistance.
 
 
Les réserves et actifs russes gelés échapperont difficilement aux appétits des banques affamées

Depuis le début du conflit ukrainien dorment 350 milliards de dollars d’actifs et réserves monétaires russes gelés par l’Occident. Bien sûr, une paix négociée devrait restituer ces réserves. Dans le cas contraire, ils seraient définitivement saisis et attribués officiellement à la reconstruction de l’Ukraine. Ils pourraient aussi être détournés pour renflouer notre secteur financier en lambeau.
 
Je ne sors pas cette hypothèse du chapeau : En 2008 déjà l’argent de la cocaïne avait renfloué les banques américaines et le blanchiment des mafias russes avait contribué à sauver les banques européennes comme l’avait révélé le scandale Danske Bank.
 
En 2023 je ne serais pas étonné que l’on utilise les réserves russes pour éponger la crise financière et monétaire carabinée qui nous guette.

Le seul obstacle serait une paix négociée ou pire une défaite ukrainienne.


Il est sérieusement temps de nous demander pourquoi et surtout pour qui nous alimentons cette guerre et plus encore aujourd’hui que les appétits attendus se réveillent et révèlent leur horreur candide.

Le mécanisme morbide de la montée aux extrêmes

Poutine est régulièrement dépeint dans les médias comme un vieil autocrate acculé et dégénéré. Nous ne détestons jamais plus chez les autres que nos propres défaillances et il semble que nous devions les projeter sur Poutine afin de fabriquer l’ennemi à la mesure de notre névrose.
 
Nous sommes entrés dans un cycle mimétique de montée aux extrêmes si bien décrit par René Girard. Jusqu’ici les Russes et les Chinois refusent de se laisser entraîner et avancent prudemment… Mais pour combien de temps encore. Celui de désamorcer le cycle ou alors de l’alimenter encore davantage ?
 
L’erreur serait de croire que ces questions ne nous concernent pas et que nous n’y avons aucune prise.
 
La guerre au-dedans est le miroir de la guerre au-dehors.

C’est le caractère des grands peuples que de refuser la fatalité.
 
Et pas uniquement sur un terrain de foot climatisé ou devant une télé.
 
Un peuple qu’est-ce que c’est ? Si vous ne le faites pas, personne ne le fera à votre place.
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle
 
Publicité

Une réflexion sur “Le fric est bien plus important que les bonnes intentions et les droits de l’homme finissent toujours par s’effacer devant les droits de l’asticot, surtout empilés en monceaux de cadavres.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s