A relire: Le capitalisme mondial peut-il durer ? Réponse oui, en vous paupérisant!

Le capitalisme mondial peut-il durer ? 

C’est une question que je me dois de poser puisque depuis des décennies je prétends que le système a buté sur ses limites et que les crises de plus en plus rapprochées que nous connaissons sont des symptômes de cet épuisement du système.

Je prétends également que ce système n’a qu’un objectif, un seul: durer coûte que coûte, surtout aux peuples.

C’est un système de Tiers Payants -le salariat- qui veut se maintenir pour ce qu’il est fondamentalement: un système d’accumulation de capital, un système dont le moteur est le profit, un système dans lequel l’ordre social confère aux détenteurs du capital le droit de prélever sur les richessses produites.

La question posée en début de texte n’est, en fait, pas la mienne puisque je décris, jour après jour comment ce régime capitaliste en difficulté procède pour survivre, pour se reproduire et ainsi durer à l’essentiel.

Le capitalisme prouve le mouvement en marchant. J’ai choisi non pas de prédire ou annoncer la catastrophe mais d’expliquer pourquoi malgré la dégradation du système, elle ne vient pas.

Je ne cesse de dire que ce système, dans son incosncient est intelligent, il sait s’adapter, répondre aux défis qui lui sont lancés. Il sait par recherche d’optimums successifs, ce qu’il faut faire pour continuer de dominer. Le système n’a pas de projet, il s’adapte, il répond, il n’est animé que par sa logique. Sa volonté apparente est une illusion/mystification car le système n’est mu que par des causes qui passent pour des projections de volonté.

Etant un système, il se moque des individus, ce ne sont que des tenants-lieu qui incarnent des volontés narcissiques illusoires qui les dépassent. Un individu chasse l’autre. Un Macron chasse un Sarkozy.

Ces individus sont mus par leur volonté de puissance, leurs désirs, leurs névroses, leurs folies, mais malgré tout cela ce ne sont que des gérants du système. Plus ou moins médiocres bien sur.

En passant je note que pour survivre, le Système a besoin à notre époque de faire émerger des individus de plus en plus médiocres, voire nuls; nuls mais pervers, vicieux, corrompus et sans scrupules à la Macron ou Trudeau, car il faut, pour que le système dure qu’il se contredise, qu’il se transgresse lui mème, qu’il se mente, qu’il trahisse ses propres fondements historiques. Pour faire durer un système dans la phase actuelle il faut être soi même tordu.

Le système, comme tout inconscient, ignore la morale, le principe de non contradiction, il pratique à grande échelle le « en même temps » qui est l’un des symptômes clés de notre époque .

Ces gérants accomplissent l’Oeuvre de Dieu comme le dit le patron de Goldman Sachs, ce Dieu étant Le Système. Bien entendnu l’Oeuvre de Dieu est cristalline , c’est l’essentiel ou l’essence , mais elle ne se réalise que dans le réel humain donc de façon circonstancielle, impure, entourée de gangue. Pour la comprendre il faut décanter, nettoyer aller jusqu’à l’os ou plutot jusqu’au cristal à la Hegel.

Le cristal: ce mot que j’aurais presque l’audace de dire que c’est l’Idée du capitalisme, ce mot c’est « l’essentiel ».

Le mot important c’est « l’essentiel » car je considere qu’il y a un « essentiel » du capitalisme: l’accumulation et la production pour le profit. Mais dire qu’il y a un essentiel c’est aussi reconnaitre que beaucoup de choses en fait sont accessoires.

Le système est en mal de reproduction à l’identique , mais il s’inscrit dans l’Histoire, il est historicisé, relatif à une sertaine période. En fait il mue, il se transforme pour rester lui même; il abandonne des attributs accessoires afin de préserver l’essentiel qui est l’ordre social de domination qui permet de prélever et d ‘accumuler.

Le capitalisme pour survivre, alors qu’il est en diffculté, est capable et prêt à se couper un bras, deux bras, une jambe etc afin de sauver son coeur et sa tête.

C’est exactement ce qu’il fait en ce moment.

Il abandonne ses valeurs-oripeaux, ses boucliers; il abandonne ses alliés, il détruit les formes d’accumulation qui réduisent sa part, il devient cynique, il s’écarte des mythes qui lui ont été si utiles, la démocratie et l’économie de marché etc etc.

Il reconstitue la terrible alliance fasciste des années 30, -années de crise majeure également- l’alliance corporatiste des firmes et du gouvernement.

Mais en meme temps il tire les leçons de cette expérience et sans le proposer politiquement, il en impose une version subreptice et mystificatrice. Cette adaptation à la crise, le capitalisme la fait passer pour son contraire, c’est le capialisme d ‘inversion.

Le capitalisme peut il durer?

William Robinson tente de répondre à cette question dans un ouvrage qui a repris cette question comme titre.

Robinson est professeur de sociologie à l’ Université de Californie à Santa Barbara .  Robinson offre au lecteur une vision de la crise capitaliste mondiale et de la conflagration internationale qui l’accompagne. Je vous conseille de le lire. 

Comme le dit Robinson,

« mon objectif est de présenter un aperçu de la « vue d’ensemble » dans un travail plus court et du point de vue de la théorie du capitalisme mondial qui prend en compte certains éléments du capitalisme mondial qui sont devenus plus importants ces dernières années, en particulier la financiarisation et la numérisation toujours plus profondes de l’économie et de la société mondiales. 

L’objectif de Robinson est de convaincre le lecteur que:

 « la survie du capitalisme mondial au-delà de la crise actuelle nécessite une restructuration substantielle impliquant une mesure de régulation transnationale de l’économie mondiale et une redistribution des richesses vers le bas. 

Même dans ce cas, cependant, une nouvelle période de réactivation économique et de prospérité ne mettra pas fin à la menace qui pèse sur notre survie. 

Pour cela, nous devons en finir avec un système dont la volonté d’accumuler du capital le met en guerre avec la masse de l’humanité et avec la nature. 

Seul un écosocialisme peut finalement nous sortir de la menace.

Robinson fonde sa réflexion sur l’analyse marxiste des crises du capitalisme avec la loi de la profitabilité de Marx, mais il essaie de concilier cette loi avec des théories alternatives.  

« Les économistes politiques marxistes se sont demandé si la suraccumulation et les crises qui l’accompagnent étaient causées par une baisse de la rentabilité ou par la surproduction et la sous-consommation. Je ne suis pas convaincu que ces deux approches doivent être incompatibles tant que nous commençons l’analyse dans le circuit de production.

Avec cette question l’auteur abandonne le marxisme qu’il n’ a pas vraiment assimilé, et au lieu de l’appronfondir et de creuser le sillon que Marx a tracé pour en exploiter toutes les richesses, il s’égare sans les méandres des pseudo découvertes qui théorisent la social-démocratie.

Robinson convient que les crises capitalistes ont leur origine dans la suraccumulation ou la surproduction de capital. Et que cette suraccumulation trouve son origine dans le circuit de production capitaliste, en définitive dans la tendance à la baisse du taux de profit. 

Les chiffres font preuves :

  « Alors que les chiffres du taux de profit ont tendance à varier en fonction de la personne qui fait le reporting et de la méthodologie, un rapport après l’autre a confirmé la baisse séculaire à long terme de la rentabilité, malgré les fluctuations à court terme, et avec elle, le déclin constant depuis 1970 de la croissance du stock net de capital (un indicateur de l’investissement productif) dans les pays riches de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Il reconnait que les crises du capitalisme sont à la fois cycliques et structurelles:

« Dans l’histoire du capitalisme, il y a eu des crises périodiques de deux types, cycliques et structurelles. Les crises cycliques, parfois appelées le cycle économique, se produisent environ une fois par décennie et se présentent sous la forme de récessions. Il y a eu des récessions au début des années 1980, au début des années 1990 et au tournant du XXIe siècle. 

Le capitalisme mondial a connu au cours des deux derniers siècles plusieurs épisodes de crises structurelles, ou ce que j’appelle des crises de restructuration, soi-disant parce que la résolution de telles crises nécessite une restructuration majeure du système.  

Pour Robinson, le changement structurel le plus important du capitalisme dans la dernière moitié du XXe siècle a été la mondialisation et la montée des multinationales. 

Et à « cette ère du capitalisme mondial, l’économie mondiale est désormais inextricablement intégrée et fonctionne comme une seule unité en temps réel ». 

Mais cette tendance a pris fin au 21ème siècle et le capitalisme est maintenant dans une période de stagnation.  « La spéculation financière sauvage et l’escalade de la dette des gouvernements, des entreprises et des consommateurs ont stimulé la croissance au cours des deux premières décennies du XXIe siècle, mais ce sont des solutions temporaires et non durables à la stagnation à long terme. »

C’est là ou je diverge et ou je considère que Robinson a négligé d’approfondir le marxisme ce qui l’a conduit à rester dans l’économisme. Il ne peut voir que le capitalisme explore de nouvelles terres, tres riches … pour lui.

Pour maintenir sa domination. la capitalisme ne modifie pas seulement les rapports entre les hommes, les rapports de l’homme au monde, il modifie en plus l’homme lui même, il le fait marcher à coté de ses pompes!

Le capitalisme produit un homme nouveau!

Il n’a pas vu les apports des Althusser et de sa bande de suiveurs. Si il avait approfondi le marxisme au lieu de tomber dans la vulgate horizontale il aurait compris que le système de production a produit un nouveau monde caractérisé par la disjonction du monde réel et des signes qui sont censés le représenter.

Il aurait compris que la financiarisation c’est l’adaptation à la crise par séparation des ombres et des corps, c’est la possibilité de tricher, de repousser les limites.

Il aurait compris l’essence de la financiarisation qui est la disjonction de la richesse d’avec ses signes et la possibilité de multiplier la « richesse fictive » grace a l’alchimie, grace à l’oeuvre au noir de la Bourse.

Le capitalisme s’est survécu en s’envoyant en l’air, en bullant, en destructurant, en déconstruisant les articulations entre d’un côté la Sphère réelle et de l’autre la Sphère financières.

Le capialisme s’est envoyé en l’air, il a résolu ses contradictions dans la création d’un autre monde, dans l’imaginaire, aidé par la technologie, la digitalisation, la virtualisation, l’abstraction, la trahison des intellectuels, la veulerie des gens qui ont perdu toute aspiration à la dignité et à la liberté.

Le capitalisme a réussi la performance de faire en sorte que les gens jouissent de leur aliénation de leur etrangeté à eux même.

En Prime quelques extraits de Robinson.

Sur l’accumulation de capital fictif rt le cercle vicieux du Ponzi

« le point clé en ce qui concerne la crise est que les appropriations massives de valeur par le système financier mondial ne peuvent être soutenues que par l’expansion continue des valeurs fictives ». capital, entraînant une nouvelle aggravation des conditions sous-jacentes de la crise ».

Sur la disjonction et la séparation des ombres et des corps:

« le gouffre entre le capital fictif et l’économie réelle est si béant que la valorisation financière apparaît comme indépendante de la valorisation réelle. Cette indépendance, bien sûr, est une illusion. 

Tout l’édifice financier repose sur l’exploitation du travail dans l’économie « réelle ». Si le système s’effondrait, la crise éclipserait toutes les précédentes, avec la vie de milliards de personnes en jeu. 

L’injection sans précédent de monnaie fiduciaire dans le système financier peut entraîner un nouveau type de stagflation, dans laquelle une inflation galopante est induite par des niveaux de liquidité aussi astronomiques, même si des inégalités aiguës et de faibles taux de profit prolongent la stagnation.

Le capitalisme peut durer s’il peut trouver un nouveau changement structurel du type Grand Reset par /

 » la restructuration numérique et des réformes que certains parmi l’élite mondiale préconisent face aux pressions massives d’en bas ».

 « Mais avant qu’une crise de valeur ne fasse tomber le système, il est certainement possible que la restructuration déclenche une nouvelle vague d’expansion. »

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Une réflexion sur “A relire: Le capitalisme mondial peut-il durer ? Réponse oui, en vous paupérisant!

  1. Si le capitalisme s’appuyait sur la raison, la conscience. La finance elle semble s’appuyer sur l’inconscient, l’image,le symbole, le sans risque, le rien d’impossible, même le mensonge et la contradiction. C’est donc un retour au primate pour l’espèce humaine si personne n’arrive a stopper cette finance sorti de la raison.

    J’avais pas compris vos analogies sous cette angle. C’est beaucoup plus clair.

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