« Antivax », « complotistes »… Les soignants qui ont refusé la vaccination ont subi l’opprobre, en plus des suspensions. Leurs décisions n’étaient pourtant pas étrangères à la rationalité mais l’exécutif ne les a pas écoutés. Trop occupé à faire entendre sa raison.
par Alexandre Fauquette & Frédéric Pierru
aperçu

Ça restera comme un moment de bascule. En juin 2021, pour la première dose et la vaccination complète, la couverture vaccinale des professionnels de santé atteint 78 % et 69 % en libéral ; 64 % et 42 % en établissement de santé ; 55 % et 42 % en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et unité de soins de longue durée (USLD).
Le chef de l’État s’en exaspère. À la télévision, le 12 juillet, il avertit les soignants de leur suspension s’ils refusent l’inoculation. Tandis que la situation épidémique appellerait selon lui une vaccination de masse, M. Emmanuel Macron s’agace aussi des hésitations de la population : plus de la moitié des personnes interrogées par Ipsos les partageaient début 2021.
Il instaure donc un passe sanitaire qui condamne à la mort sociale tous les réfractaires au vaccin. Avant d’annoncer, lors de la même allocution télévisée, des réformes de l’assurance-chômage et des retraites.
Ce soir-là, M. Macron prend ainsi le risque d’associer injonctions sanitaires et régressions sociales d’abord subies par les classes populaires. Alors qu’à ces catégories, aux travailleurs de la « première ligne » comme à tous les Français, il avait promis le 24 novembre 2020 qu’il n’y aurait aucune obligation vaccinale. Alors surtout qu’un tel raidissement entre en contradiction avec les données pourtant à sa disposition : en dessous de 50 ans, le taux de létalité du Covid-19 tend vers zéro ; les études internationales établissent une efficacité du vaccin limitée dans le temps (trois mois) et une prévention des seules formes graves — ni guère de l’infection ni plus de la transmission.
Mais ce 12 juillet, sur la base d’une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS), M. Macron affirme que cette obligation divisera par douze le pouvoir de contamination contre le variant Delta… Ce qui n’empêchera pas certains établissements de faire venir au travail des soignants covidés mais vaccinés.
L’allocution laisse abasourdis nombre de soignants applaudis en 2020. Plusieurs centaines (…)
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Alexandre Fauquette & Frédéric Pierru
Respectivement enseignant à Sciences Po Lille, Ceraps (UMR 8026), et chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS – Arènes – Rennes).
dossier lasantealacasse
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Cher Monsieur,
Cette obligation n’était pas une « erreur » mais un chantage délibéré visant à soumettre le corps médical, les pompiers et les gendarmes (mais pas les policiers !) et la suspension s’est faite en dehors de tout cadre défini par le droit du travail et hors de tout respect du secret médical. Comme en état d’inquisition.
Cette ignominie a causé des drames humains irréversibles (suicides, dislocations familiales, accumulations de dettes,…).
Quant au nombre de ceux qui ont pu continuer d’exercer avec des faux pass il est considérable.
Rien que dans mes ami(e)s et connaissances qui avaient cette obligation pour travailler en libéral ou en milieu hospitalier, j’en connais précisément 19 qui ont fait faire des faux.
L’une de mes proches amies, infirmière libérale en Normandie m’a même dit avoir payé 200 euros pour cela.
Et un autre de mes copains, vivant à Paris et chirurgien retraité (il n’avait pas l’obligation pour travailler, mais juif, il voulait continuer d’aller en Israël sans se faire injecter. Fan du Pr Perrone, il m’avait confié « ils peuvent courir pour que je me fasse inoculer cette m….e), m’a raconté comment une filière avait été mise en place par des médecins parisiens juifs pour faire des faux à leurs coreligionnaires.
Inutile de dire que le taux officiel d’injectés est complètement bidon. Parce que parmi ceux qui n’avaient pas d’obligation, mais voulaient simplement continuer de vivre sans subir d’apartheid, là aussi j’en connais plus d’une vingtaine qui se sont fait faire des faux.
Jean Lassalle qui a souffert de graves problèmes cardiaques suite aux injections a confié à plusieurs reprises dans des media que s’il avait su il ne se serait jamais fait vacciner contre le covid. D’autant plus a t-il dit aussi qu’il avait ensuite découvert que nombre de ses collègues parlementaires, des ministres et même Macron s’en étaient abstenus et disposaient de faux pass.
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Tout à fait.
Le plus grave dans tout ça est que du coup toutes les statistiques sur les atteintes covid selon le statut vaccinal sont faussées et qu’aucune preuve de la catastrophe sanitaire liée à ces injections ignobles ne pourra être faite. Certains médecins demandaient 400 euros pour un faux pass…
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