Analyse informée de Chris Martesnon: pourquoi les prix du pétrole et du gaz vont exploser aux États-Unis et en Europe et ce n’est pas temporaire

Chris Martenson : Pourquoi les prix du pétrole et du gaz vont exploser aux États-Unis et en Europe et ce n’est pas temporaire

Dans une vidéo détaillée publiée le 14 avril 2026, Chris Martenson, fondateur de Peak Prosperity et analyste reconnu des questions énergétiques, déconstruit le discours officiel sur l’abondance pétrolière américaine.

Il explique pourquoi les prix de l’essence, du gaz et des produits raffinés sont sur le point d’augmenter fortement, tant aux États-Unis qu’en Europe, en raison de la crise au Moyen-Orient (blocus du détroit d’Ormuz et pertes de production dans le Golfe persique).

1. Martenson démolit le mythe de l’« abondance » américaine

Donald Trump a récemment vanté l’arrivée de dizaines de pétroliers vides vers les États-Unis pour charger du pétrole américain, affirmant que le pays possède « plus de pétrole que les deux plus grands producteurs réunis ».
Martenson rappelle une réalité simple : les tankers arrivent toujours vides pour charger. Cela ne prouve rien. Surtout, les États-Unis restent importateurs nets de brut (crude oil) : environ 2,2 millions de barils par jour en avril 2026. Ils exportent massivement, mais pas du pétrole brut conventionnel.

2. Le piège des chiffres de l’EIA : «pétrole» vs «hydrocarbures liquides»

L’Energy Information Administration (EIA) regroupe sous le terme petroleum :

  • Le vrai pétrole brut (crude oil) ;
  • Les Natural Gas Plant Liquids (NGPL : éthane, propane, butane, etc.), qui représentent près de 10 millions de barils/jour aux États-Unis.

Ces NGPL, issus du gaz de schiste, ne sont pas du pétrole raffinable en essence, diesel ou kérosène. Ils servent principalement à la pétrochimie, au chauffage domestique ou à l’exportation.

Les raffineries américaines, conçues pour du brut moyen/lourd (API 20-30, type arabique), ne peuvent pas les substituer facilement au brut lourd du Golfe.

Résultat : les États-Unis exportent du « pétrole léger de schiste » (API 40-50) et importent du brut plus lourd dont ils ont réellement besoin.

3. La production US est en plateau, pas en croissance

  • La production de brut américain s’est aplatie depuis octobre 2025.
  • Elle ne peut pas augmenter rapidement : il faut des prix élevés et du temps pour forer.
  • Le Strategic Petroleum Reserve (SPR) ne libère que ~250 000 barils/jour, contre plus de 8 millions de barils/jour perdus dans le Golfe.

4. Les stocks sont déjà tendus

Les inventaires commerciaux de produits raffinés (essence, diesel, kérosène) sont à des niveaux bas ou en baisse. Les 120+ pétroliers qui arrivent vont puiser directement dans ces stocks déjà serrés, accentuant la pression à la hausse.

5. Le choc géopolitique amplifie tout

La guerre au Moyen-Orient a supprimé non seulement du brut, mais aussi du soufre, de l’acide sulfurique et des produits pétrochimiques essentiels. Les raffineries du monde entier, calibrées sur le brut du Golfe, ne peuvent pas simplement « changer un baril contre un autre » du jour au lendemain.

Martenson conclut : les prix actuels sont artificiellement contenus par les marchés à terme et des interventions (probablement gouvernementales). Cette suppression ne durera pas plus de quelques semaines.

Quand la réalité physique (stocks + flux) reprendra le dessus, les prix bondiront violemment .

En résumé:


Ce n’est pas une simple « hausse temporaire » liée à un conflit local. C’est la rencontre brutale entre :

  • un discours politique simpliste (« on a plein de pétrole »),
  • la complexité physique du pétrole (qualité, raffinage, logistique),
  • et un choc d’offre majeur dans le Golfe.

Martenson invite à regarder au-delà des gros titres : la complexité des molécules et des chaînes d’approvisionnement décide plus que les déclarations. Les consommateurs américains et européens vont bientôt en payer le prix à la pompe. Pour l’analyse complète et les données détaillées, Martenson renvoie à son site PeakProsperity.com

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