Déclarations importantes de la réunion Russie-Chine
Via le ministère russe des Affaires étrangères lui-même :
« La Russie et la Chine sont intéressées à ce que les tentatives ouvertes de l’Occident de préserver, et dans certains cas même de « renouveler » son hégémonie, échouent.
Ces efforts sont enracinés dans l’hypothèse que l’expérience de cinq cents ans de l’Occident à conquérir le monde, à le subordonner à ses propres intérêts et à façonner des mécanismes de gouvernance mondiale qui lui permettent de vivre aux dépens des autres, puisse d’une manière ou d’une autre être maintenue. »
La guerre des États-Unis contre l’Iran a été mentionnée spécifiquement dans cette même déclaration, imputant pleinement la responsabilité des conséquences de la guerre à l’agression des États-Unis.
Pour ceux qui imaginent que la guerre des États-Unis contre l’Iran est « pour Israël » au lieu d’être une partie de sa guerre plus large contre le multipolarisme pour la primauté des États-Unis, voici la Russie et la Chine elles-mêmes qui le clarifient autrement et reconnaissent publiquement qu’elles comprennent et travaillent contre cet objectif géopolitique central des États-Unis.
Encore une fois – souligner qu’Israël est un proxy des États-Unis et ne « force » ou « contrôle » pas les États-Unis – NE SIGNIFIE PAS – qu’Israël est « innocent » – c’est une extension de la criminalité des États-Unis et tout aussi coupable de tous les crimes qu’il commet au nom des États-Unis.

Le texte ci dessus de Berletic est un résumé fidèle d’une déclaration officielle récente du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, prononcée le 15 avril 2026 à l’issue de sa rencontre à Pékin avec le président Xi Jinping et auparavant avec son homologue Wang Yi.
Il s’inscrit dans le cadre d’une visite de haut niveau destinée à coordonner les positions russo-chinoises face à la crise au Moyen-Orient, notamment la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en février 2026 et le blocus du détroit d’Ormuz.
La citation exacte du ministère russe des Affaires étrangères est limpide : la Russie et la Chine veulent activement mettre en échec les tentatives occidentales de préserver ou « renouveler » leur hégémonie. Elles y voient le prolongement d’une logique historique de 500 ans (ère des grandes découvertes, colonialisme, impérialisme économique) qui a permis à l’Occident de structurer un système mondial à son avantage exclusif.
La guerre contre l’Iran est explicitement citée comme illustration concrète de cette stratégie. Lavrov et ses homologues chinois imputent la responsabilité pleine et entière de l’escalade, des conséquences humanitaires, énergétiques et régionales à « l’agression préméditée et non provoquée » de Washington (et de Tel Aviv). Ils soulignent que l’Iran n’aurait pas fermé Ormuz ni frappé des bases américaines sans cette attaque initiale.
La déclaration va plus loin que la simple condamnation : elle déconstruit le narratif « guerre pour Israël ».
Pour Moscou et Pékin, le conflit s’inscrit dans une guerre plus large des États-Unis contre le multipolarisme naissant. Il s’agit de maintenir la primauté américaine en empêchant l’émergence d’un ordre mondial où la Russie, la Chine, l’Iran et le « Global Majority » (BRICS+, OSC) puissent peser à égalité.
Israël y apparaît comme un partenaire opérationnel et un proxy stratégique, non comme le décideur principal.
Cette prise de position est hautement stratégique. Elle officialise un axe anti-hégémonique russo-chinois renforcé, au moment où la guerre en Iran fragilise l’économie mondiale et expose les limites de la puissance américaine.
En refusant le récit « pro-Israël » dominant en Occident, Moscou et Pékin réaffirment que l’enjeu est structurel : la fin de l’unipolarité.
Ils se positionnent comme garants du droit international, de la souveraineté des États et d’un ordre multipolaire fondé sur l’égalité, en opposition à un système « qui permet de vivre aux dépens des autres ».
La nuance sur Israël (« proxy et non maître ») est importante : elle évite la thèse « complotiste » simpliste tout en maintenant la responsabilité morale et pénale de l’État israélien dans les crimes commis au service de l’agenda américain.
Les deux puissances reconnaissent publiquement qu’elles travaillent activement contre cet objectif central de Washington. Cela renforce leur coordination diplomatique déjà visible au Conseil de sécurité de l’ONU, leur soutien politique à l’Iran et leur appel à une résolution négociée du conflit.
Ces déclarations constituent un signal clair de consolidation de l’axe eurasiatique face à une Amérique qui tente, par la force, de retarder son déclin relatif.
Cette clarification publique marque une rupture avec les narratifs occidentaux et officialise la ligne de front : la Russie et la Chine travaillent activement à l’échec du projet hégémonique américain.