Graham Summers
| L’administration Trump a déclenché un nouveau marché haussier. Le S&P 500 et le NASDAQ ont tous deux atteint de nouveaux sommets historiques. Nombreux sont les commentateurs qui affirment que cette hausse boursière est « artificielle » ou « manipulée ». Ils n’ont pas tort. Mais ils passent à côté de l’essentiel : les décideurs politiques sont contraints d’intervenir sur les marchés boursiers pour préserver le système financier. Comprenez bien, je ne dis pas que j’aime ça ou que je suis d’accord. Je ne fais que constater les faits.Le secret honteux de notre système financier actuel, c’est que les banques centrales sont incapables de créer des emplois, d’augmenter les revenus, ou même de générer de la croissance économique. Elles ne peuvent que contrôler le prix de la dette et du crédit, ce qui fait grimper les prix des actifs (actions, immobilier) et donne aux gens l’illusion d’ être plus riches, les incitant ainsi à consommer davantage. C’est ça.Pourquoi ? Pourquoi ne pas arrêter d’imprimer de l’argent, de dévaluer le dollar américain et de permettre aux actions de s’échanger en fonction de leurs fondamentaux ? Parce qu’un marché boursier haussier est désormais une question de sécurité nationale. Environ 58 % des ménages américains sont exposés au marché boursier. En termes de patrimoine réel, 45 % de ce patrimoine est investi en actions. En effet, près de la moitié du patrimoine des Américains est lié au marché boursier. Dans ce seul contexte, une forte baisse des marchés boursiers, voire une crise boursière majeure, représente une menace pour la sécurité nationale en termes de dommages économiques. C’est l’équivalent d’une arme nucléaire économique. Mais attendez… cette relation est encore plus profonde que la plupart ne le pensent. Le marché boursier est désormais, en réalité, l’économie. Nous vivons dans une économie en forme de « K » dans laquelle les 10 % des revenus/consommateurs les plus aisés représentent la quasi-totalité des dépenses de consommation/de la croissance économique, tandis que les 90 % des revenus/consommateurs les plus modestes peinent à faire face à la hausse du coût de la vie due à l’inflation. Les 10 % des ménages les plus aisés, ceux qui, par leurs dépenses de consommation, font véritablement tourner l’économie, possèdent plus de 90 % des actions. Dans ce contexte, un marché boursier baissier entraînerait une chute brutale de la consommation. Or, celle-ci représente 70 % du PIB, ce qui provoquerait immédiatement une récession. Il ne s’agit pas d’une exagération. Nous en avons eu un aperçu lors de la crise commerciale et tarifaire de mars/avril 2025, lorsque les actions ont chuté de 18 % en quatre semaines, faisant disparaître 11 000 milliards de dollars de richesse. À cette époque, de nombreuses entreprises, de Southwest Airlines à Chipotle en passant par PepsiCo, ont alerté sur un repli de la consommation annonciateur de récession. C’est pourquoi les décideurs politiques, y compris le président et son entourage, interviennent systématiquement pour soutenir le marché boursier. C’est pourquoi le marché est manipulé à la fois verbalement et par des injections directes de monnaie nouvellement créée par la Réserve fédérale. Vous n’aimez peut-être pas ça. Je ne suis pas d’accord non plus. Mais c’est un fait. Et en tant qu’investisseurs, notre rôle est de gagner de l’argent , ce qui implique de composer avec la réalité plutôt que de la combattre. Quelles seront les conséquences pour le système financier à l’avenir ?Le dollar américain continuera de perdre du pouvoir d’achat. En effet, il a perdu un tiers de sa valeur depuis que la Fed a eu recours à des mesures de politique monétaire radicales en 2008. |
| Cette dévaluation va inciter les capitaux à se tourner vers des actifs plus risqués comme les actions, l’immobilier et les actifs tangibles tels que l’or. Ce n’est pas un hasard si les actions et l’or ont connu une forte hausse simultanément. |
| Plus important encore, nous nous trouvons à un tournant décisif où l’or commence à surperformer les actions. Le ratio or/S&P 500 est sorti d’une phase de consolidation de dix ans. Il teste actuellement cette cassure, ce qui indique que l’ancienne résistance fait désormais office de support. C’est un signe extrêmement positif qui suggère que nous sommes sur le point d’entrer dans une période d’inflation plus élevée (l’or surperforme généralement les actions pendant de telles périodes). |