Voici le texte intégral de la lettre ouverte (publiée le 15 avril 2026)
Pas de répit pour la Palestine : alors que l’attention mondiale est tournée vers d’autres régions, Israël, sous le couvert d’opérations militaires illégales contre l’Iran et le Liban, a poursuivi l’asservissement des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, en intensifiant sa politique d’occupation illégale.
Plus de 73 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023, dont 700 au cours des six derniers mois depuis le soi-disant « cessez-le-feu » à Gaza.
L’annexion de terres palestiniennes par des colons terroristes protégés par les Forces de défense israéliennes (FDI) se poursuit à un rythme soutenu, et de nouvelles appropriations de terres sont prévues.
Cela inclut le corridor E1, d’une importance cruciale, coupant la Cisjordanie en deux, où la publication d’appels d’offres du gouvernement israélien pour 3 400 bâtiments est imminente.
Israël continue d’agir en toute impunité, sapant la solution à deux États et la création d’un futur État palestinien dont l’existence est reconnue par 157 États membres de l’ONU.
Cette politique illégale se retrouve dans les attaques aveugles et disproportionnées d’Israël contre le Liban, qui ont entraîné la perte de plus de 2 000 vies ainsi que des déplacements et des destructions à grande échelle.
Pendant ce temps, les habitants palestiniens de Gaza, assiégés, sont privés d’une aide humanitaire adéquate en raison des restrictions d’accès persistantes, l’UNRWA et les ONG internationales étant empêchées de fournir les biens et services dont le besoin se fait urgemment sentir, conformément à leurs mandats opérationnels.
Dans le même temps, le plan très controversé du « Conseil de paix » pour Gaza, mené par les États-Unis, bat de l’aile et ne parvient même pas à freiner les attaques militaires israéliennes contre les Palestiniens de Gaza.
Comme si tout cela ne suffisait pas, Israël a récemment adopté une loi prévoyant la peine de mort pour les Palestiniens qu’il inculpe de crimes liés au terrorisme, les Israéliens juifs en étant de jure exemptés. Cette législation odieuse rappelle un état d’apartheid agissant sans aucune contrainte juridique.
Le respect du droit international est primordial : les traités de l’UE stipulent que l’action de l’UE sur la scène internationale doit être guidée par la promotion de la démocratie, de l’État de droit, de l’universalité et de l’indivisibilité des droits humains et des libertés fondamentales, du respect de la dignité humaine et des principes des Nations unies et du droit international.
Le gouvernement israélien actuel viole ces principes fondamentaux de l’UE à l’égard des Palestiniens, dont il reste légalement et moralement responsable en tant que puissance occupante.
Plus important encore, ce comportement constitue une violation de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël, qui stipule que « les relations entre les parties […] doivent être fondées sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques […] ». Cette disposition est un élément essentiel de l’accord d’association et son respect incombe aux deux parties.
L’UE aurait dû agir depuis longtemps : le fait que l’UE n’ait pas réussi, ni en juillet ni en septembre 2025, à adopter ne serait-ce qu’un ensemble modeste de mesures contre le comportement d’Israël à Gaza – actuellement examiné par la Cour internationale de justice pour un éventuel génocide – est perçu au niveau international comme une politique de deux poids deux mesures de la part de l’UE.
Les partenaires ont fait remarquer que, si la Russie est sanctionnée à juste titre, aucune mesure n’est prise en réponse aux actions du gouvernement israélien en Palestine et au-delà. Pendant ce temps, les Palestiniens restent soumis à des attaques incessantes de la part d’un gouvernement israélien déterminé à les marginaliser et à rendre leur vie insupportable, l’objectif ultime étant de les chasser de leurs terres.
Il est inacceptable que, alors que les droits humains des Palestiniens et le droit international sont systématiquement bafoués, l’UE reste divisée et en retrait, sans exercer l’influence qu’elle devrait. En conséquence, nous appelons les dirigeants de l’UE-27 et les institutions de l’UE à :
(i) prendre des mesures visant à suspendre tout ou partie de l’accord d’association UE-Israël ;
(ii) interdire le commerce avec les colonies illégales ;
(iii) mettre fin au commerce de matériel militaire avec Israël ;
(iv) suspendre la participation d’Israël aux programmes de l’UE ;
(v) d’étendre la liste des personnes sanctionnées et des interdictions de visa à toutes celles impliquées dans la répression des Palestiniens et les violations du droit international ;
et (vi) d’établir un ensemble de critères en matière de droits humains permettant de surveiller la conduite future d’Israël.
Le non-respect de ces critères devrait entraîner l’imposition de sanctions supplémentaires de l’UE à l’encontre du gouvernement israélien.
En cette période de troubles au Moyen-Orient et face aux violations généralisées du droit international commises par Israël, il est impératif que l’UE agisse et demande des comptes à Israël.
Cette action devrait constituer la pierre angulaire de la nouvelle stratégie de l’UE pour la région, fondée sur les valeurs fondamentales de l’Union.
Déclaration cosignée le 15 avril 2026 par 385 anciens ministres, ambassadeurs et hauts fonctionnaires européens.
Parmi les signataires les plus connus figure Josep Borrell (ancien Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères). La liste complète des 385 signataires est disponible en PDF sur plusieurs sites (ex. : La Libre Belgique)