Editorial. Attention la Fed injecte déjà du carburant et remonte le niveau de la mer!

La Fed dit qu’elle n’a aucune intention de baisser les taux. Mais ce n’est pas à cause d’une quelconque préoccupation inflationniste. C’est parce que …la banque centrale assouplit déjà la politique par la petite porte avec la reprise de l’expansion de son bilan – en progression à un rythme annuel de 10 % au cours des quatre dernières semaines !

Cette bouffée de liquidité a ajouté du carburant à fusée à l’euphorie du marché de fin de guerre.

Peu importe Donald Trump – Jay Powell veille toujours sur vous

La Fed joue-t-elle à cache-cache avec les marchés ? L’analyse de David Rosenberg sur l’assouplissement monétaire « par la porte de derrière » confirme mes analyses. la Fed ne peut rester les bras croisés, elle doit remonter le niveau de la mer des liquidités.

Le système a deja besoin de faire remonter le niveau de la mer de liquidités

Nous avons une Fed vicieuse ai-je expliqué à de nombreuses reprises, elle fait croire qu’elle a des possibilités de choix alors que sa politique est contrainte.

Deja dans le passé j’ai dénoncé le resserrement monétaire de la Fed comme canada Dry; on proclame le resserrement d ‘un coté mais on assouplit de l’autre.

Cette fois encore la Fed triche et annonce une politique tout en faisant le contraire subrepticement.

Dans un tweet publié le 17 avril 2026, David Rosenberg que je suis régulièrement livre une lecture très tranchée de la politique actuelle de la Réserve fédérale américaine.

Selon lui, la Fed affirme haut et fort qu’elle ne baissera pas les taux d’intérêt… mais elle n’en a pas besoin : elle assouplit déjà discrètement sa politique monétaire via une expansion rapide de son bilan .

Voici le tweet en question :

« La Fed dit qu’elle n’a aucune intention de baisser les taux. Mais ce n’est pas à cause de l’inflation. C’est parce que la banque centrale a déjà assoupli par la porte de derrière avec une nouvelle expansion de son bilan – en hausse à un rythme annuel de 10 % sur les quatre dernières semaines ! Ce gonflement de liquidités a ajouté du carburant de fusée à l’euphorie boursière de fin de guerre. Oubliez Donald Trump – Jay Powell continue de vous couvrir ! »

Rosenberg joint à son message un graphique intitulé « Outstanding Reserve Bank Credit » (Crédit en cours de la Réserve fédérale), exprimé en milliers de milliards de dollars.

On y voit clairement :

  • Une baisse progressive du bilan de la Fed d’août à décembre (phase de Quantitative Tightening classique).
  • Un rebond marqué à partir de janvier, qui s’accélère fortement entre février et avril 2026.
  • Le niveau atteint début avril frôle les 6,65 trillions de dollars, après un creux autour de 6,49 trillions en décembre.

Cette remontée récente correspond exactement à ce que Rosenberg qualifie de « bulle de liquidité » injectée discrètement. Sur les quatre dernières semaines, le rythme d’expansion annuelisé atteindrait 10 %, selon ses calculs.

Pourquoi cette stratégie de « backdoor QE » ?

Parce que la Fed doit tenter de mentir pour préserver ce qu’il lui reste de crédibilité!

Elle ne veut pas baisser officiellement les taux pour ne pas envoyer le signal que l’inflation est maîtrisée c’est à dire pour préserver sa crédibilité face à une inflation encore élevée .

Elle ne peut pas non plus laisser les marchés s’effondrer après la forte euphorie observée ces dernières semaines et alors que la tuyauterie souterraine fait des bruits bizarres avec le Crédit Privé, le Private Equity, les CLO etc .

Powell a-t-il le choix ? Bien sur que non!

La « tuyauterie souterraine » se colmate…La « tuyauterie souterraine » (shadow banking, ou système financier parallèle) – c’est-à-dire le vaste écosystème du crédit privé, du private equity et des CLO (Collateralized Loan Obligations) – montre effectivement des signes de colmatage : demandes de rachats massives, liquidité bloquée, valorisations opaques et premiers stress sur les prêts.

Le Crédit Privé a explosé ces dernières années (environ 2 000 milliards de dollars). Il finance massivement les entreprises via des prêts directs, souvent leveragés, et est emballé dans des CLO.

Mais depuis début 2026 :

Demandes de rachats record : Blue Owl, Ares, Apollo, KKR, Blackstone et d’autres ont vu des retraits massifs (jusqu’à 40 % des actifs dans certains fonds retail-oriented). Plusieurs fonds ont activé des « gates » (limites de retraits à 5-25 % par période) pour éviter des ventes forcées d’actifs illiquides. C’est un « bank run au ralenti ». fairobserver.com

Problèmes de liquidité structurels : Les fonds promettent une certaine liquidité aux investisseurs (surtout retail via BDC ou semi-liquid vehicles), mais détiennent des prêts à long terme peu négociables. Résultat : rationnement des sorties, valorisations contestées et pression sur les rendements

CLO et private equity sous tension : Certains CLO privés ont franchi des tests d’over-collateralization (OC tests). Exposition forte à des secteurs vulnérables (software/SaaS impactés par l’IA). Vague de refinancement massive à venir, avec des défauts qui montent doucement.

Les banques régionales moyennes fournissent des lignes de crédit (subscription lines, warehouse facilities) au Credit Privé . La Fed a commencé à questionner les grandes banques sur leur exposition exacte (avril 2026) pour mesurer le risque de contagion.

Bref, la tuyauterie se colmate : trop de promesses de liquidité sur des actifs illiquides, dans un contexte de taux encore élevés et de ralentissement dans certains secteurs.

Powell le sait… et il parle pour les initiés.

En mars 2026, Jerome Powell a été « clair » si on peut dire à Harvard :

  • La Fed « surveille super attentivement » le private credit.
  • C’est « une partie relativement petite d’un très grand pool d’actifs ».
  • Pas de risque systémique visible pour l’instant : pas de contagion bancaire majeure, pas de « makings of a broader systemic event ».

La Fed agit : fin du Quantitative Tightening fin 2025, puis l’expansion du bilan qui repart : +10 % annualisé sur 4 semaines). Powell maintient les taux officiels pour la crédibilité anti-inflation, mais injecte des réserves via le bilan.


Pour l’instant les « gates » et la structure fermée des fonds limitent les ventes forcées. Le private credit reste fragmenté (pas de concentration comme en 2008). Powell et les régulateurs insistent : pas de risque systémique aujourd’hui. L’expansion actuelle du bilan actuelle est une « assurance liquidité» générale préventive .

Powell joue la montre. Il ne veut pas baisser les taux officiellement (message inflation), mais il ne peut pas non plus laisser la tuyauterie souterraine s’obstruer complètement sans risquer une contagion vers les marchés publics et l’économie.

Mais si les rachats s’accélèrent ou si les défauts explosent (surtout avec la vague de refinancement 2026-2027), Powell n’aura plus vraiment le choix : il faudra passer à une aide plus visible (ou un vrai QE).

    Le Quantitative Easing discret, sans passer par une annonce spectaculaire de taux ou de QE officiel est la solution.

    En augmentant son bilan principalement via des rachats de titres sur le marché secondaire, la Fed injecte des liquidités massives qui finissent par alimenter les marchés actions et obligataires et le Shadow .

    Résultat cela profite aux super initiés qui eux savent décoder et décrypter les chiffres de la Fed et ainsi se goinfrent sur le dos du public toujours gogo!

    La Fed joue systématiquement la dissymétrie de compétence et de capacité d’analyse en faveur des TBTF!

    Wall Street continue de grimper comme si les taux allaient baisser, alors que Powell maintient officiellement le cap restrictif.

    Le Nasdaq et le S&P 500 ont atteint de nouveaux records. Rosenberg ironise en disant « Never mind Donald Trump » : même si l’administration Trump pousse pour une politique plus laxiste, notre Jay Powell fait semblant de résister tout en cédant, et via son bilan il joue le rôle de « backstop » (filet de sécurité) des marchés.

    Cette stratégie rappelle celle de 2021, que j’ai maintes fois analysée et dénoncée: la Fed maintenait les taux tout en laissant son bilan exploser.

    On ne peut echapper aux besoins de liquidités et de production de crédit, «stealth QE» ou QE furtifs, pratiques que la Fed a souvent utilisées pour éviter les critiques politiques trop directes.

    L’hypocrisie est un outil de gestion de la fed , une caracteristique de sa communication : les marchés sont dopés par des liquidités, il n’y a jamais vraie normalisation. je le répète depuis 2009, c’est marche ou crève!

    Pour les investisseurs, cela signifie :

    Nouvelle surchauffe boursière : Une telle injection de liquidités peut alimenter la spéculation

    Renforcement de la dépendance des Bourses aux banques centrales : les marchés actions semblent de plus en plus dépendants de ce soutien invisible.

    Tant que la liquidité coule, les actifs risqués (actions, crypto, immobilier) restent soutenus.

    En résumé, David Rosenberg nous rappelle une vérité ancienne des marchés : ce n’est pas ce que la Fed dit qui compte, c’est ce qu’elle fait avec son bilan.

    Et en ce mois d’avril 2026, ce qu’elle fait discrètement, c’est injecter du carburant…

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