Vendredi 17 avril, la diplomatie internationale a pris des allures de dialogue de sourds surréaliste.
Donald Trump, triomphant sur Truth Social et en meeting : l’Iran a « accepté tout ». Le détroit d’Ormuz est « totalement ouvert », le programme nucléaire iranien est suspendu, l’uranium enrichi sera déterré à la pelleteuse avec les Iraniens eux-mêmes et rapatrié aux États-Unis. « Ils ont cédé sur presque toutes nos exigences », martèle-t-il. Plus de fermeture du détroit, plus de proxies, plus de menace. La paix est « imminente ».
L’Iran répond en moins de 24 heures, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, de ses Gardiens de la Révolution et du président du Parlement :
L’uranium enrichi « est aussi sacré que la terre iranienne » et ne sera transféré nulle part.
Le détroit d’Ormuz reste sous contrôle total des Gardiens : passage uniquement sur les routes approuvées par Téhéran, coordination militaire obligatoire, péages possibles, navires militaires interdits.
Tant que le blocus américain persiste, le détroit restera fermé.
Les déclarations américaines sont qualifiées de « mensonges », « contradictions » et « signes de désespoir ».
Mohammad-Bagher Ghalibaf, chef de la délégation iranienne, résume en cinq tweets assassins : « Sept affirmations fausses en une heure. Ils n’ont pas gagné la guerre avec ces mensonges et ils n’obtiendront rien dans les négociations. »Résultat ? Un cessez-le-feu qui ressemble à un cessez-le-mensonge.
Trump joue la victoire rapide pour son électorat. L’Iran joue la souveraineté et la résistance pour le sien.
Entre les deux, la réalité : des tankers qui passent… ou qui ne passsent pas pas.
Ce n’est pas de la diplomatie. C’est du chaos.
Et comme toujours dans ce genre de pièce, c’est rarement la rhétorique qui finit par trancher. Ce sont les faits sur l’eau et les missiles .
Pour l’instant, le seul point sur lequel tout le monde semble d’accord, c’est qu’on est très loin d’un accord.