Je pense que le post de Robert Pape est pertinent mais il est un peu dramatisée.
Il décrit bien la situation actuelle : les États-Unis viennent de franchir un cap avec un blocus naval plus ou moins effectif du détroit d’Ormuz et des ports iraniens.
Pour la première fois, des forces américaines ,navires de guerre, Marines, interviennent directement sur des tankers liés au pétrole iranien – ils en ont déjà forcé plusieurs à faire demi-tour, et préparent maintenant des abordages en haute mer.
C’est une escalade concrète, pas des sanctions sur papier.
Le lien WSJ qu’il cite confirme ça : plus de 15 navires de guerre US sont mobilisés, et l’objectif est clair – étrangler les exportations de pétrole iranien (environ 1,5 million de barils/jour avant) pour forcer Téhéran à plier.
Pape pose la question en termes de « carrefour » stratégique : soit les États-Unis reculent (et l’Iran consolide son influence régionale, voire devient un « 4e pôle de puissance » avec la Chine, la Russie et les USA), soit ils escaladent encore pour l’empêcher.
C’est cohérent avec ses analyses précédentes où il expliquait que la guerre actuelle renforce paradoxalement l’Iran via son asymétrie : missiles, drones, proxies, contrôle partiel d’Ormuz.
La stratégie de « maximum pressure » fait sens du point de vue américain : après des négociations qui ont échoué , on passe à la pression économique directe sans invasion terrestre coûteuse.
Les États-Unis ont la supériorité navale dans la région. Mais l’histoire montre que les blocus (comme ici sur Ormuz, artère vitale du pétrole mondial) peuvent déraper très vite : mines, attaques de drones/swarm, incidents avec des tankers « shadow fleet », ou ripostes par proxies.
Le risque d’escalade incontrôlée est réel, et un conflit prolongé profiterait surtout à la Chine et à la Russie.
Il existe une voie intermédiaire à la Trump avec des pirouettes : annoncer une pression soutenue tout en laissant une porte ouverte à un reculade de dernière minute par un accord plus ou moins bidon .
Pour moi le blocus est une nouvelle impasse qui a été utilisée pour … sortir des impasses précédentes.