L’annonce surprise de l’OFAC sur le pétrole russe : le sang coule, mais le pétrole doit couler lui aussi

L’annonce surprise de l’OFAC sur le pétrole russe : pragmatisme américain qui révèle les priorités . Eviter la hausse des prix du petrole , preserver la Bourse et les marchés financiers.

Alors que les tensions explosent dans le détroit d’Ormuz avec le blocus naval américain contre l’Iran (comme l’analysaient hier Robert Pape et d’autres observateurs), une annonce discrète mais explosive vient du Trésor américain.

Kirill Dmitriev, PDG du Fonds russe d’investissement direct et envoyé spécial du président russe, a relayé hier sur X une General License 134B de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC).

En clair : les États-Unis autorisent temporairement les transactions liées au pétrole russe chargé sur des tankers avant le 17 avril 2026, avec une validité jusqu’au 16 mai.

Une mesure qui contredit la logique de « pression maximale » que Washington voudrait appliquer simultanément à l’Iran.

Traduction intégrale du document officiel j


DÉPARTEMENT DU TRÉSOR


WASHINGTON, D.C.OFFICE OF FOREIGN ASSETS CONTROLRèglements sur les sanctions relatives aux activités étrangères nuisibles de la Russie, 31 CFR partie 587 ;


Règlements sur les sanctions liées à l’Ukraine/Russie, 31 CFR partie 589 ;
Règlements sur les sanctions relatives aux transactions et sanctions iraniennes, 31 CFR partie 560 ;
Règlements sur les sanctions relatives aux proliférateurs d’armes de destruction massive, 31 CFR partie 544 ;
Règlements sur les sanctions financières iraniennes, 31 CFR partie 561 ;
Règlements sur les sanctions relatives au secteur iranien et aux abus des droits de l’homme, 31 CFR partie 562 ;
Règlements sur les sanctions relatives au terrorisme mondial, 31 CFR partie 594 ;
Décret exécutif 13846 du 6 août 2018 (« Réimposition de certaines sanctions à l’égard de l’Iran ») ;
Décret exécutif 13876 du 24 juin 2019 (« Imposition de sanctions à l’égard de l’Iran ») ;
Décret exécutif 13902 du 10 janvier 2020 (« Imposition de sanctions à l’égard de secteurs supplémentaires de l’Iran ») ;
Décret exécutif 13949 du 21 septembre 2020 (« Blocage de biens de certaines personnes à l’égard des activités conventionnelles d’armement de l’Iran »)

LICENCE GÉNÉRALE 134B

Autorisation de la livraison et de la vente de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine de la Fédération de Russie chargés sur des navires au 17 avril 2026(a) Sauf disposition contraire prévue au paragraphe (b) de la présente licence générale, toutes les transactions interdites par les autorités mentionnées ci-dessus qui sont ordinairement accessoires et nécessaires à la vente, à la livraison ou au déchargement de pétrole brut ou de produits pétroliers d’origine de la Fédération de Russie chargés sur un navire quelconque (y compris les navires bloqués en vertu des autorités susmentionnées), le 17 avril 2026 ou avant 12 h 01, heure avancée de l’Est, sont autorisées jusqu’au 16 mai 2026 à 12 h 01, heure avancée de l’Est.Note 1 au paragraphe (a). Les transactions ordinairement accessoires et nécessaires à la vente, à la livraison ou au déchargement de ces produits pétroliers incluent les transactions pour l’amarrage et l’ancrage sûrs des navires transportant ces produits ; la préservation et l’ancrage ou la sécurité de l’équipage de tout navire ; les réparations d’urgence ou les activités de mitigation environnementale ou de protection relatives à un tel navire ; et les services tels que la gestion des navires, l’équipage, le soutage, l’immatriculation, le pilotage, l’assurance, la classification et le sauvetage. Le pétrole brut et les produits pétroliers d’origine de la Fédération de Russie visés par la présente licence générale incluent ceux produits par des entités sanctionnées en vertu des Règlements sur les sanctions relatives aux activités étrangères nuisibles de la Russie, 31 CFR partie 587, ou des Règlements sur les sanctions liées à l’Ukraine/Russie, 31 CFR partie 589.


Pourquoi ?


Le marché mondial du pétrole est sous tension extrême depuis le blocus d’Ormuz. L’Iran exportait environ 1,5 million de barils/jour avant l’escalade ; une grande partie transitait via la « flotte fantôme » russe et chinoise. En autorisant le pétrole russe déjà chargé (et donc déjà en mer), Washington évite un choc supplémentaire sur les prix du brut. C’est une mesure de stabilisation : on étrangle l’Iran sans faire exploser les cours mondiaux ni pénaliser les alliés qui achètent du pétrole russe à prix réduit.


Kirill Dmitriev, proche de Poutine, présente cela comme la preuve que « la coopération économique et énergétique américano-russe va se poursuivre ». Dans un contexte où Trump cherche à sortir de l’enlisement ukrainien et à recentrer les efforts sur la Chine, cette licence est un geste de déconfliction limité mais concret. Elle ne lève pas les sanctions structurelles, elle crée juste une fenêtre de 30 jours pour les cargaisons déjà en route.


Au même moment, la marine américaine bloque physiquement les tankers iraniens. L’administration Trump applique donc une double approche de pression maximum contre l’Iran (blocus naval + sanctions) et de flexibilité tactique avec la Russie pour maintenir la stabilité énergétique mondiale.

L’idée est que le sang coule certes mais peu importe le petrole est plus important!

C’est un soulagement immédiat pour plusieurs cargaisons déjà chargées. Les raffineries indiennes et chinoises peuvent continuer à recevoir du brut russe sans crainte de sanctions secondaires pendant un mois.

Pour les marchés c’est un message : les prix du pétrole devraient rester sous contrôle à court terme. C’est un signal anti-choc pétrolier.

Le monde est entré dans une phase de « transactionnalisme » cynique pur. Les sanctions ne sont plus idéologiques mais instrumentales.

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