Editorial important. La militarisation de l’IA, la République technologique, de Palantir et Karp est un fascisme super évolué .

Au secours! Enfermez les!

La militarisation de l’IA, la République technologique, selon Palantir et Karp

La République technologique, en bref.

  1. La Silicon Valley a une dette morale envers le pays qui a rendu son essor possible. L’élite des ingénieurs de la Silicon Valley a l’obligation positive de participer à la défense de la nation.
  2. Nous devons nous rebeller contre la tyrannie des applications. L’iPhone est-il notre plus grande réussite créative, sinon notre couronnement en tant que civilisation ? Cet objet a changé nos vies, mais il limite peut-être aussi notre perception du possible.
  3. La gratuité du courrier électronique ne suffit pas. La décadence d’une culture ou d’une civilisation, et même de sa classe dirigeante, ne sera pardonnée que si cette culture est capable d’assurer la croissance économique et la sécurité de la population.
  4. Les limites du soft power, de la seule rhétorique enflammée, ont été mises en évidence. La capacité des sociétés libres et démocratiques à triompher exige bien plus qu’un simple appel à la morale. Elle requiert une force coercitive, et cette force coercitive, au XXIe siècle, reposera sur des outils numériques.
  5. La question n’est pas de savoir si des armes dotées d’intelligence artificielle seront construites, mais qui les construira et dans quel but. Nos adversaires ne s’attarderont pas à des débats théâtraux sur les mérites du développement de technologies ayant des applications militaires et de sécurité nationale critiques. Ils passeront à l’action.
  6. Le service national devrait être un devoir universel. En tant que société, nous devrions sérieusement envisager d’abandonner une armée entièrement composée de volontaires et ne nous engager dans la prochaine guerre que si chacun partage les risques et les coûts.
  7. Si un Marine américain demande un meilleur fusil, nous devons le lui fabriquer ; il en va de même pour les logiciels. Notre pays doit être capable de poursuivre le débat sur la pertinence des interventions militaires à l’étranger tout en restant inébranlable dans son engagement envers ceux à qui nous avons demandé de s’exposer au danger.
  8. Les fonctionnaires n’ont pas à être nos prêtres. Toute entreprise qui rémunérerait ses employés comme le fait le gouvernement fédéral pour ses fonctionnaires aurait du mal à survivre.
  9. Nous devrions faire preuve de beaucoup plus de bienveillance envers ceux qui se sont engagés dans la vie publique. Supprimer toute possibilité de pardon – rejeter toute tolérance pour les complexités et les contradictions de la psyché humaine – risque de nous laisser aux commandes des personnalités que nous finirons par regretter.
  10. La psychologisation de la politique moderne nous égare. Ceux qui cherchent dans l’arène politique de quoi nourrir leur âme et leur identité, ceux qui comptent trop sur l’expression de leur vie intérieure à travers des personnes qu’ils ne rencontreront peut-être jamais, seront déçus.
  11. Notre société est devenue trop prompte à hâter la chute de ses ennemis, et s’en réjouit souvent. La défaite d’un adversaire est un moment de recueillement, non de réjouissance.
  12. L’ère atomique touche à sa fin. Une ère de dissuasion, l’ère atomique, s’achève, et une nouvelle ère de dissuasion fondée sur l’IA est sur le point de commencer.
  13. Aucun autre pays dans l’histoire du monde n’a autant promu les valeurs progressistes que les États-Unis. Certes, ils sont loin d’être parfaits. Mais on oublie facilement combien ce pays offre plus d’opportunités à ceux qui ne font pas partie de l’élite héréditaire que n’importe quel autre pays au monde.
  14. La puissance américaine a permis une paix d’une durée exceptionnellement longue. Trop nombreux sont ceux qui ont oublié, ou qui tiennent pour acquis, que près d’un siècle de paix, sous une forme ou une autre, a régné dans le monde sans conflit militaire entre grandes puissances. Au moins trois générations – des milliards d’êtres humains, leurs enfants et maintenant leurs petits-enfants – n’ont jamais connu de guerre mondiale.
  15. Il est impératif de remédier à la neutralisation de l’Allemagne et du Japon après la guerre. Cette neutralisation de l’Allemagne fut une mesure excessive dont l’Europe paie aujourd’hui le prix fort. Un engagement similaire, tout aussi théâtral, en faveur d’un pacifisme japonais risque, s’il se maintient, de bouleverser l’équilibre des pouvoirs en Asie.
  16. Il convient de saluer ceux qui s’efforcent de construire là où le marché a failli. La culture dominante semble presque se moquer de l’intérêt de Musk pour les grands récits, comme si les milliardaires devaient se contenter de s’enrichir… Toute curiosité ou intérêt sincère pour la valeur de son œuvre est systématiquement ignoré, ou peut-être dissimulé sous un mépris à peine voilé.
  17. La Silicon Valley doit jouer un rôle dans la lutte contre la criminalité violente. Nombre d’hommes politiques américains se sont montrés indifférents face à ce fléau, renonçant à toute tentative sérieuse de s’attaquer au problème et à prendre le moindre risque auprès de leurs électeurs ou donateurs en proposant des solutions et des expérimentations, alors qu’il s’agirait d’un effort désespéré pour sauver des vies.
  18. L’exposition impitoyable de la vie privée des personnalités publiques détourne beaucoup trop de talents du service public. L’arène publique – et les attaques mesquines et superficielles contre ceux qui osent faire autre chose que s’enrichir – est devenue si impitoyable que la République se retrouve avec un nombre considérable de personnes inefficaces et vides, dont on pourrait pardonner l’ambition si elles dissimulaient une quelconque conviction sincère.
  19. La prudence excessive que nous encourageons sans le vouloir dans la vie publique est néfaste. Ceux qui ne disent rien de mal ne disent souvent presque rien.
  20. Il faut s’opposer à l’intolérance généralisée envers les croyances religieuses dans certains milieux. L’intolérance de l’élite envers les croyances religieuses est peut-être l’un des signes les plus révélateurs que son projet politique constitue un mouvement intellectuel moins ouvert que beaucoup en son sein ne le prétendent.
  21. Certaines cultures ont accompli des progrès essentiels ; d’autres demeurent dysfonctionnelles et régressives. Toutes les cultures sont désormais égales. La critique et les jugements de valeur sont interdits. Pourtant, ce nouveau dogme occulte le fait que certaines cultures, voire certaines sous-cultures, ont produit des merveilles. D’autres se sont révélées médiocres, et pire encore, régressives et néfastes.
  22. Nous devons résister à la tentation superficielle d’un pluralisme vide et creux. En Amérique, et plus largement en Occident, nous avons, depuis un demi-siècle, refusé de définir des cultures nationales au nom de l’inclusion. Mais inclusion dans quoi ?

Extraits du best-seller n° 1 du New York Times, La République technologique : Pouvoir dur, croyances douces et avenir de l’Occident, par Alexander C. Karp et Nicholas W. Zamiska

LE FASCISME IMPLICITE DE PALANTIR

Relisons ensemble les 22 points de Karp :

  • La Silicon Valley doit assumer un « devoir de défense » envers l’Amérique.
  • Il faut prioriser la croissance, la sécurité nationale et les outils militaires (y compris l’IA) plutôt que les applications grand public futiles.
  • La démocratie a besoin de « hard power » logiciel.
  • Service national universel, meilleurs outils pour les soldats, réarmement de l’Allemagne et du Japon.
  • Critique du relativisme culturel (« certaines cultures outperform d’autres », « hollow pluralism without identity »).
  • Résistance à l’intolérance religieuse, à l’excès de prudence et à la culture de la destruction des ennemis.

C’est un manifeste techno-nationaliste, pro-défense .

Il prône une alliance étroite entre la tech privée et l’État américain pour maintenir la puissance occidentale.

Il est dangereux, élitiste, militariste ou liberticide sur le plan de la surveillance …c’est le métier de Palantir.

C’est un régime politique et social soft, implicite ,qui impose ses valeurs et le sacrifice des individus et de leur liberté au nom de la Nation, la Defense la Securité, la Grandeur.


Palantir est une entreprise privée cotée en bourse soumise à la dictature ultime du capital, du profit, de la plus value, et de l’accumulation sans fin et elle elle se propose:

  • d’imposer par la force un sacrifice individuel,
  • d’abolir plus ou moins les élections ou les libertés publiques,
  • d’instaurer une sorte d’abstraction qui joue le role de chef ou un parti unique
  • de transformer les citoyens en rouages d’une machine totalitaire.

C’est un appel à l’engagement volontaire au service d’une élite technologique elle même au service de lintérêt national tel qu’elle même le definit c’est à dire comme puissance; or la puissance n’est pas forcement l’intérêt national! !

C’est du nationalisme techno-capitaliste, super fascisme par l’intériorisiation des contraintes et la « réecriture » des sujets politiques au sens lacanien .

La Technological Republic de Palantir est un fascisme si on le voit sous l’angle libertarien, celui de l’individu souverain: celui dont on nous vantait les mérites du temps ou c’était le libéralisme qui était à la mode parce qu’il convenait aux élites !

Je definis « libertarien » comme celui qui place l’individu comme seule vérité concrète.

Jean Bodin l’avait déjà compris : l’homme est la mesure de toutes choses. Pas la Nation, pas la « grandeur », pas la Tech, pas même la « démocratie » ou l’« IA de dissuasion ».

L’individu libre, autonome, propriétaire de lui-même. C’est la seule réalité tangible. Tout le reste est construction, abstraction et reification d’abstraction – idéologie, État, entreprise, collectif – ne sont que constructions abstraites qui, exigeant du sacrifice, deviennent tyranniques.

C’est précisément pourquoi la liste des 22 commandements d’Alexander Karp, publiée par Palantir comme manifeste de sa Technological Republic, constitue un fascisme post-moderne, clair et assumé.

Non pas au sens historique poussiéreux des manuels scolaires (parti unique, corporatisme, chemises noires, dictateur moustachu), mais selon la définition philosophiquement supérieure et plus profonde : le fascisme est tout régime, toute idéologie ou toute entreprise qui considère que l’individu doit se sacrifier pour une entité extérieure à lui – la Nation, la Grandeur, la Sécurité, l’Économie, l’Idéologie tech, peu importe le nom qu’on lui donne.

Dé-lisons les 22 points de Karp .

Chaque ligne suinte le même poison : l’individu doit s’effacer.

  1. « Silicon Valley owes America a defense duty. »
    Traduction libertarienne : tes talents, ton code, ton capital intellectuel ne t’appartiennent plus. Tu as une « dette » envers une abstraction appelée « America ». Sacrifice exigé.

2, 3, 4. « We must move beyond consumer app obsession. Growth and security matter more than free email. Democracy needs software-powered hard power. »
Ton désir de créer des applications qui rendent la vie des gens plus agréable ? Futilité petite-bourgeoise. L’important, c’est la « croissance » et la « sécurité » nationales, servies par une « hard power » logicielle. L’individu créateur doit se reconvertir en soldat du complexe techno-militaire.

5, 12. « AI weapons will be built; purpose matters. AI deterrence is replacing atomic deterrence. »
L’IA va devenir une arme. Inévitable. Ton génie algorithmique doit donc servir la dissuasion nationale, pas ton projet personnel. Sacrifice de l’innovation libre au profit de la puissance étatique.

  1. « National service should be universal. »
    Service national obligatoire. L’individu comme ressource conscriptible. Point final. Le corps et le temps de chacun appartiennent à la collectivité.

7, 17. « Soldiers deserve better tools, including software. Silicon Valley should help fight violent crime. »
Tes compétences ne servent plus l’individu qui les possède, mais le soldat et le policier. Tu deviens un fournisseur de puissance répressive au service de l’État.

13, 14, 15, 21, 22. « America expanded opportunity… American power helped preserve long peace. Germany and Japan should rearm more. Some cultures outperform others; relativism obscures this. Hollow pluralism without identity should be resisted. »
Ici, le culte de la « grandeur » nationale et culturelle devient explicite.

Certaines cultures sont supérieures ? Parfait, mais cela justifie que l’individu se dissolve dans la défense de cette hiérarchie. Le « pluralisme creux » sans identité forte doit être combattu.

Autrement dit : ton identité individuelle, tes choix de vie, tes valeurs personnelles sont secondaires face à l’identité collective supérieure.

Le reste (points 8, 9, 10, 11, 16, 18, 19, 20) ne fait que compléter le tableau.

Tout cela forme un système cohérent : l’individu n’est plus une fin en soi. Il est un moyen au service d’une entité supérieure – ici, la «Technological Republic», fusion de la Silicon Valley, du Capital Financier et de l’État américain, drapée dans les oripeaux de la « défense de la démocratie » et de la « paix longue ».

Je le dis sans détour: c’est du fascisme. Du fascisme post moderne.

Pas parce que Palantir porte des bottes ou fait le salut romain, mais parce qu’il exige exactement ce que tout fascisme exige : que l’individu se sacrifie pour une grandeur qui le dépasse.

Que ce soit la Nation, le Progrès tech, la Sécurité ou la « culture qui outperform », le mécanisme est identique : l’individu est nié comme mesure de toutes choses.

Karp et Palantir ne proposent pas une simple opinion politique. Ils proposent une nouvelle religion séculière où l’ingénieur, le data scientist, le fondateur deviennent des prêtres-soldats au service de l’entité collective. Et ils ont les moyens de l’imposer : contrats gouvernementaux, algorithmes de surveillance, influence politique massive. leur obkectif est de réécrire l’Homme, l’individu comme sujet d’un maitre, d’un imaginaire .

Face à cela, la seule réponse autentiquement humaine, individuelle digne de ce nom est le refus radical :
Non. Mon code, mon talent, mon temps, ma vie m’appartiennent.


Je ne dois rien à la « Technological Republic » ou à aucune abstraction qui prétend me dépasser. Oui j’ai une dette , tous les individus ont une dette mais c’est vis à vis de l’Humanité toute entière , vis à vis des générations qui nous ont précédé. Oui au Maitre, au grand Maitre , qui est le Symbolique, la Verité, la Raison , la Morale mais ce n’est pas un maitre, un maitre produit par le régime du capitalisme financier maintenant technologisé!

L’homme est la mesure de toutes choses.
Le reste n’est que fascisme déguisé en PowerPoint.

Une réflexion sur “Editorial important. La militarisation de l’IA, la République technologique, de Palantir et Karp est un fascisme super évolué .

  1. Ils ne sont que des « hit men » en puissance et leur modèle social un hit leurre.

    Et, comme toujours, ils se drapent dans une « Cause » comme le loup s’habille en grand mère.

    Cordialement

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