Charles Gave

je ne comprends plus rien à certains marchés


Beaucoup de gens, sans doute mal informés, me considèrent comme un éminent spécialiste des marchés financiers.
Et je dois reconnaitre que cela fait près de 60 ans que j’essaie de comprendre pourquoi ces machins la bougent dans tous les sens et parfois, il m’arrive de formuler des hypothèses sur le fonctionnement des marchés qui se révèlent fonctionner dans la réalité et donc, à défaut d’une compétence certaine, je peux faire état d’une certaine expérience.
Comme le disait une vieille dame de mon entourage dans ma jeunesse « quand je me vois, je me désole. Quand je vois les autres, je me console »
Il n’en reste pas moins que tout au long de ma carrière il m’est arrivé de me trouver dans des situations ou je ne comprenais riena certains marchés et c’est un peu le cas aujourd’hui avec les marchés obligataires américains, français ou Britanniques
Je m’explique
Quand vous achetez une obligation (un contrat) vous attendez deux choses :

  1. Un revenu nominal régulier égal au rendement de l’obligation le jour où vous l’avez acheté.
  2. Le remboursement de votre capital a la fin du contrat.
    Les Anglo saxons disent que vous attendez une rentabilité sur votre capital (return ON capital) et le remboursement de votre capital (return OF capital).
    Et c’est la que je commence a avoir des problèmes.
    Bien évidemment, quand vous achetez une obligation émise par la confédération Helvétique vous n’avez aucun doute sur le remboursement final de vos obligations, et il en était de même il n’y a pas si longtemps pour leurs consœurs américaines, française ou britanniques.
    Mais depuis un certain temps, j’ai de sérieux doutes sur la capacite de ces trois pays a ] à servir les intérêts sur cette dette voire à rembourser leurs dettes dans le futur
    Prenons un exemple, la France.
    · La dette du gouvernement français atteint la somme pharamineuse de 3500 milliards, soit 116 % du PIB et le service annuel de cette dette requiert 60 milliards par an, soit des paiements d’intérêts égaux a 1.70 % de la dette.
    · Pourquoi les chiffres sont-ils si faibles ? Parce que la duration moyenne de la dette française est longue (8 ans) et que le Tresor a beaucoup emprunté quand les taux étaient a zéro ou négatifs. Les taux d’intérêts aujourd’hui sont a 3. 40 %.
    · Mécaniquement, si les taux d’intérêts restent a 3. 4%, et a stock de dette égal, le service de la dette devrait atteindre 120 milliards d’ici 5 ans.
    · Mais le stock de dette continue d’augmenter. En 2025 le déficit annuel a atteint 250 milliards d’euro soit 5.2 % du PIB. Si, hypothèse optimiste, nous restons a 250 milliards pendant 4 ans cela rajoutera 1000 milliards de dettes à notre endettement, et si les taux restent a 3. 5 % (ce dont je doute) le service de la dette passera a 180 milliards par an, dont 60 % fileront à l’étranger, chez nos créditeurs.
    · L’accroissement de la richesse (la hausse du PIB) et en particulier la hausse du PIB du secteur privé sera très inférieure à ce chiffre et donc le niveau de vie des français va baisser de façon considérable et ce phénomène a déjà commencé.
    · Ce qui entrainera une récession et une hausse considérable du déficit budgétaire et nous amènera a la catastrophe un peu plus tôt que dans mon hypothèse de base
    · Et n’oublions pas que chaque année environ quelques centaines de milliards de dettes arrivent a échéance, et que, comme nous n’avons pas le moindre sou de coté, cette dette il faut la réémettre.
    · Et donc ce n’est pas 250 milliards qu’il faudra lever, mais plutôt 500 milliards
    · Et qu’est qui se passe si des anciens souscripteurs demandent le remboursement ?
    Et les mêmes mécanismes vont se dérouler en Grande-Bretagne, aux USA, peut être en Italie.
    Et donc, pour corriger ce que j’ai dit un peu plus haut, je comprends très bien ce qui va se passer
    Ce que je ne comprends pas c’est la placidité actuelle des marches obligataires

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