Ne manquez pas, Berletic expose son cadre d’analyse

L’entretien de Brian Berletic avec Glenn Diesen

« Les États-Unis préparent l’Europe à la guerre contre la Russie »Dans une discussion récente diffusée le 29 avril 2026 sur la chaîne YouTube de Glenn Diesen, l’analyste géopolitique Brian Berletic (ancien Marine américain et animateur de The New Atlas) revient avec le professeur norvégien Glenn Diesen pour décortiquer la stratégie américaine actuelle.

Le titre de l’entretien est sans ambiguïté : « Brian Berletic : Les États-Unis préparent l’Europe à la guerre contre la Russie ».

Loin d’être une simple analyse de la guerre en Ukraine, cet échange de plus d’une heure expose une vision systémique : les États-Unis poursuivent une stratégie de séquençage visant à affaiblir un adversaire à la fois, en utilisant leurs alliés comme proxies tout en préservant leurs propres forces pour les confrontations futures (Iran puis Chine).

1. La « division du travail » américaine : l’Europe en première ligne

Berletic explique que Washington applique une logique déjà rodée : faire porter le poids des conflits par d’autres. Il cite explicitement la déclaration du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth début 2025 : l’Europe doit désormais assumer seule la guerre par procuration contre la Russie en Ukraine, afin que les États-Unis puissent pivoter vers d’autres théâtres.

Cette stratégie s’appuie sur le célèbre rapport Rand de 2019 Extending Russia: créer des dilemmes permanents à Moscou, couper les exportations énergétiques russes vers l’Europe et rendre cette der,ière dépendante du GNL américain.

La guerre a rendu viable ce qui était économiquement irréaliste en temps de paix.

Berletic est catégorique :

« Il n’y a jamais eu la moindre intention de la part des États-Unis de faire la paix avec la Russie. »

L’Europe n’est pas seulement un allié : elle est formatée pour une confrontation directe. Des signes concrets apparaissent déjà (interceptions potentielles de drones russes par des avions britanniques, production d’armements répartie entre l’Europe et les États-Unis, etc.).

2. Le même schéma se répète en Asie et au Moyen-Orient

Berletic établit un parallèle frappant avec l’Iran et la Chine. La guerre contre l’Iran vise à perturber les exportations énergétiques vers l’Asie, en particulier vers la Chine (qui importe la moitié de son énergie du Moyen-Orient).

Résultat : le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam seront contraints d’acheter du GNL américain, exactement comme l’Europe après la rupture avec la Russie.

En Asie, les États-Unis entourent la Chine de pays hostiles et dépendants (militarisation des Philippines, réarmement du Japon, etc.). L’objectif est clair : transformer l’Europe et l’Asie en « bélier » contre les puissances rivales.

« C’est simplement ce que les États-Unis font en Asie ce qu’ils ont déjà fait en Europe : couper l’Europe de la Russie par la guerre et maintenant couper l’Asie du Moyen-Orient par la guerre. »

3. La capture des élites et la mort de la diplomatieUn des points les plus percutants de l’entretien concerne la capture politique de l’Europe.

Berletic et Diesen soulignent que les institutions européennes (bureaucratie bruxelloise, manipulations référendaires, etc.) ont privé les États-nations de leur souveraineté, facilitant ainsi le contrôle américain.

La diplomatie est morte en tant qu’outil de résolution des conflits entre rivaux. Les accords de Minsk, d’Istanbul ou les négociations avec l’Iran n’étaient, selon eux, que des leurres permettant de gagner du temps.

Les intérêts structurels américains – complexe militaro-industriel et Big Oil – exigent une guerre permanente.

4. Conclusion : multipolarité ou le triste chaos ?

Pour Berletic, la seule issue réside dans la multipolarité réelle, même si la transition sera coûteuse et violente :

« La multipolarité est une réalité… C’est notre seul espoir. »

Il reconnaît cependant que les rivaux (Russie, Chine, Iran) sont préparés (défense en mosaïque iranienne, Belt and Road chinois), mais que les États-Unis ne renonceront pas facilement à leur hégémonie.

Cette discussion, claire, documentée et sans concession, s’inscrit dans la lignée des analyses les plus lucides sur la stratégie américaine post-« America First ».

Vous savez que j’apprecie Berletic , il est cohérent, honnête et ne « tire » pas sur les faits; il a un cadre analytique et jusqu’à présent c’est celui qui me parait rendre le meilleur compte des évènements disparates .

Il montre que la guerre en Ukraine n’est ni un accident ni un conflit local, mais un maillon d’une chaîne plus large visant à maintenir l’ordre unipolaire par la force.

Pour ceux qui veulent comprendre les dynamiques profondes derrière l’actualité internationale – au-delà des récits médiatiques dominants –, cet échange est incontournable.

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