Escalade. Les États-Unis affirment qu’ils utiliseront le missile hypersonique « Dark Eagle » contre l’Iran

Les États-Unis affirment qu’ils utiliseront le missile hypersonique « Dark Eagle » contre l’Iran

Le missile hypersonique « Dark Eagle » est lancé depuis des lanceurs terrestres mobiles et a une portée de 2 700 km (certaines affirmations disent plus de 3 000 km).

Il est encore en développement ;

Le missile est principalement conçu pour contourner les défenses chinoises (A2AD) à l’intérieur de la Chine en cas de future guerre d’agression américaine contre la Chine ;

Le déploiement en Iran serait un test car les Etats Unis n’ont pas une capacité durable, ils ne produisent qu’un missile par mois et, à l’avenir, ne prévoient d’en produire que deux par mois à un coût estimé de 41 millions USD par missile, et le fait est qu’il est encore techniquement en développement avec seulement une poignée de tests réussis effectués.

Bien qu’il n’y ait qu’une poignée de ces missiles, si l’Iran est laisséE vulnérable à leur utilisation, cela pourrait causer des dommages graves à des installations spécifiques. L’histoire de la chasse aux lanceurs avec ces missiles ne tient pas la route et il y a très probablement une autre cible qu’ils cherchent à utiliser contre cela ;

Le test – tout comme son utilisation de drones LUCAS – est une voie à double sens. Il donnerait aux États-Unis un aperçu de leurs propres capacités d’armes, mais aussi à l’Iran et à ses alliés russe et chinois.

Berletic et d’autres analystes,comme Mark Sleboda, ont averti pendant des années, que même si les États-Unis avancent lentement, s’ils ont suffisamment de temps et si le monde multipolaire ne s’organise pas assez rapidement, même le développement lent de ces systèmes produira finalement des résultats.

Cette décision si elle était mise en œuvre ajouterait plus de crédibilité à l’idée que les États-Unis se précipitent de manière imprudente avec leurs plans pour réaffirmer la primauté mondiale à tout prix. Ils ne sont pas en train de se retirer ou de s’adapter sous quelque forme que ce soit, ils veulent réaffirmer leur leadership et maintenir le statu quo ancien.

Cette manœuvre s’inscrit dans une logique plus vaste : les États-Unis ne semblent pas opter pour un retrait ou une adaptation pragmatique à la multipolarité émergente.

Au contraire, ils accélèrent des programmes coûteux et risqués pour réaffirmer leur supériorité technologique et militaire à tout prix.

Le Dark Eagle en Iran n’est pas seulement une réponse tactique à un conflit régional ; c’est aussi un signal stratégique adressé à l’ensemble des adversaires potentiels, notamment la Chine.

Le rapport du CRS au Congrès appelle à une surveillance accrue des coûts, des tests opérationnels et des stocks. Le Congrès devra évaluer si ce programme, malgré ses avancées techniques, justifie les investissements massifs dans un contexte budgétaire contraint et face à des rivaux qui déploient déjà des systèmes matures en plus grand nombre.

En définitive, la possible utilisation du Dark Eagle contre l’Iran illustre à la fois les progrès – réels mais limités – de la technologie hypersonique américaine et les risques d’une stratégie qui privilégie la démonstration de force sur la durabilité industrielle.

Dans un monde où la multipolarité s’affirme, ce type de manœuvre pourrait bien accélérer, plutôt que freiner, la course aux armements hypersoniques.

L’avenir du programme dépendra non seulement de ses performances techniques, mais aussi de la capacité des États-Unis à en produire à une échelle stratégique.

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