Gilbert Doctorow alerte sur un blocus naval européen contre la Russie : vers une guerre Europe-Russie ?
Dans une interview récente diffusée le 1er mai 2026 sur la chaîne YouTube de Glenn Diesen, l’analyste politique Gilbert Doctorow, spécialiste reconnu des relations russo-européennes, dresse un tableau alarmant de l’escalade en cours entre l’Europe et la Russie.
Intitulée « European Naval Blockade on Russia? Europe-Russia War Coming », la discussion met en lumière ce que Doctorow décrit comme une « somnambulie » des dirigeants européens qui risquerait de plonger le continent dans un conflit direct avec Moscou, voire une troisième guerre mondiale.
L’escalade est progressive mais dangereuse. Selon Doctorow, le conflit en Ukraine a depuis longtemps dépassé le cadre d’une « opération militaire spéciale » russe.
Il évoque la nouvelle doctrine nucléaire russe de novembre 2024, qui abaisse le seuil d’utilisation de l’arme atomique face aux pays fournissant des missiles à longue portée à Kiev.
Pour lui, les frappes répétées sur les infrastructures russes (raffineries, ports) ne sont plus le fait isolé de l’Ukraine, mais le résultat d’un soutien actif de l’OTAN via le renseignement et les drones.Il cite notamment les drones de l’OTAN qui surveillent désormais les côtes de la mer Noire et les autorisations accordées par les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) pour que des drones ukrainiens survolent leur territoire afin d’attaquer les ports russes de la Baltique. « Quand les Estoniens, les Lettons et les Lituaniens permettent à des drones ukrainiens de survoler leur territoire pour attaquer les ports russes de la Baltique, on entre en guerre », affirme-t-il sans détour comme Medvedev.
Le point central de l’intervention de Doctorow concerne l’initiative récente menée par le Royaume-Uni : une coalition de dix pays européens qui se prépare à une surveillance et à des actions navales contre la « flotte fantôme » russe (navires contournant les sanctions) et même contre des navires civils.
Doctorow y voit un véritable blocus naval en préparation, potentiellement étendu à une menace d’invasion de Kaliningrad.Pour lui, il s’agit d’un casus belli clair au regard du droit international. La Russie, selon ses analyses, pourrait répondre symétriquement en imposant un blocus sur les ports européens.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déjà averti que de telles mesures seraient considérées comme un acte de guerre. Doctorow insiste : tant que la direction russe actuelle « tend l’autre joue » face aux avancées européennes et de l’OTAN, l’escalade continuera. Mais il doute que Moscou puisse reculer encore longtemps.
Doctorow met en garde contre les conséquences d’une politique de retenue russe perçue comme une faiblesse :
- Soit Poutine est renversé par ses propres collègues entraînant une contre-attaque violente.
- Soit la Russie choisit une réponse militaire ciblée contre des actifs de l’OTAN (par exemple une base allemande en Lituanie), comme le recommande le politologue russe Sergueï Karaganov : « Soit vous l’utilisez, soit vous la perdez ».
Il cite également l’économiste américain Paul Craig Roberts pour souligner que la retenue ne fait qu’encourager l’adversaire à aller plus loin, jusqu’à une guerre généralisée.
Doctorow rappelle que l’Europe manque cruellement de munitions et d’armements modernes pour soutenir un conflit prolongé : « L’Europe ne pourrait tenir que quelques jours sans l’aide américaine ». Or, sous une éventuelle administration Trump, cette aide ne serait pas garantie, les États-Unis exigeant que les alliés augmentent leurs dépenses de défense à 5 % du PIB.
L’Europe « marche vers la guerre en dormant »! Pour Gilbert Doctorow, les dirigeants européens sont en train de « sleepwalk into a war with Russia » (marcher en dormant vers une guerre avec la Russie). Il critique une politique qui ignore les lignes rouges russes et qui, sous couvert de soutien à l’Ukraine, conduit inexorablement à un affrontement direct.
L’analyste conclut sur une note sombre : sans un changement radical d’attitude à Bruxelles et dans les capitales européennes, le risque d’une guerre Europe-Russie – et potentiellement d’un conflit mondial – devient de plus en plus concret.