La banque centrale, la Fed n’est plus aux commandes : un mythe qui s’effondre. Comme le disait Greenspan en 2006,: « la monnaie nous ne savons plus très bien ce que c’est » et comme je l’ai ajouté à cette époque, les démiurges, les apprentis sorciers ont perdu le contrôle de leurs créatures.
Beaucoup de gens, notamment des sénateurs, se sont ’inquiètent du choix du prochain patron de la Réserve fédérale (la Fed). Ils se demandent si Kevin Warsh sera indépendant ou s’il sera la « marionnette » de quelqu’un.
Pourtant, Michael Howell, expert des marchés que je suis régulièrement , la banque centrale n’est plus centrale en rien. C’est devenu un mythe.
Jeffrey Snider, un autre analyste très respecté que je suis également , dit exactement la même chose depuis longtemps. Le vrai pouvoir a changé de mains.
Autrefois, on pensait que la Fed contrôlait tout grâce à son taux d’intérêt principal. En le baissant ou en le remontant, elle pouvait accélérer ou ralentir l’économie, les bourses et les crédits.
Aujourd’hui, ce n’est plus vrai.
Ce qui influence vraiment l’économie et les marchés, ce n’est pas le taux décidé par la Fed. C’est le marché des obligations d’État américaines les bons du Trésor.
Et plus précisément, la volatilité de ces obligations : à quel point leurs prix montent et descendent brutalement d’un jour à l’autre.
Quand ces obligations deviennent très instables, les risques changent,les capacités bilantielles se contractent, le coût de l’argent change pour tout le monde : entreprises, particuliers, banques. Cela touche directement l’économie réelle et la Bourse.
Le Trésor américain est devenu le vrai chef d’orchestre.
Le grand changement, c’est que le ministère des Finances américain (le Trésor) a pris le rôle principal.
En émettant de nouvelles dettes ou en rachetant d’anciennes obligations, le Trésor injecte ou retire de l’argent du marché, il controle et manipule.
Cette gestion de l’énorme dette publique agit comme une véritable politique monétaire.
On parle parfois d’« assouplissement quantitatif du Trésor ».Résultat : la Fed parle, fait des réunions et des discours… mais c’est le Trésor qui fait vraiment bouger les choses.
La Fed a été marginalisée.
L’indicateur à suivre au lieu des discours des gnomes de la Fed, c’est l’indice MOVE.
Inutile de scruter chaque mot du FOMC (le comité de la Fed). Le vrai signal, c’est l’indice MOVE. C’est un chiffre simple qui mesure l’instabilité du marché des obligations américaines sur toute la courbe des taux. Je vous en parle souvent quand je me fais l’echo des travaux de Howell.
- Quand le MOVE monte et qu’il y a beaucoup d’agitation sur les obligations les conditions financières sont plus difficiles.
- Quand le MOVE baisse et que le calme revient les conditions sont plus favorables.
C’est cet indice qui donne le vrai pouls de l’économie, pas les communiqués de la Fed.
HOWELL
LE 7 MAI
La destitution de la Fed : pourquoi ce sont les mouvements, et non le FOMC, qui pilotent les marchés
Contrairement aux craintes de certains sénateurs, le futur président de la Réserve fédérale, Walter Warsh, n’est la marionnette de personne. Mais là n’est pas le véritable enjeu. Le fait marquant est que la Réserve fédérale elle-même a été marginalisée. Les principaux facteurs déterminants des conditions financières sont désormais la volatilité des obligations et la gestion de la dette du Trésor – ce que l’on appelle l’« assouplissement quantitatif du Trésor ».
Ce qui influence l’économie et les marchés boursiers, ce n’est pas le taux des fonds fédéraux, mais le marché obligataire. Et non pas les rendements obligataires en tant que tels , mais la volatilité des obligations (la dérivée seconde des prix).
Il convient de suivre l’ indice MOVE (Merrill Lynch Option Volatility Estimate), qui mesure la volatilité implicite des options sur les bons du Trésor américain sur l’ensemble de la courbe des taux, et non les déclarations du FOMC. Le Trésor américain, par le biais de sa politique de rachats et d’émissions, est de facto devenu la nouvelle autorité monétaire.