Jeffrey Gundlach tire la sonnette d’alarme: le crédit privé est le nouveau Far West

Jeffrey Gundlach tire la sonnette d’alarme : le crédit privé est le nouveau Far West

Dans une interview explosive accordée à Bloomberg le 6 mai 2026, Jeffrey Gundlach, le PDG de DoubleLine Capital et l’un des investisseurs les plus respectés de Wall Street, n’a pas mâché ses mots : le marché du crédit privé est en train de reproduire la crise des subprimes de 2007, mais cette fois avec des investisseurs particuliers piégés.

La finance réussit ce que lui avait conseillé Greenspan; disséminer le risque sur le public!

Les intermédiaires sont motivés par les commissions, pas par le service de leurs clients explique Gundlach.

Gundlach dénonce sans détour les conseillers financiers et les intermédiaires qui ont poussé les particuliers vers les fonds de crédit privé et autres produits « semi-liquides » :

« Il est clair que les prospectus évoquaient le mécanisme de restriction, mais j’ai l’impression que les intermédiaires financiers […] n’ont pas fourni d’explications. Les produits sont restés opaques et n’ont pas été décrits en détail. C’est pourquoi tout le monde veut récupérer son argent : ils commencent à réaliser qu’ils risquent d’être perdants. »

Il pointe surtout le terme « semi-liquide », qu’il qualifie de trompeur :

« Semi-liquide est un terme plutôt trompeur. La moitié du temps, c’est liquide. C’est liquide quand on ne veut pas de son argent, et c’est illiquide quand on le veut. »

L’analogie du Far West : le retour des profiteurs et des escrocsGundlach compare la situation à une petite ville paisible de 1840 où tout le monde vivait en confiance… jusqu’à la découverte d’or. Soudain débarquent profiteurs, escrocs et vauriens attirés par l’argent facile. Les portes se ferment, les meurtres augmentent, le shérif est dépassé.

« Un jour, on découvre de l’or à cinq kilomètres de là. Et tout à coup, tous les profiteurs, les escrocs, les vauriens affluent […] Le shérif… complètement dépassé. »

Et quand la journaliste lui demande qui jouera le rôle de Gary Cooper pour remettre de l’ordre :

« Le marché sera Gary Cooper. C’est le marché qui inflige la douleur. »

Son avertissement va plus loin. Gundlach s’inquiète aussi de l’explosion des déficits américains et du marché des bons du Trésor.

Il craint que des années de conditions ultra-laxistes et de garanties publiques n’aient permis à des acteurs malhonnêtes d’envahir le crédit à haut risque, évincant les investisseurs prudents et responsables.

Il se demande ouvertement si l’endettement accumulé n’est pas beaucoup plus systémique qu’on ne veut bien l’admettre.

Le message est clair. Le crédit privé, présenté comme une alternative « sophistiquée » et rentable, est en réalité devenu un piège à investisseurs particuliers. Les portes de sortie sont en train de se refermer. Et cette fois, ce ne sera pas une banque centrale ou un régulateur qui sauvera la mise.

Ce sera le marché lui-même qui fera justice.


Et comme toujours dans le Far West, ça risque de faire très mal.Gundlach n’est pas du genre à crier au loup pour rien. Quand il parle, Wall Street écoute. Cette interview du 6 mai pourrait bien être le premier coup de sifflet avant la vraie tempête.

6 mai – Bloomberg :

« Jeffrey Gundlach, PDG de DoubleLine Capital, a soulevé des questions pertinentes concernant les conseillers financiers et autres intermédiaires qui ont orienté des investisseurs particuliers vers le crédit privé et d’autres fonds dits semi-liquides. Il a laissé entendre que leur motivation était autant liée aux honoraires élevés qu’aux intérêts de leurs clients. « Il est clair que les prospectus évoquaient le mécanisme de restriction, mais j’ai l’impression que les intermédiaires financiers, pas tous bien sûr, mais suffisamment d’entre eux, n’ont pas fourni d’explications », a-t-il déclaré… « Les produits sont restés opaques et n’ont pas été décrits en détail », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi tout le monde veut récupérer son argent : ils commencent à réaliser qu’ils risquent d’être perdants. » Gundlach s’est notamment insurgé contre les sociétés de crédit privé qui qualifient leurs fonds de « semi-liquides ». « Semi-liquide est un terme plutôt trompeur », a-t-il déclaré. « La moitié du temps, c’est liquide. C’est liquide quand on ne veut pas de son argent, et c’est illiquide quand on le veut. »

Gundlach le credit privé aux subprimes de 2007.

Gundlach : « J’ai utilisé l’analogie du Far West. C’est ce qui, je crois, explique vraiment la situation en termes simples. Imaginez une jolie petite ville – nous sommes en 1840. À la frontière, il y a cette petite ville. Principalement des fermiers vivant de la terre. Et ce sont tous des gens pieux. Il y a un shérif au grand cœur. Un peu comme Gary Cooper dans Le Train sifflera trois fois. Et la criminalité est faible. De temps en temps, il y a un meurtre passionnel. Personne ne ferme sa porte à clé. On n’a pas à s’en soucier. Mais un jour, quelque chose se produit. On découvre de l’or à cinq kilomètres de là. Et tout à coup, tous les profiteurs, les escrocs, les vauriens – ils affluent. Ils ne sont pas tous des vauriens. Mais une bonne partie d’entre eux le sont. Ils viennent ici pour faire fortune et repartir aussitôt. Soudain, il y a des meurtres – il faut fermer sa porte à clé. Il faut barricader sa porte. Le shérif… » « Complètement dépassés. »

Romaine Bostick de Bloomberg : « Qui va redresser la situation cette fois-ci ? Qui va jouer le rôle de Gary Cooper ? »

Gundlach : « Le marché sera Gary Cooper. C’est le marché qui inflige la douleur… »

Gundlach s’est également exprimé avec prudence sur le marché des bons du Trésor, évoquant la possibilité de mesures draconiennes qui pourraient s’avérer nécessaires face à l’explosion des déficits.

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