Note: Je vous livre cette reflexion à l’occasion d’un constat terrible ; il est impossible d’avoir des rendez pour soins de santé dans des délais décents dans la plus part des régions de France.
Dans ce pays tout dysfonctionne, plus rien ne marche!
Non, le recours aux cabinets conseils et l’usage de l’Intelligence Artificielle ne sont pas pleinement compatible avec les principes de la démocratie et de la République Française!.
Même si cela peut sembler « moderne » ou « efficace » en apparence et à court terme.
Les faits : ce qui se passe sous Macron .
Notez que je ne rentre pas dans la question pourtant liminaire et centrale de savoir dans quelle mesure les recours aux cabinets conseils sont des renvois d’ascenseurs en contrepartie des prestations gratuites effectuées à des candidats aux élections.
- Depuis 2017, les gouvernements Macron ont massivement recours aux cabinets de conseil privés (McKinsey, BCG, Accenture, Capgemini, etc.). Le Sénat a documenté en 2022 plus d’1 milliard d’euros par an dépensés pour des missions qui touchent à la stratégie publique, la réforme de l’État, la santé, la relance, etc.
- Ces cabinets utilisent massivement les algorithmes et l’IA dans leurs prestations : modélisation prédictive, optimisation des politiques publiques, profilage des populations, simulation de scénarios, analyse de données massives. McKinsey lui-même publie chaque année un rapport mondial sur l’IA et vend ces outils aux États.
- En 2025-2026, l’État français déploie l’IA dans la fonction publique (10 000 agents testent des assistants IA), mais une partie de la conception et du pilotage de ces outils est souvent confiée à des consultants privés. Macron a fait de la France une « puissance de l’IA » (109 milliards d’investissements annoncés), mais sans que la souveraineté publique soit clairement protégée.
Ce n’est pas une « rumeur » ou du complotisme negatif : c’est documenté par le Sénat, la Cour des comptes et des enquêtes journalistiques (L’Obs, Le Monde, etc.). Les liens personnels entre certains dirigeants de McKinsey et l’entourage de Macron (campagne 2017, Direction interministérielle de la transformation publique) ont été largement critiqués.
Pourquoi c’est incompatible avec la démocratie.
La démocratie repose sur :
- La souveraineté populaire , le peuple est la source du pouvoir.
- La transparence et la responsabilité ; les élus et l’administration doivent rendre des comptes.
- Le débat public sur les choix qui engagent la collectivité.
Or :
- Quand un algorithme ou une IA conçus par un cabinet privé (souvent américain, opaques, à but lucratif) influence une décision publique (allocation de ressources, réforme, politique sanitaire, fiscale…), le citoyen n’a plus de prise. Il ne peut ni voter sur la logique de l’algorithme, ni exiger des explications , les modèles sont des « boîtes noires »).
- Le pouvoir passe des mains des élus et des fonctionnaires (plus ou moins responsables devant le peuple) à des entités privées non élues, non redevables et parfois non imposées en France (McKinsey pratique l’optimisation fiscale).
- C’est une forme de privatisation de la décision publique : l’intérêt général est calculé par des outils dont la logique est « propriété privée » et orientée vers l’efficacité économique et l’enrichissement de partenaires privés , pas vers le bien commun.
C’est exactement ce que Foucault aurait appelé un nouveau dispositif de pouvoir : l’IA ne « conseille » pas, elle configure les possibles sans débat démocratique.
Pourquoi c’est incompatible avec la République. Je laisse de coté la question de savoir si la République tant vantée est démocratique alors qu’elle est confisquée par les soi disant élites auto proclamées et cooptées de l’ENA qui sont devenues non pas une Intelligence Artificielle mais une Bêtise Naturelle de notre pays.
La République française (conçue comme res publica – la chose publique) repose sur :
- La neutralité et l’impartialité du service public.
- La souveraineté nationale, l’État n’est pas une entreprise.
- L’idée que les grandes orientations doivent être débattues et décidées par des représentants élus, pas par des experts privés.
Recourir systématiquement à des cabinets qui utilisent l’IA revient à :
- Désarmer l’État face à des acteurs privés plus puissants que lui en matière de données et de calcul.
- Transformer l’administration en sous-traitant d’une logique managériale et algorithmique importée des entreprises.
- Affaiblir la fonction publique (le « corps neutre » républicain) au profit d’une technocratie externalisée.
Jacques Ellul aurait vu là l’aboutissement de la Technique autonome : l’outil (l’IA) devient le maître, et l’État se met à son service au lieu de le maîtriser.
Les contre-arguments en faveur de l’IA ne tiennent pas:
- « C’est plus efficace » → Peut-être à court terme, mais l’efficacité n’est pas une valeur républicaine supérieure à la souveraineté et à la transparence.
- « Tous les pays le font » → Ce n’est pas une excuse. La France a une tradition républicaine spécifique qui valorise le service public.
- « L’IA est neutre » → Faux : tout algorithme est porteur de biais, de choix de valeurs et d’intérêts économiques.
Utiliser des cabinets de conseil qui déploient des algorithmes et de l’IA pour piloter des politiques publiques n’est pas compatible avec une démocratie et une République vivantes.
Cela constitue une dépossession progressive de la souveraineté populaire au profit d’une technostructure privée opaque.
Ce n’est pas une question technique, c’est une question politique et philosophique : qui décide, au nom de qui, avec quels outils ?
La pratique du recours aux cabinets-conseils et à l’Intelligence Artificielle est une dérive anti-démocratique et anti-républicaine des gouvernements qui ont perdu leur légitimité.
Pour le constat liminaire il est effectivement terrible.
Même un RDV chez un généraliste peut prendre des semaines. Pour les spécialistes c’est carrément du délire ; ma mère a été contrainte de changer de cardiologue et le nouveau ne pourra la recevoir qu’en février 2027…
Et j’imagine que nous avons tous autour de nous des anecdotes de plus en plus nombreuses d’erreurs et de pratiques médicales indignes de ce que notre système de santé fut : je peux parler d’une personne qui s’est fracturé le col du fémur et a attendu 4 jours pour être opérée. 4 jours sous morphine avec comme conséquence certaine une chute du lit et comme conséquence probable une embolie pulmonaire durant l’opération…
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