La Chine s’impose comme une puissance diplomatique silencieuse et indispensable dans la région.
22 mai 2026

Rien n’est encore confirmé ni finalisé, et il ne faut pas sous-estimer les fuites, mais de nombreuses activités laissent penser à un accord.
Quelques points se démarquent :
1. Le rôle discret de la Chine est essentiel. Sans s’impliquer directement dans l’accord, et donc sans assumer aucune responsabilité en cas d’échec, la Chine s’impose comme une puissance diplomatique silencieuse et incontournable dans la région. Pendant que le Premier ministre pakistanais, Asim Munir, se rend à Téhéran, son homologue pakistanais partira prochainement pour Pékin.
2. L’implication régionale dans la médiation est remarquable : le Pakistan, le Qatar, l’Égypte, la Turquie, l’Arabie saoudite et Oman jouent ou ont tous joué un rôle déterminant pour faire avancer les choses. Si un accord est conclu, il bénéficiera d’un soutien régional à l’exception bien sur du soutien d’Israël et des Émirats arabes unis. Il aura une credibilité bien supérieure à celui de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA).
3. Depuis des semaines, des diplomates et des agents du renseignement de la région font des allers-retours à Téhéran. Le rôle du Qatar, en particulier, est remarquable.
4. L’absence de l’Europe est perceptible mais non ressentie, car son insignifiance se normalise.
5. Le nombre de navires traversant le détroit d’Ormuz a augmenté. On ignore pour l’instant s’il s’agissait principalement de pétroliers à destination de la Chine et si cette dernière a payé un droit de passage. Il est toutefois à noter que ces navires franchissent à la fois les blocus iranien et américain.
6. Bien que le chemin soit encore long avant de parvenir à un accord, mes échanges avec des interlocuteurs des deux camps me rendent légèrement plus optimiste, principalement en raison de la flexibilité que je perçois du côté iranien concernant les stocks (malgré l’article de Reuters paru hier). Des idées catégoriquement rejetées il y a deux semaines sont désormais sérieusement envisagées.
7. Si un accord est conclu, Trump devra faire face à de nombreuses critiques de la part des puissants et des pro-israéliens à Washington, mais il sera en excellente position pour convaincre l’opinion publique américaine, dont les préoccupations sont très différentes de celles des puissants…