Le boulet des prélèvements obligatoires en France.

Les prélèvements obligatoires en France : presque la moitié de notre richesse produite part à l’État ?

Un internaute a posté un graphique qui retrace le poids des prélèvements obligatoires en France depuis 1959. En un coup d’œil, on voit une courbe qui monte… et qui reste très haut.

Qu’est-ce qu’un « prélèvement obligatoire » ?C’est tout l’argent que l’on verse obligatoirement à l’État, aux collectivités locales, à la Sécurité sociale ou à l’Union européenne :

  • Vos impôts sur le revenu, la TVA, la taxe foncière, les impôts sur les sociétés…
  • Vos cotisations sociales (retraite, maladie, chômage, famille…).

En résumé : tout ce qui est prélevé avant même que vous touchiez votre salaire ou que vous dépensiez votre argent.

Évolution du taux de prélèvements obligatoires en France (1959-2021) – Source : INSEE

Le visuel (source officielle INSEE) est en « aires empilées » : chaque couleur représente une partie du gâteau :

  • Bleu : l’Administration publique centrale (l’État)
  • Orange : les collectivités locales (régions, départements, communes)
  • Violet : la Sécurité sociale (retraite, santé, famille…)
  • Noir tout en haut : l’Union européenne (encore une petite part)

En 1959 : environ 31-32 % du PIB (la richesse produite chaque année en France).


Aujourd’hui (2022-2024) : entre 42,8 % et 45,4 % selon les années.

Autrement dit : sur 100 € produits dans le pays, 43 à 45 € vont directement aux administrations publiques.

C’est le niveau le plus élevé (ou parmi les plus élevés) jamais atteint depuis que l’INSEE mesure cela.

Répartition actuelle (2024) – Source : INSEE via Élucid


Sécurité sociale ≈ 56 %, État central ≈ 30 %, Collectivités locales ≈ 14 %, UE ≈ 0,2 %. Total = 43 % du PIB.

Pourquoi cette augmentaion ?

  • Années 1960-1980 : création et développement de la Sécurité sociale moderne, écoles, hôpitaux, retraites…
  • Années 1990-2010 : crises économiques, chômage, vieillissement de la population → plus de dépenses sociales.
  • 2008 et Covid : plans de soutien massifs qui font grimper le taux temporairement.

Aujourd’hui, la part la plus lourde est celle de la Sécurité sociale (santé et retraites). La France ait un système de protection sociale parmi les plus généreux du monde… ce que Chirac appelait l’exception Française. Mais c’est aussi l’un des plus chers.

Ces prélèvements financent des services gratuits mais qui le sont de moins en moins ou presque : école, hôpital, retraites, routes, police, etc. Sans eux, beaucoup de Français seraient moins bien protégés.

Pour les autres :

À ce niveau, cela décourage le travail, l’investissement et l’embauche. C’est important car cela est perçu comme reflet de véritables inégalités ou meme de privilèges ; mais le plus important n’est jamais abordé. Le plus important c’est la rigidite.

On demande plus aux uns parce que l’on ne demande rien aux autres!

Depuis des décennies la France essaie de s’adapter au monde exterieur, au Grand Large, à l’obligation de compétitivité par exemple, mais pour cela il faut investir, monter la productivité, flexibiliser, déplacer, mobiliser etc; mais l’action d’adaptation ne porte que sur la moitié de la population, sur « ceux qui sont au front » comme disait Stoleru, elle épargne « les planqués de l’arrière ».

Si les dépenses de l’état qui sont de 57% du PIB sont rigides? alors tout le poIds de l’ajustement se reporte sur le secteur privé; rien d’étonnant qu’il ressente cela comme une injustice car s’en est une.

La France est souvent citée comme ayant l’un des taux les plus élevés d’Europe (devant l’Allemagne ou le Royaume-Uni).L’INSEE note d’ailleurs une légère baisse ces deux dernières années (42,8 % en 2024), grâce à des mesures de baisse d’impôts et à une croissance un peu plus forte.

Le graphique montre que, collectivement, la France a choisi depuis 65 ans de prélever de plus en plus pour redistribuer et protéger. Cela représente plus de 1 200 milliards d’euros par an aujourd’hui !

Laisser un commentaire