Dans l’IA il y a des montages financiers à la ENRON qui puent! Suivez le Mistigri!

Burry, l’investisseur connu pour avoir anticipé la crise des subprimes en 2008 (et rendu célèbre par The Big Short), publie une analyse très critique sur la façon dont Nvidia, xAI (l’entreprise d’Elon Musk) et Apollo Global Management ont structuré l’achat des GPU GB200 pour le data center de Grok.

Il qualifie toute l’opération de « Fugazi », bidon

Pour lui, c’est un montage financier sophistiqué qui permet à tout le monde de gagner de l’argent sur le papier tout en cachant les risques réels… exactement comme Enron dans les années 2000.

Le schéma en quelques mots :

  1. Nvidia vend 5,4 milliards de dollars de ses GPU les plus puissants (les GB200, plus de 100 000 unités) à une société coquille appelée Valor (ou VCI).
  2. Valor n’est PAS une vraie entreprise : c’est une Special Purpose Vehicle (SPV) créée uniquement pour détenir ces puces. Elle n’a aucune autre activité.
  3. Nvidia injecte même 1,9 milliard de son propre argent dans Valor sous forme de capital.
  4. Les puces sont physiquement livrées et utilisées immédiatement par xAI dans son data center pour entraîner Grok… mais ni Nvidia ni xAI ne les comptabilisent dans leur bilan.
    • Nvidia peut donc enregistrer les 5,4 milliards comme chiffre d’affaires immédiat.
    • xAI bénéficie de la puissance de calcul sans avoir à inscrire la dette ou les actifs.
  5. Comment Valor finance-t-elle l’achat ?
    Elle emprunte 3,5 milliards via une dette structurée par Apollo.
  6. Apollo revend cette dette à Athene, sa propre compagnie d’assurance .
  7. Résultat : l’argent des retraités américains qui achètent des contrats d’annuité « sûrs » chez Athene finance indirectement le data center de xAI.

Pourquoi Burry trouve ça scandaleux ?

  • Comptabilité hors bilan (« off-balance sheet ») : les actifs et les risques disparaissent des bilans des deux grandes entreprises (Nvidia et xAI). C’est légal, tout est divulgué… mais c’est exactement la technique qu’Enron utilisait pour masquer sa dette.
  • Actifs Level 3 massifs : Athene détient 103 milliards de dollars d’actifs « Level 3 » (c’est-à-dire sans prix de marché observable). Personne ne peut vraiment savoir ce qu’ils valent. Ils représentent 34,7 % de son portefeuille.
  • Effet de levier extrême : 16,6× sur ces actifs opaques (et potentiellement jusqu’à 20× selon Burry).
  • Transfert de risque vers les retraités : les petits épargnants qui croient avoir placé leur argent dans des produits « sûrs » portent en réalité le risque d’un énorme pari sur l’IA… sans le savoir.
  • Commissions énormes pour Apollo : la structure génère des commissions très élevées pour Apollo tout en permettant à Nvidia de gonfler ses revenus trimestriels.

Burry résume :


« Chaque étape est techniquement légale et publique. Mais l’ensemble a été conçu en 8 à 12 étapes pour déplacer le risque de crédit hors des bilans et loin de toute tarification de marché. »

C’est exactement le parallèle avec Enron : des chiffres magnifiques, une ingénierie financière ultra-complexe, et à la fin… les pertes sont pour les autres. pour des retraités qui n’ont aucune idée de ce dans quoi ils sont investis.

Laisser un commentaire