Les dépêches. En guise d’éditorial, un bon article du FT sur l’exceptionnalisme américain en matière de profit.

EN GUISE D’EDITORIAL

Note je rappelle une nouvelle fois que la taux de profit d’une économie mesure sa masse de profits divisée par l’ensemble du capital mis en oeuvre pour obtenir ce profit, donc son évolution est différente de celle des marges bénéficiaire qui elles mesurent la masse de profit divisée par le chiffre d’affaires réalisé, les ventes si vous voulez . La forte progression de l’intensité capitalistique du capital productif et du capital fictif est une caractéristique de nos systèmes et c’est determinant mais occulté, il ne faut pas que cela se sache et fasse l’objet de débats !

Cet article de Ruchir Sharma publié aujourd’hui dans le FT est une analyse lucide et nuancée : il dégonfle l’exceptionnalisme américain sans tomber dans le catastrophisme:

  • Les profits des entreprises américaines paraissent extraordinaires à l’échelle historique et mondiale.
  • En réalité, ils ne sont pas beaucoup plus forts qu’au moment de la bulle dotcom à la fin des années 1990.
  • Derrière la façade, il y a des fissures : déficits publics croissants, dépendance à la stimulation budgétaire et monétaire, et une machine à profits qui repose de plus en plus sur des facteurs artificiels plutôt que sur une productivité organique solide.

Cela s’inscrit parfaitement dans la thèse de son livre récent What Went Wrong with Capitalism : le capitalisme américain a été déformé par l’interventionnisme croissant de l’État (bailouts répétés, dette, régulation, déficts et baisse des impots sur els sociétes), ce qui crée une illusion de dynamisme tout en rendant le système plus fragile et moins méritocratique.

Les marges bénéficiaires des entreprises US ont été soutenues comme je l’explique régulièrement par :

  • Des taux d’intérêt bas pendant très longtemps.
  • le recours à l’ingenierie fiancière et à la comptabilité inventive
  • des déficits publics croissants qui ont pour contrepartie automatique des excédents du privé: en fait les déficits publics créent une demande qui ne pèsent pas sur les profits puisqu’il n’yca pas besoin de hausser le pouvoir d’achat des salaires. C’est la notion peu connue et peu étudiée de cout de production de la demande
  • Un dollar fort et l’attractivité du marché américain.
  • Des gains de productivité concentrés dans quelques secteurs (IA, tech).

Mais une partie de cette « machine à profits » est financée indirectement par des déficits publics massifs qui stimulent la demande et par une concentration oligopolistique qui permet la rentification.

Quand on ajuste pour ces facteurs, la « supériorité » structurelle est moins impressionnante qu’on le dit.

La comparaison avec la dotcom est pertinente : à l’époque aussi, on parlait d’une « nouvelle économie » invincible… jusqu’à ce que la bulle éclate.

Points positifs à ne pas nie cependant :

  • Les États-Unis restent très innovants (IA, biotech, énergie).
  • Le marché du travail est plus flexible qu’ en Europe.
  • L’écosystème entrepreneurial et de capital-risque est toujours le meilleur au monde.

Mais les risques soulignés par Sharma sont réels : une dépendance excessive à la dette et à la Fed rend le système vulnérable à un choc (inflation persistante, crise budgétaire, ou retournement technologique).

L’exceptionnalisme américain en matière de profist est un TOUT, ce tout produit une cercle qui parait vertueux tant qu’il fonctionne et que la bicyclette roule mais qui deviendra vicieux si l’un des éléments listés ci dessus vient a disparaitre ou à s’inverser.

Le cercle vertueux produit une surexploitation à la fois de la population américaine et un pillage du Reste du Monde , de son surprofuit et de son épargne; ce qui signifie que ce cercle vertueux à un cout, il produit beaucoup de ressentiment.

La désillusion d’une grande partie de la population américaine vient précisément de là : croissance des profits record, mais stagnation du pouvoir d’achat réel pour beaucoup.

Un bon article qui rappelle que l’« American exceptionalism » économique n’est pas vraiment réel, mais en partie dopé et surtout qu’il est à long terme couteux!

Il invite à la prudence plutôt qu’à l’euphorie actuelle sur les marchés. Sharma est un observateur que je suis régulièrement, car il combine données macro, histoire et scepticisme sain face aux narratifs dominants.

Powell lance un avertissement

Dans ses premières déclarations publiques depuis la fin de son mandat à la tête de la FedJerome Powell a lancé un avertissement sans détour : la banque centrale subit un « test de résistance » et sa crédibilité est en jeu.

Vue d’ensemble : Bien que les propos de Powell dimanche soir, lors de la remise du prix John F. Kennedy « Profiles in Courage », ne mentionnent pas explicitement les tentatives de l’administration Trump de saper l’indépendance de la Fed, le sens de ses paroles est clair

  • Ces affaires comprennent une enquête criminelle sur les dépassements de budget liés à la rénovation du bâtiment de la Réserve fédérale et la tentative de destitution de la gouverneure Lisa Cook.
  • Powell a présenté les tentatives visant à affaiblir l’indépendance de la Fed vis-à-vis du politique comme mettant en danger une institution cruciale pour le maintien de la grandeur américaine.

[CNBC] Les contrats à terme sur actions sont stables lors des échanges nocturnes, alors que la séance de juin débute près de ses plus hauts historiques

[Yahoo/Reuters] Les marchés boursiers asiatiques prolongent leur essor dans le domaine de l’IA, le pétrole progresse face aux risques liés au Golfe.

[Yahoo/Bloomberg] Accord commercial entre les États-Unis et l’Iran : les négociations avancent tandis qu’Israël intensifie son offensive au Liban.

[AP] Trump fait face à un nouvel avertissement concernant l’inflation de la part du marché obligataire, ce qui aggrave ses difficultés lors des élections de mi-mandat.

[Yahoo/Reuters] Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, avertit que politiser la Fed nuirait à la confiance du public.

[Politico] Le pire cauchemar de Bruxelles concernant l’élection française risque de se réaliser : Bardella contre Mélenchon

[Bloomberg] Bain affirme que les économies manquées en matière d’IA « devraient inquiéter les dirigeants ».

[Bloomberg] La dynamique des exportations sud-coréennes se poursuit, confortant la position intransigeante de la Banque de Corée

[Bloomberg] Les risques liés aux taux d’intérêt et les inquiétudes budgétaires en Inde accentuent la pression sur les rendements obligataires.

[WSJ] Trump souhaite que les États arabes reconnaissent Israël. La guerre a rendu la tâche plus difficile.

[WSJ] Les puces et l’IA permettent à la Corée du Sud de maintenir son moteur d’exportation à plein régime

[FT] Jay Powell avertit que la Réserve fédérale est soumise à un « test de résistance »

[FT] « Plus nuisible qu’utile » : les jeunes se détournent de l’IA

[FT] La vérité sur la machine à profits américaine

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