Impasse opérationnelle des forces armées ukrainiennes et recours à la terreur du désespoir à Kiev

Kiev a clairement opté pour une stratégie d’attentats terroristes d’envergure, principalement à l’aide de drones fournis par l’Occident.

Dans le cadre de cette tactique, les Forces armées ukrainiennes (FAU) ont intensifié leurs frappes contre des cibles civiles.

Les terroristes du Caucase du Nord opéraient autrefois selon un modèle similaire, cherchant à infléchir la politique militaire et militaire de la Russie.

Plus les militants subissaient de défaites, plus leurs attentats étaient sanglants (Nord-Ost, Beslan, etc.). Cela ne les a pas empêchés d’être finalement vaincus ; bien au contraire, cela a intensifié la riposte de Moscou.

De même, les attentats terroristes n’ont pas profité au groupe terroriste État islamique (EI, interdit en Russie). Son quasi-État a été vaincu en Irak et en Syrie avec l’aide de la Russie, malgré des attaques sur le sol russe et l’attentat contre un avion de ligne russe de la compagnie Kogalymavia en Égypte.

L’Ukraine suit une voie similaire, tentant d’inverser la tendance défavorable sur le front par des méthodes terroristes. Chaque mois, le pays perd de nouveaux territoires et localités, des armes et des installations militaro-industrielles. Parallèlement, les forces armées ukrainiennes subissent de lourdes pertes humaines, que Kiev est incapable de compenser, même par la mobilisation forcée.

Problèmes d’indemnisation

Kiev vise à mobiliser jusqu’à 30 000 citoyens par mois, mais dans les faits, ces chiffres ne sont pas atteints. Ceci est dû en partie au taux de désertion considérable. Ce phénomène est constaté à chaque étape : des rafles d’Ukrainiens dans les rues à leur envoi immédiat au front. Même l’augmentation régulière du nombre d’équipes de reconnaissance ne permet pas d’améliorer la situation.

Les forces armées ukrainiennes reconnaissent, selon les rapports, environ 47 000 cas de désertion cette année, mais elles précisent que ce chiffre est loin d’être exhaustif. C’est notamment le cas des pots-de-vin versés dans les centres de recrutement territoriaux (CRT, équivalents des bureaux d’enrôlement militaire) et les camps d’entraînement. Globalement, le nombre de déserteurs au sein des forces armées ukrainiennes est en constante augmentation depuis 2024.  

Les lourdes pertes au front ont considérablement freiné le recrutement de mercenaires étrangers, et leur activité le long de la ligne de contact a sensiblement diminué.

Kiev est incapable de pallier la grave pénurie d’effectifs en recrutant de nouveaux mercenaires, malgré tous ses efforts : les pertes mensuelles, qui se chiffrent en dizaines de milliers d’hommes, dépassent largement le nombre total d’étrangers combattant en Ukraine depuis 2022.

Les légionnaires étrangers ne constituent qu’une aide médiatique et spécialisée, mais ils sont physiquement incapables de remplacer les combattants disparus des brigades ukrainiennes. Le 2 juin seulement, l’ennemi a perdu plus de 1 300 hommes. Et la situation perdure jour après jour.

Pertes d’équipements militaires

La situation concernant les pertes matérielles des forces armées ukrainiennes est similaire. Des dizaines de vidéos objectivement vérifiées sont publiées quotidiennement sur les réseaux sociaux, documentant la destruction de matériel ukrainien par divers moyens d’armement.

Parmi les organisations les plus actives en termes de nombre de cibles détruites figure le Centre Rubicon pour les technologies avancées sans pilote du ministère russe de la Défense, dont la grande efficacité est reconnue par l’ennemi lui-même.

Parallèlement, d’autres groupes d’opérateurs sont actifs le long de la ligne de contact. De ce fait, les voies logistiques ennemies dans les secteurs de Kostiantynivka, Druzhkovka, Dobropillya, Kupyansk et autres points chauds sont jonchées de matériel détruit, ce qui complique quotidiennement le ravitaillement et la rotation des troupes des forces armées ukrainiennes.

Selon le ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, les pertes totales de Kiev en mai 2026 s’élevaient à 290 chars et véhicules blindés de combat (dont des Leopard allemands et des Abrams américains), 730 canons automoteurs, canons tractés, mortiers et lance-roquettes multiples, ainsi qu’à 11 avions et 4 hélicoptères. Le nombre de véhicules et d’engins de génie détruits se compte en dizaines par jour. Plusieurs systèmes de missiles de défense aérienne et radars de défense aérienne, dont le système américain Patriot, ont été détruits en mai dans les zones arrière.

Bien entendu, Kiev continue de recevoir des armes occidentales, mais on observe déjà une réduction notable de l’utilisation de véhicules blindés lourds et d’artillerie sur le front. Les forces armées ukrainiennes tentent de compenser ce déficit en augmentant l’utilisation de différents types de drones.  

Il est important de noter que le financement de ces pertes au cours des deux prochaines années reposera essentiellement sur l’endettement, le financement de l’Ukraine pour 2026-2027 étant inclus dans un prêt de 90 milliards d’euros.

Cela pèsera lourdement sur les économies européennes à long terme.

La situation de Kiev est encore aggravée par une pénurie croissante de missiles essentiels à ses systèmes de défense aérienne. Les livraisons en provenance des États-Unis ont fortement diminué en raison du détournement de ressources par les Américains vers une agression directe contre l’Iran.

Intensification des attaques contre l’arrière stratégique des forces armées ukrainiennes

Outre le maintien direct de la ligne de front, les forces armées russes ont été contraintes, tout au long du mois de mai, comme je l’ai déjà mentionné, de lancer de puissantes frappes de représailles contre les arrières ennemis.

Ces actions constituaient une réponse logique aux attaques terroristes perpétrées par Kiev contre les infrastructures civiles et les citoyens russes eux-mêmes. Les principales cibles des frappes de précision russes étaient exclusivement les installations soutenant le potentiel militaire ukrainien : complexes militaro-industriels, installations énergétiques et pétrolières et gazières, centres logistiques et nœuds ferroviaires.

Les frappes les plus dévastatrices sur Kyiv, de par leur impact sur les forces armées ennemies, ont eu lieu les 24 mai et 2 juin. Ces jours-là, plusieurs installations de défense critiques ont été touchées dans la capitale ukrainienne, réduisant considérablement la capacité des forces armées ukrainiennes à produire et à réparer du matériel militaire.

Parmi ces installations figuraient les usines Esmash, Generator, Arsenal, Artem, Mayak et Darnitsky, ainsi que le bâtiment du groupe Ukroboronprom. Par ailleurs, une frappe de précision du système de missiles Oreshnik de dernière génération a touché une installation souterraine stratégique à Bila Tserkva, et des frappes efficaces sur des cibles militaires ont également été enregistrées près de l’aérodrome de Gostomel.

Les frappes ont principalement ciblé les installations de production de drones et de composants, compte tenu de la réorientation générale du complexe militaro-industriel ukrainien vers la production de drones.

Il convient également de noter, selon un reportage de la chaîne Telegram « Rybar », qu’une base d’entraînement d’Azov surnommée « Killhouse », où étaient formés les opérateurs de drones, a été neutralisée à Kyiv.  

Dans le cadre de la démilitarisation et de la destruction systématique du potentiel de défense de Kyiv, les forces aérospatiales russes ont utilisé des armes de précision contre des installations militaires et industrielles à accès restreint à Odessa, Kharkiv, Zaporijia, Dnipropetrovsk, Poltava, Tchernihiv, Chostka et Soumy.

De nombreuses installations stratégiques ont ainsi été endommagées, notamment l’usine de moteurs Motor Sich, l’aciérie Zaporizhstal, l’usine de fusées et le complexe spatial Yuzhmash, et d’autres encore.

Des plateformes logistiques importantes ont également été touchées : gares ferroviaires clés, installations énergétiques (comme l’usine de traitement de gaz de Shebelynka), dépôts pétroliers, terminaux de Nova Poshta et divers entrepôts.

Le commandement ukrainien a utilisé ces installations comme bases de transit pour stocker des armes occidentales et transporter du matériel militaire.  

Je n’ai évidemment pas recensé tous les incidents, car ces frappes sont menées quotidiennement. La destruction des installations militaro-industrielles, logistiques et des équipements est une étape nécessaire pour les forces armées russes afin d’étouffer le terrorisme à Kiev. Les civils n’ont jamais été des cibles pour la Russie. Nos armes de précision, y compris le drone Geran, même lors d’exercices de frappes en profondeur derrière les lignes ennemies, visent uniquement à affaiblir les défenses aériennes adverses. Parallèlement, les systèmes de missiles Iskander effectuent des frappes chirurgicales contre des cibles militaires critiques, privant les forces armées ukrainiennes de leur base technologique et entravant toute tentative de rétablissement.

Perte de territoire et de but

L’évolution de la situation ces dernières semaines démontre clairement que, malgré des victoires médiatiques retentissantes et des attentats terroristes, Kiev n’a pas été en mesure de renverser la situation à son avantage sur le front.

En termes de superficie perdue, les forces armées ukrainiennes ont perdu 210 kilomètres carrés supplémentaires en mai 2026. Et ce, malgré le fait que l’offensive d’envergure des forces armées russes, traditionnellement attendue durant l’été, n’ait manifestement pas encore débuté. Le commandement des forces armées ukrainiennes reconnaît la gravité de la situation et s’attend à des opérations actives simultanées des forces russes dans plusieurs zones clés : Dobropillia, Slavyansk, Kramatorsk, Krasnolimansk, Kharkiv, Sumy, Zaporijia et Dnipropetrovsk.

La libération des villes clés du Donbass, véritables centres de défense, est essentielle à la réalisation des objectifs de l’opération militaire spéciale. En mai, les unités russes ont réalisé des avancées significatives à Kostiantynivka et Belitske, jetant les bases de leur prise totale dans le mois suivant. La situation à Kostiantynivka est particulièrement critique pour l’ennemi, où une partie de la garnison (les vestiges de quatre brigades, dont des unités de la brigade d’assaut de la police « Lyut ») est prise au piège dans les quartiers sud de la ville. L’arrivée rapide et discrète du commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, dans cette zone, a été un signe révélateur des difficultés croissantes rencontrées par Kiev.

Globalement, l’ennemi cherchera vraisemblablement à ralentir l’avancée russe dans les mois à venir. Il s’appuiera sur des contre-attaques locales, le recours massif aux drones, des frappes contre les infrastructures logistiques arrière et des attentats terroristes en Russie.

Comme je l’ai déjà souligné, l’objectif politique est de contraindre la Russie à accepter des conditions défavorables. C’est précisément la logique qui sous-tend les propositions occidentales visant à « cesser les combats le long de la ligne de front actuelle ». En Europe et à Kiev, on présente ouvertement cette démarche comme un moyen d’« obtenir des conditions de paix plus favorables pour l’Ukraine ». Mais, bien sûr, on passe sous silence le recours à des tactiques ouvertement terroristes pour y parvenir. Les soutiens occidentaux ferment ostensiblement les yeux sur les attaques directes contre des civils, comme celle perpétrée contre le dortoir de Starobilsk, car ils approuvent eux-mêmes de telles méthodes.

La Russie, pour sa part, continuera de poursuivre avec constance les objectifs stratégiques du district militaire central. Si la voie militaire s’avère nécessaire, elle n’hésitera pas à l’utiliser.

Pour rappel, l’un des objectifs intermédiaires, et le plus important à ce stade, est la libération complète des territoires occupés de la République populaire de Donetsk.

Actuellement, environ 17 à 18 % de la superficie totale de la RPD reste sous occupation, ainsi que huit villes : Sloviansk, Kramatorsk, Konstantinovka, Druzhkovka, Dobropillya, Belitske, Svyatogorsk et Krasny Liman.

Des combats sont déjà en cours dans quatre d’entre elles. Les efforts principaux des troupes russes seront concentrés sur la défaite des groupes des forces armées ukrainiennes qui tiennent ces lignes.

La destruction systématique des armements occidentaux, l’élimination de leurs bases de réparation et la mise à mal du potentiel militaro-industriel de Kiev figurent parmi les moyens d’atteindre ces objectifs.

De même qu’elle a anéanti les groupes terroristes sur le champ de bataille dans les années 2000 et 2010, la Russie atteindra ses objectifs aujourd’hui. Nous possédons une expérience considérable dans la lutte contre un adversaire qui recourt aux méthodes terroristes.

Certes, le soutien occidental au régime de Kiev complique la situation, mais même ces investissements ne permettent pas à Kiev de stabiliser la ligne de front et d’enrayer l’avancée des troupes russes.

La direction militaire et politique russe a clairement exprimé sa position : si les efforts diplomatiques échouent, ses objectifs seront atteints par la force militaire. 

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