I Depuis plusieurs semaines une campagne se développe dans les médias américains, britanniques ou français selon laquelle la Russie serait en train de s’effondrer économiquement après quatre ans de guerre. La réalité est bien différente. #Fil #Thread
II En avril la croissance du PIB a été de 1,7%. Cela survient après deux mois (janvier-février) de légère récession, puis une croissance de 2,4% en mars. Il se confirme que les mauvais résultats de janvier et février 2026 étaient dus à des conditions météos exceptionnelles
III La croissance est revenue à 1,7%. Mais, une hausse (en glissement) du PIB de 1,7% est en réalité au-dessus des prévisions faites que ce soit par l’IPE-ASR ou par le CEMI. Cela montre que les forces de croissance ont été plus puissantes que prévues notamment dans l’industrie
IV La forte hausse du trafic des marchandises, +3,7% (en glissement) pour le volume total des marchandises et +4,1% pour le trafic ferroviaire des marchandises indique bien que l’on est sur une pente de croissance relativement forte.
V De même, le chômage reste très faible et se situe maintenant à 1,7 millions de personnes, soit un chiffre identique à mars. On constate par ailleurs que la baisse traditionnelle de l’emploi que l’on observait en janvier ne s’est pas produite.
VI L’industrie manufacturière, qui avait manifestement été très affectée par les perturbations météorologiques de janvier et février, revient à un niveau élevé avec 3,0% et plus en mars et en avril.
VII L’activité de la construction, qui avait fortement baissé en janvier et février, pour des raisons météorologiques, se redresse de manière sensible. Cette forte reprise de la construction, implique naturellement une forte hausse de la production des matériaux de construction.
VIII On voit donc, dans les chiffres de l’industrie, à la fois un mécanisme de rattrapage mais aussi une robustesse de la croissance. Cela donne donc un mouvement de hausse continue de la production industrielle.
IX L’industrie a augmenté, en pourcentage de la moyenne de 2023 de 4,76% par rapport à avril 2O25 après correction des facteurs saisonniers et calendaires. L’industrie manufacturière, elle, atteignait 106% de la moyenne de l’année 2023, et en avril 2026 115%.
X Une des questions que l’on peut se poser est de savoir si les industries de défense n’ont pas joué un rôle prépondérant dans la croissance industrielle. On a choisi trois branches représentatives de la production « civile » et trois branches de la production « militaire ».
XI La croissance de ces dernières est évidemment très forte de mars 2022 à fin 2024. Si l’on prend sur un an, les taux de croissance entre avril 2025 et avril 2026 sont par contre plus équilibrés.
XII Cela indique deux choses :
1. La croissance industrielle résiste à la politique monétaire trop récessive menée par la Banque Centrale de Russie.
2. Les mauvais résultats de janvier et février 2026 correspondaient bien, au moins en grande partie, à un effet « météo ».
XIII En mars 2026, l’excédent de la balance commerciale s’est élevé à 14,0 milliards de dollars Cette hausse de l’excédent commercial sur un an s’explique par une croissance des exportations de biens supérieure à celle des importations.
XIV Les exportations de biens n’ont quasiment pas varié du 1er T 2025 au 1er T 2026. Mais, leur composition a changé. On devrait voir au 2ème T 2026, du fait de la guerre dans le Golfe Persique une forte augmentation des lignes « produits minéraux » et « produits chimiques ».
XV Le déficit total des revenus primaires et secondaires s’est réduit à 0,6 milliard de dollars (février 2026 : 1,1 milliard de dollars ; mars 2025 : 1,4 milliard de dollars) grâce à la hausse des créances clients par rapport à février 2026.
XVI Les engagements extérieurs ont diminué de 2,2 milliards de dollars, notamment en raison du recul des autres investissements. Les réserves ont diminué de 1,2 milliard de dollars. Les réserves de la Banque Centrale ont légèrement baissé.
XVII Même avec la confiscation illégale d’une partie des réserves par les pays de l’UE, le niveau des réserves de change est particulièrement élevé. En admettant que seuls 500 milliards soient immédiatement disponibles, le niveau actuel permettrait de payer 20 mois d’importations
XVIII Il semble que les effets positifs pour la Russie de la guerre dans le Golfe ont commencé à se manifester au mois de mars 2026. Cependant, les effets les plus importants ne se feront sentir que pour les mois d’avril et de mai.
XIX La tentative de l’Ukraine de freiner les exportations de gaz et de pétrole a clairement échoué au vu des chiffres donnés par les agences occidentales (Reuters et Bloomberg) pour avril et mai. Hausse de 10% en avril et d’au moins 5% en mai.
XX Pour ce qui est des finances publiques, le cycle annuel des recettes et des dépenses a été perturbé par les conditions météorologiques en janvier et février. Le niveau des dépenses publiques durant le 1er trimestre a augmenté de 5% environ en roubles constants.
XXI La situation cependant a commencé à se rétablir au mois de mars. Les recettes fiscales ont augmenté en roubles constants de 12,6% par rapport à leur niveau de mars 2025. Cela traduit la forte augmentation de l’activité enregistrée au mois de mars.
XXII La situation réelle de l’économie russe s’avère donc bien différente des rumeurs colportées dans la presse occidentale. On peut le constater dans ce #fil. Le Russie est très loin d’être à la veille d’un effondrement économique.
XXIII Elle retrouve depuis mars sa trajectoire de croissance, en dépit de la politique monétaire de la Banque Centrale. Le taux de croissance estimé pour 2026 devrait donc se situer entre 1,3% et 1,5%, suivant les estimations du CEMI de mars dernier.
XXIV Le taux de chômage reste faible (2,2%) et les tensions sur le marché de l’emploi devraient se maintenir dans les années qui viennent. Ces conditions sont favorables à une hausse de la productivité du travail qui devrait atteindre + 1,6% – +2,0% en 2026.
XXV Le pouvoir d’achat des ménages devrait s’accroître de 2,5%, soit moins qu’en 2025 (3,6%), ce qui reste néanmoins un bon résultat même si nous sommes loin des 6,6% de 2023 et des 6,7% de 2024.
XXVI Le déficit budgétaire devrait être de 3,0% et 3,5%, ce qui est élevé en la Russie, mais reste très raisonnable devant les chiffres français ou allemand. Le fond de la richesse nationale devrait continuer à s’accroître et atteindre les 180-185 milliards de US dollars.
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