Branko Milanovic: Les inégalités comme symptôme et moteur de la crise du capitalisme

Branko Milanovic : Les inégalités, symptôme et moteur de la crise du capitalisme

Branko Milanovic, économiste serbo-américain et l’un des plus grands spécialistes mondiaux des inégalités, propose une analysede l’état du capitalisme contemporain.

Ancien économiste en chef à la Banque mondiale, aujourd’hui professeur au Graduate Center de la City University of New York, il est notamment connu pour sa courbe de l’éléphant (qui montre l’évolution des revenus mondiaux depuis les années 1980) et pour avoir popularisé le concept de « homoploutie » (homoploutia).

Ce terme désigne la situation dans laquelle les mêmes personnes (les élites du haut de la distribution) sont à la fois très riches en revenus du travail (hauts salaires, primes) et en revenus du capital (dividendes, plus-values, patrimoines).

Selon Milanovic, cette homoploutie marque une rupture avec le capitalisme classique : autrefois, les capitalistes étaient souvent « pauvres » en revenus du travail.

Aujourd’hui, aux États-Unis et dans d’autres pays riches, les 1 % les plus riches cumulent les deux sources de revenus.

Cette concentration confisque à la fois les fruits de la croissance et le pouvoir de décision politique.

La mondialisation mal menée produit une crise démocratique. Dans des entretiens récents , Milanovic critique une mondialisation mal conduite, menée dans un consensus multilatéraliste aujourd’hui disparu.

Elle a bénéficié massivement aux pays émergents (Chine notamment), mais a laissé de côté une partie importante des classes moyennes et populaires occidentales.

Le résultat a été une réduction de la mobilité sociale, une polarisation politique et une remise en cause croissante de la démocratie libérale.

L’IA : vers plus d’inégalités… ou la fin du capitalisme ?

Sur l’intelligence artificielle, Milanovic est prudent mais clair : les gains de productivité risquent fortement de favoriser le capital plutôt que le travail, ce qui accentuera les inégalités.

Dans un scénario radical , si l’IA remplace massivement le travail, il envisage même la possibilité théorique de la fin du capitalisme tel que nous le connaissons : sans travail salarié productif, la base même de la plus-value et des profits s’effondre.

Sans être marxiste Branko rejoint les conclusions du marxisme orthodoxe selon lequel il n’y a de profit que par l’exploitation du travail vivant et si il n’y a pas de travail vivant il n’y a pas de surproduit et donc de profits .

Milanovic ne se contente pas de diagnostiquer les maux. Il appelle à « retourner à l’établi » pour refonder un nouveau modèle politique et économique capable de concilier efficacité, justice et stabilité démocratique.

Son dernier ouvrage, The World Under Capitalism (2025), prolonge cette réflexion en explorant les contradictions actuelles du système.

Pour Branko Milanovic, les inégalités ne sont pas un simple effet secondaire du capitalisme contemporain, elles sont l’un des moteurs principaux de sa crise actuelle — et peut-être de sa transformation future.

Je corrige l’affirmation de Branko, le moteur du système est l’accumulation sans fin et son besoin sans cesse croissant de profit ce qui, joint aux politiques qui refusent les assainissements et créent sans cesse de la monnaie et quasi monnaie, produit les inégalités. Les inégalites sont un sous produit du système mais ce ne sont pas ses moteurs.

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