Tucker Carlson s’entretient avec Trita Parsi

Tucker Carlson s’entretient avec Trita Parsi

Le 15 juin 2026, Tucker Carlson a publié sur X un long entretien (environ 1h40) avec Trita Parsi, analyste iranien-américain, fondateur du National Iranian American Council (NIAC) et auteur de plusieurs ouvrages sur les relations États-Unis-Iran.

Dans ce format Parsi développe une vision qu’il qualifie de « rationnelle et pro-américaine » sur la situation au Moyen-Orient, en particulier autour de l’accord de paix avec l’Iran évoqué par l’administration Trump.

L’entretien aborde aussi les tentatives de sabotage attribuées à Israël, le rôle des bases américaines dans la région et les pressions politiques internes aux États-Unis.

Selon Parsi, un accord existe bel et bien entre les États-Unis et l’Iran. Il reste cependant fragile et préliminaire. Plusieurs versions circulent, certaines étant selon lui délibérément gonflées par les durs du régime iranien pour discréditer toute négociation ultérieure.

Les grands axes évoqués seraient :

  • La réouverture progressive du détroit d’Ormuz (après déminage) ;
  • La levée progressive des sanctions américaines ;
  • Un cessez-le-feu régional ;
  • Une libération partielle des fonds iraniens gelés (120 à 150 milliards de dollars appartenant à l’Iran, et non de l’argent américain).

Parsi insiste : aucun accord ne prévoira que les États-Unis versent de l’argent américain à l’Iran.

Israël est evidemment le principal facteur de risque. L’un des points centraux de l’entretien est le rôle d’Israël. Parsi affirme que Benyamin Netanyahou cherche activement à saboter tout rapprochement américano-iranien depuis plus de 25 ans. Il cite les frappes israéliennes sur Beyrouth sud juste avant l’annonce de l’accord comme une tentative délibérée de franchir des lignes rouges américaines et iraniennes.

Selon lui, la doctrine de sécurité israélienne repose sur l’idée que toute hostilité est permanente et que seule une supériorité militaire absolue garantit la survie d’Israël. Cette posture, estime Parsi, dépend entièrement du soutien américain illimité – un soutien qui s’érode selon lui depuis plusieurs années.

Il rappelle que trois anciens chefs du Mossad (Halevy, Pardo, Dagan) ainsi qu’Ehud Barak ont publiquement déclaré que l’Iran ne constituait pas une menace existentielle pour Israël.

Le détroit d’Ormuz constitue un levier iranien durable .Parsi explique que le contrôle iranien du détroit d’Ormuz est aujourd’hui beaucoup plus solide qu’auparavant. Grâce aux missiles et drones déployés sur 1 500 km de côte, il est devenu extrêmement difficile pour les assureurs d’accepter le risque. Contrairement aux scénarios anciens de minage, que les États-Unis pouvaient théoriquement lever en deux semaines, la situation actuelle rend toute intervention militaire très risquée.

L’Iran disposerait donc d’un levier de négociation important et devrait, selon Parsi, exiger une levée complète des sanctions, y compris primaires.

Les bases américaines au Moyen-Orient sont un fardeau coûteux et inefficace. L’analyste estime que les États-Unis ne maintiendront probablement pas leurs quelque 19 bases dans la région dans les dix prochaines années. Ces bases se sont révélées inutiles pendant les conflits souvent il a fallu les évacuer avant les frappes; elles et constituent plutôt des cibles attractives.

Les pays du Golfe, selon lui, valorisent surtout l’armement américain , pas la présence physique des troupes. Il plaide pour une sortie américaine ordonnée, qui permettrait aux pays de la région de construire leur propre architecture de sécurité collective, sur le modèle de l’Europe d’après 1945.

La tentative de déportation de Trita Parsi par Bari Weiss Dans la dernière partie de l’entretien, Parsi revient sur une enquête publiée par Bari Weiss qui, selon lui, visait à le faire expulser des États-Unis. Il y voit une tentative de criminaliser toute voix favorable à la diplomatie avec l’Iran.

Je vous en ai parlé dans un article précédent.

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