Le processus de paix entre les Etats-Unis et l’Iran connaît un premier revers

Le processus de paix entre les Etats-Unis et l’Iran connaît un premier revers… Les discussions prévues ce vendredi en Suisse entre les négociateurs des deux pays ont été annulées, tandis que le vice-président américain JD Vance a renoncé à son déplacement.

Une décision qui alimente les interrogations sur la capacité de Washington et de Téhéran à transformer le fragile cessez-le-feu obtenu cette semaine en accord durable.

La Suisse a confirmé que les négociations prévues dans la station de Bürgenstock n’auraient pas lieu, sans fournir davantage d’explications. La Maison Blanche a tenté de minimiser cet échec en soulignant que « la logistique de ces négociations n’a jamais été simple ni prévisible ». Selon Washington, JD Vance et la délégation américaine étaient prêts à partir dès que les modalités de la rencontre auraient été finalisées.

Téhéran a indiqué être disposé à engager des discussions techniques après la signature mercredi d’un accord en 14 points prolongeant le cessez-le-feu d’au moins 60 jours.

Selon l’agence ‘Tasnim’, les responsables iraniens souhaitaient néanmoins obtenir des preuves concrètes de la mise en œuvre des engagements américains avant d’entamer de nouvelles négociations.

Des concessions déjà contestées

L’accord signé entre Donald Trump et les autorités iraniennes marque un net changement de cap après près de quatre mois de guerre. Déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, le conflit a, pour rappel, fait au moins 7.000 morts, provoqué une flambée des prix de l’énergie et alimenté une forte volatilité sur les marchés financiers mondiaux.

Le texte prévoit notamment un allègement des sanctions économiques, le dégel de plusieurs dizaines de milliards de dollars d’actifs iraniens ainsi que des dérogations immédiates permettant la reprise des exportations pétrolières du pays.

Comptage

Ces concessions suscitent toutefois des critiques aux Etats-Unis. Plusieurs élus républicains proches de Donald Trump estiment que le président a accordé davantage qu’il n’a obtenu pour mettre fin à un conflit devenu impopulaire à l’approche des élections de mi-mandat.

Durant la guerre, Donald Trump avait pourtant assuré qu’il n’accepterait qu’une « reddition inconditionnelle » de l’Iran. Or, aucun des objectifs initiaux affichés par Washington (démantèlement complet des capacités nucléaires iraniennes, neutralisation de son arsenal balistique ou affaiblissement de son influence régionale) ne figure explicitement dans l’accord.

Un fonds de 300 milliards de dollars

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a lui aussi affiché sa fermeté avant les futures négociations sur le nucléaire. Selon lui, Donald Trump a signé l’accord « par désespoir ». « Si la partie américaine veut être trop exigeante, nous ne l’accepterons pas », a-t-il averti. Le texte accorde aux négociateurs 60 jours pour parvenir à un compromis sur le programme nucléaire iranien et prévoit également la création d’un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars destiné à soutenir l’Iran et d’autres pays affectés par le conflit.

Les marchés surveillent également l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz. La réouverture de cette voie maritime stratégique, par laquelle transitait avant la guerre près de 20% des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, a favorisé un recul des cours du brut ce vendredi. Téhéran indique toutefois qu’il continuera d’exercer un contrôle sur le détroit en coordination avec Oman et prévoit d’instaurer de nouvelles redevances pour les navires après l’expiration de la période de négociation. Dans le même temps, les combats se poursuivent au Liban, où Israël maintient son offensive contre le Hezbollah malgré les dispositions de l’accord appelant à une « cessation permanente » des hostilités. Selon l’agence de presse officielle libanaise NNA, de nouvelles frappes israéliennes ont fait au moins quinze morts ce vendredi.

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