IA: quand les handicaps se retournent en atouts puis en forces!

Eric Schmidt vient de dire publiquement ce sur quoi la politique américaine en matière d’IA a été construite .

Les États-Unis contrôlent actuellement environ 75 % de la puissance de calcul mondiale en IA, tandis que la Chine en contrôle 15 %.

Cet écart est le résultat de trois ans de contrôles d’exportation coordonnés entre les États-Unis, les Pays-Bas et le Japon, spécifiquement conçus pour maintenir cet état de fait.

La préoccupation de Schmidt n’est pas que la Chine rattrape son retard à la frontière technologique, mais plutôt que la Chine mène simultanément une stratégie complètement différente, qui contourne l’ensemble du régime de contrôle de la puissance de calcul, et que cela fonctionne bien mieux que ce qu’avaient anticipé les décideurs américains.

Pékin a compris quelque chose de génial : si vous ne pouvez pas gagner la guerre du matériel parce qu’ASML ne vous vend pas de lithographie avancée et que Nvidia ne vous vend pas de H100, alors gagnez plutot la guerre du logiciel et de l’adoption .

Publiez vos meilleurs modèles dans le monde entier gratuitement et laissez chaque startup au Vietnam, au Brésil et au Nigeria s’appuyer sur votre infrastructure plutôt que sur celle d’OpenAI.

Les modèles d’IA open-source chinois sont passés de 1,2 % de l’utilisation mondiale de l’IA fin 2024 à 30 % mi-2026, et les modèles chinois représentent désormais 17 % de tous les téléchargements mondiaux d’IA, surpassant pour la première fois la part américaine.

Ceci est une infrastructure de soft power.

Les pays dont les écosystèmes d’IA fonctionnent sur des modèles chinois orienteront leurs flux de données, leurs pipelines de talents, leurs cadres réglementaires et leurs alignements géopolitiques vers Pékin, exactement comme les pays orientés vers les plateformes internet américaines s’orientaient vers Washington.

L’intuition plus profonde est ce que Schmidt révèle sur le binaire vers lequel le monde se dirige.

Selon lui, seuls deux ou trois pays peuvent maintenir une capacité d’IA véritablement indépendante, ce qui signifie que le reste du monde aura son économie numérique médiatisée par soit la pile d’IA américaine, soit celle chinoise.

Chaque pays qui ne peut pas construire sa propre infrastructure frontalière sera dépendant d’une des deux superpuissances.

Une réflexion sur “IA: quand les handicaps se retournent en atouts puis en forces!

  1. Bonjour M. Bertez

    La question de la gestion possible des fraudes jouera aussi un rôle dans les choix:

    voir: 8 Frightening Forecasts For The Future Of Fraud…AI and Deepfakes Are Changing Fraud Trends. sur 0 hedge ( samedi 20-06)

    Quand on voit le niveau moyen de sécurité des sites et des centres de données en France…..la dark IA a de beaux jours en perspective: le train pour Pau risque bien de passer par Strasbourg un jour, juste pour s’amuser ( s’il ne fait pas trop chaud, trop froid, trop tiède …)

    Cordialement

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