L’Europe a signé un pacte de suicide nucléaire: jusqu’où est-elle prête à aller dans une guerre par procuration contre une puissance nucléaire?

Stanislav Krapivnik Ancien commandant dans l’armée américaine, analyste militaire aujourd’hui basé en Russie.

L’Union européenne, et particulièrement l’Allemagne, est en train de conduire le continent à sa destruction affirme Stanislav Krapivnik

Son raisonnement est simple et terrifiant dans sa logique : deux puissances nucléaires majeures comme les États-Unis et la Russie ne s’affronteront jamais directement, car cela signifierait la fin des deux.

Les dirigeants européens, en revanche, semblent avoir oublié cette évidence élémentaire. En fournissant à l’Ukraine des missiles de longue portée capables de frapper en profondeur le territoire russe, y compris vers Moscou, ils ne « soutiennent » plus un pays envahi : ils participent activement à une escalade qui peut basculer en guerre existentielle.

L’analogie qu’il propose est glaçante de clarté. Imaginez que le Mexique, après une invasion américaine, reçoive de l’Union européenne des missiles longue portée pour frapper Washington. Combien de temps faudrait-il aux États-Unis pour rayer le Mexique de la carte, de manière conventionnelle ou nucléaire ?

Aucun second missile n’atteindrait la capitale américaine. Transposez cela à l’Europe et à la Russie : le résultat est le même.

Pas d’invasion terrestre, mais l’anéantissement

Krapivnik insiste sur un point capital que beaucoup refusent d’entendre : en cas de franchissement définitif des lignes rouges russes, il n’y aura pas d’invasion russe de l’Europe avec des soldats au sol.

La Russie n’en a ni besoin ni l’intention. Elle possède la capacité de détruire l’infrastructure critique européenne (énergie, transports, communications, centres de commandement) depuis son territoire, à distance, de manière conventionnelle d’abord, puis potentiellement nucléaire si la survie de l’État russe est menacée.

Et si la France ou la Grande-Bretagne envisageaient une riposte nucléaire ? La réponse serait immédiate et totale : l’Europe entière deviendrait un désert radioactif.

Pas de bataille rangée, pas d’occupation. Juste la fin.

C’est ce qu’il appelle « le pacte de suicide » : les dirigeants européens, sous couvert de défendre la démocratie et un gouvernement ukrainien corrompu, nationaliste radical et dictatorial, jouent avec l’existence même du continent.

La folie des dirigeants européensL’ancien officier américain ne comprend pas — et il le dit sans détour — comment des responsables politiques peuvent être à ce point irresponsables.

L’Allemagne, qui a déclenché et perdu deux guerres mondiales, semble aujourd’hui prête à en déclencher une troisième contre la puissance nucléaire la plus redoutable du continent.

Les États-Unis, eux, restent prudents : ils arment, ils financent, mais ils ne mettront jamais de troupes au sol contre la Russie. Ils savent ce que signifie une guerre directe entre puissances nucléaires.

L’Europe, elle, fonce. Chaque nouvelle livraison de systèmes longue portée, chaque autorisation de frapper plus loin, chaque déclaration belliqueuse repousse un peu plus la possibilité d’une issue négociée et rapproche le moment où la patience russe — stratégique — s’épuisera.

La question est existentielle, pas morale. Peu importe qui a raison ou tort sur le fond du conflit ukrainien. Peu importe les justifications historiques, les griefs accumulés ou les narratifs opposés. La question est purement stratégique et existentielle : jusqu’où l’Europe est-elle prête à aller dans une guerre par procuration contre une puissance nucléaire ?

Krapivnik ne demande pas à l’Europe d’aimer la Russie. Il lui demande de ne pas se suicider par bêtise stratégique.

De comprendre que les règles qui s’appliquent entre puissances nucléaires ne sont pas les mêmes que celles qui régissent les conflits conventionnels.

De se souvenir que la dissuasion fonctionne précisément parce que personne ne veut tester la limite ultime.

L’Europe n’a pas « décidé de mourir » par masochisme. Mais elle court le risque très réel de mourir par arrogance, par déni de la réalité nucléaire et par absence totale de realpolitik.

Les dirigeants qui continuent à pousser l’escalade sans plan de sortie crédible, sans évaluation sérieuse des conséquences ultimes, portent une responsabilité historique écrasante.

Le message de Krapivnik est désagréable. Il est même insupportable pour beaucoup. C’est précisément pour cela qu’il faut l’entendre. Car quand on joue avec des arsenaux de plusieurs milliers d’ogives nucléaires, l’ignorance et la suffisance ne sont plus des opinions : ce sont des crimes contre l’existence même des peuples européens.

L’Europe a encore le choix. Mais ce choix se rétrécit chaque jour un peu plus. Et le temps des illusions commence à manquer.

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