Selon Jeremy Grantham : un signal d’alerte aux sommets boursiers est donné.
Jeremy Grantham est l’un des investisseurs les plus respectés de sa génération.
Dans un extrait vidéo issu d’une interview accordée en mai 2026 au podcast Excess Returns (épisode : « He Tracked Every Major Bubble for 50 Years | Jeremy Grantham on What AI Can’t Change »), Grantham déclare :
« That was what I call the biggest scream from the stomach of the market in history. »
Le « stomach » du marché ce sont ses profondeurs, là ou se situe l’appetit pour le marché.
Cette phrase fait référence à un signal « sous la surface » particulièrement puissant qu’il a observé aux plus grands sommets boursiers de l’histoire.
Qui est Jeremy Grantham ?Jeremy Grantham est le co-fondateur de GMO (Grantham, Mayo, Van Otterloo), une société de gestion reconnue pour ses analyses macroéconomiques et ses lettres trimestrielles très suivies. C’est un fondamentaliste. Bon théoricien il a été l’un des premiers a expliquer que si les marges bénéficiaires continuaient à se dilater il était normal que les marches deviennnent plus chers. Ce qu’Hussman et moi même contestons.
Depuis plus de 50 ans, il a traversé et anticipé les principales bulles spéculatives , comme Hussman : la bulle Nifty Fifty des années 1970, la bulle internet de 2000, et plus récemment les excès de 2021.
Il est souvent qualifié de « permabear », mais il préfère dire qu’il est simplement attaché au concept de réversion à la moyenne (mean reversion) et à l’analyse des valorisations extrêmes.
Le signal « cri de l’estomac du marché », c’est le cri des profondeurs du marché. Selon Grantham, les plus grands sommets de marché ne sont pas toujours annoncés uniquement par des valorisations records même si elles jouent un rôle.
Il existe un signal plus profond et plus subtil : un changement de leadership ou une faiblesse interne qui se développe « sous la surface » alors que les indices principaux (S&P 500, Nasdaq…) continuent de grimper ou de se maintenir.
Cela rejoint l’analyse des divergences de Hussman et le concept de participation; quand l’appétit pour le risque faiblit, il se concentre sélectivement :
Concrètement :
- Les actions leaders (les plus chères, les plus spéculatives ou les plus en vogue – aujourd’hui souvent liées à l’IA) continuent de performer ou résistent.
- Dans le même temps, les actions de moindre qualité, les small caps, les valeurs spéculatives à bas prix ou le « ventre » du marché commencent à baisser nettement.
Ce phénomène traduit un comportement institutionnel : les investisseurs professionnels commencent discrètement à vendre les positions les plus risquées et à se réfugier vers des actifs plus défensifs.
La surface (les indices pondérés par la capitalisation) reste belle, mais l’intérieur du marché est déjà en train de se fissurer.
L’exemple historique le plus frappant selon Grantham : 1929Il qualifie la situation de 1929 de « plus grand cri de l’estomac du marché de l’histoire ».
À l’époque, les actions spéculatives à bas prix avaient déjà fortement chuté, tandis que le marché large et les leaders continuaient leur ascension.
Ce signal de divergence interne a précédé l’effondrement majeur.Grantham a observé des schémas similaires (avec des intensités variables) en :
- 1972
- 2000 (bulle internet)
- 2021 (où les meme stocks et certains portefeuilles growth spéculatifs ont commencé à s’effondrer bien avant que les grands indices ne réagissent pleinement)
Pourquoi ce signal est-il important aujourd’hui ?
En 2026, le marché est largement dominé par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle, avec des valorisations élevées et des dépenses colossales en capex des géants technologiques. Grantham a plusieurs fois exprimé son scepticisme sur la capacité de l’IA à justifier durablement de tels niveaux de valorisation pour l’ensemble du marché.
Le signal « stomach » invite les investisseurs à ne pas se fier uniquement aux performances des Magnificent 7 (ou leurs équivalents actuels). Il faut regarder :
- La breadth du marché (combien d’actions participent réellement à la hausse ?)
- Les performances des equal-weighted indices
- Le comportement des small caps et des valeurs spéculatives
- Les rotations internes (des growth chers vers la qualité ou la value)
Les enseignements de Grantham
- L’histoire ne se trompe pas : Les bulles extrêmes finissent presque toujours par une réversion violente vers la moyenne.
- Regarder sous la surface est crucial. Les indices capitalisation-pondérés peuvent masquer des faiblesses importantes.
- Le timing est difficile : Même quand le signal apparaît, le marché peut encore monter un temps (c’est le fameux « marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable »).
- Préparer son portefeuille : Grantham et GMO privilégient généralement la qualité à prix raisonnable, la value internationale et une certaine prudence face aux extrêmes.
Une des idées les plus intéressantes de Jeremy Grantham : les plus grands dangers boursiers ne viennent pas toujours d’un krach soudain visible sur les écrans, mais d’un processus de détérioration silencieux qui commence sous la surface du marché.
Comme je le dis et redis, un top majeur n’est pas un évènement mais un processus, étalé, étiré.
Ce signal historique mérite d’être surveillé de près. Comme le dit Grantham : les marchés finissent toujours par punir les excès, et les meilleurs avertissements viennent parfois du « ventre » du marché plutôt que de ses leaders les plus visibles.
J’ai abandonné cette notion de signal car dans les pseudos marchés post modernes je considère que les signaux sont trompeurs; les siganux sont valables dans un vrai marché de confrontation d’intervenants statistiquement répartis et independants, mais nous ne sommes plus dans cette situation nous sommes dans des marchés téléonomiques, pilotés, instrumentalisés. Les autorités pilotent les marchés et, de la même façon qu’ils influencent, contrôlent et fixent les taux courts ils influencent les taux longs et le risque; or la bourse ce sont des taux longs plus du risque!