Bruno Bertez
26 juin 2026
L’Iran, comme la Russie, n’a pas encore compris le fonctionnement actuel de Donald Trump et des États-Unis.
Les deux pays continuent de négocier de bonne foi. Ils sont persuadés qu’une approche prudente, assortie de conditions strictes et de garde-fous solides, leur permettra de gérer Donald Trump et d’aboutir à des accords viables.
Ils savent qu’ils doivent se méfier de lui, mais ils croient que la prévoyance et des protections bien rédigées suffiront à limiter les risques.C’est une grave erreur stratégique.
L’histoire récente l’a pourtant déjà démontré : les accords d’Anchorage et ceux de Genève ont montré que rien ne protège véritablement lorsqu’on fait face à un adversaire sans scrupules, entièrement machiavélique et dépourvu de toute retenue.
Face à un tel acteur, les clauses les plus minutieusement rédigées, les garanties les mieux pensées et les garde-fous les plus robustes deviennent lettre morte. Ils sont ignorés ou violés dès l’instant où ils cessent d’arranger l’autre partie.
Trump ne négocie pas au sens classique du terme.
Il ne recherche ni compromis ni avantage mutuel.
Pour lui, la négociation est un outil de domination, un moyen d’obtenir le maximum de concessions tout en donnant l’apparence du dialogue.
Les accords ne sont que des instruments temporaires, destinés à être abandonnés dès qu’ils ne servent plus ses intérêts.Dans ce cadre, la bonne foi devient une faiblesse. La prévisibilité se transforme en vulnérabilité. Toute tentative d’« accommoder » ou de « canaliser » Trump par la finesse diplomatique ou l’ingénierie juridique est vouée à l’échec, car l’autre partie joue selon des règles que les Américains ont déjà abandonnées.
La seule réponse cohérente consiste donc à ne pas négocier — ou, à tout le moins, à ne pas négocier dans l’illusion que les instruments diplomatiques classiques et les engagements mutuels conservent encore leur valeur.
Face à un acteur qui ne respecte ni signature ni précédent, la seule stratégie efficace est la fermeté sans illusion, la clarté sans concession, et le refus d’accorder une quelconque légitimité à un processus structurellement biaisé.
L’histoire l’a montré à plusieurs reprises : ceux qui ont cru pouvoir « gérer » Trump par une diplomatie sophistiquée ou des garde-fous habiles ont fini par payer un lourd tribut.
L’Iran et la Russie sont en train de commettre la même erreur coûteuse.