Douglas MacGregor : « Poutine va s’emparer de toute la Novorossiya jusqu’à Odessa »

Douglas MacGregor : « Poutine va s’emparer de toute la Novorossiya jusqu’à Odessa »

Le 1er juillet 2026, le colonel à la retraite Douglas MacGregor, ancien conseiller du secrétaire à la Défense américain, a livré une analyse sur l’évolution des objectifs russes en Ukraine lors d’un entretien avec Glenn Diesen.

Dans cette intervention , MacGregor soutient que Vladimir Poutine a désormais pour objectif clair de sécuriser l’ensemble de la Novorossiya, c’est-à-dire l’ensemble des territoires historiquement russophones du sud et de l’est de l’Ukraine, jusqu’à la mer Noire.

Cela inclut notamment la prise de Kharkiv et surtout d’Odessa.

Ce changement d’objectifs est dicté par la sécurité

Selon MacGregor, ce n’est pas une ambition impériale nouvelle, mais une réponse logique à l’évolution du conflit. Poutine a répété à plusieurs reprises que Kharkiv et Odessa étaient des villes historiquement russophones. Désormais, le président russe considère que sans le contrôle de ces territoires, la Russie n’aura aucune sécurité durable.

«Novorossiya, qui était toujours, je pense, au fond de l’esprit de tout le monde, va devenir une réalité. Et je le ferais certainement si j’étais à sa place. »

MacGregor estime que la Russie va concentrer ses efforts pour « atterrir » l’Ukraine, c’est-à-dire la priver d’accès à la mer Noire en s’emparant d’Odessa. Il juge cette opération tout à fait réalisable militairement avec les forces russes actuelles.

L’Ukraine selon le Colonel est « proche de la mort ». L’analyste américain dresse un portrait très sombre de la situation ukrainienne :

  • Le pays est « proche de mort » selon lui, même si une façade de gouvernement est maintenue grâce à des soutiens étrangers et des mercenaires.
  • L’aide occidentale est en grande partie détournée par la corruption (il évoque jusqu’à 50 % qui disparaît).
  • Les lignes de front craquent, les problèmes d’énergie et de main-d’œuvre sont critiques.
  • Volodymyr Zelensky est décrit comme «le capitaine d’un navire qui coule», et qui multiplie les déclarations belliqueuses tout en refusant toute négociation.

MacGregor est particulièrement sévère envers les pays de l’OTAN et les États-Unis :

  • L’objectif initial de l’Occident était la « défaite stratégique de la Russie » (il cite notamment Mike Pompeo sur ce point).
  • Il accuse les dirigeants européens de tenir des discours qui rappellent à la Russie l’invasion de 1941, ce qui ne fait que durcir la détermination russe.
  • Il dénonce l’absence totale de stratégie américaine : « Il n’y a pas de stratégie. Il n’y en a jamais eu. »
  • Selon lui, seule la sortie des États-Unis et de l’Europe du conflit permettra d’y mettre fin.

« Ça se termine quand on range nos affaires et qu’on rentre à la maison… On se retire. C’est ce que le président Poutine comprend. »

Le colonel envisage plusieurs possibilités :

  1. Prise d’Odessa dans un avenir proche, rendant l’Ukraine totalement enclavée.
  2. Avancée russe potentielle vers Kiev si la pression occidentale continue.
  3. Fin du conflit uniquement par le retrait occidental, et non par une victoire militaire de l’Ukraine.

Il estime que la Russie dispose aujourd’hui d’une supériorité militaire claire et d’un surplus d’armements, ce qui lui permet d’agir de manière méthodique plutôt que précipitée.

Pour Douglas MacGregor, la prolongation du conflit ne sert plus les intérêts de personne, sauf peut-être ceux de certains acteurs qui profitent de la guerre. Il appelle implicitement à un retour à la realpolitik : reconnaître les réalités du terrain et négocier plutôt que de poursuivre une stratégie qu’il juge irréaliste et dangereuse.

L’intervention de MacGregor, reflète la ligne d’une partie des milieux militaires et stratégiques américains qui plaident depuis longtemps pour une sortie négociée du conflit en Ukraine.

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