Les rendements français à des sommets de 14 ans … mais trop bas pour freiner l’endettement public !

Les rendements français à des sommets de 14 ans : trop bas pour freiner l’endettement public .

Malgré une forte tension sur les marchés obligataires, les rendements des obligations françaises (OAT) restent à des niveaux historiquement modestes, ce qui ne semble pas suffire à dissuader l’État de poursuivre son recours massif à l’endettement.

La hausse est spectaculaire mais relative

Mercredi dernier, le rendement de l’OAT à 10 ans a bondi de 14 points de base pour atteindre 3,93 %, un niveau inédit depuis juin 2009. En clôture de semaine, il s’établissait à 3,83 %, soit une hausse de 61 points de base depuis le 27 février.

Cette progression reflète les inquiétudes des investisseurs face à la situation budgétaire française, dans un contexte de tensions géopolitiques, de hausse des prix de l’énergie et d’incertitudes politiques.

Ce « record » de 14 ans reste dérisoire en termes absolus.

Comparaison européenne :

  • Allemagne : 3,09-3,12 % (proche de son plus haut en 14 ans)
  • Royaume-Uni : 4,98 % (hausse de 64 pb depuis le début des tensions)
  • Italie : 3,91 % (près de son pic de 3 ans)
  • Grèce : 3,81 % (proche de son plus haut pluriannuel)

La France paie on le voit donc une prime de risque très limitée par rapport à ses voisins, même si l’écart avec le Bund allemand s’est légèrement creusé.

Ces niveaux restent bien inférieurs aux rendements observés lo

rs des crises précédentes ou à ceux jugés « punitifs » pour un pays endetté.Pourquoi ces rendements ne freinent-ils pas l’endettement ?

À 3,8-3,9 %, le coût de financement de la dette française reste très attractif pour l’État :

  • Il demeure inférieur à la croissance nominale potentielle du PIB en période d’inflation modérée.
  • Il est largement couvert par la création monétaire passée et les rachats de la BCE (même si celle-ci a normalisé sa politique).
  • Il reste très éloigné des niveaux des années 1990-2000 (souvent supérieurs à 5-6 %).

Tant que les investisseurs continuent d’acheter massivement les OAT protégés apr la solidité tolerante de l’Allemagne Paris n’a pas de pression immédiate pour réduire drastiquement ses déficits.

Le marché finance encore confortablement un endettement public qui dépasse les 110 % du PIB, sans que le coût ne devienne prohibitif.

Cette hausse rapide des rendements ne pas vraiment traduit une détérioration de la confiance des marchés. Si les tensions budgétaires, politiques ou géopolitiques s’amplifiaient, le rendement pourrait rapidement franchir la barre symbolique des 4 %.

À ce stade, le coût annuel de la dette augmenterait de plusieurs milliards d’euros, rendant l’ajustement budgétaire inévitable.

Je suis persuadé qu’au lendemain des élections présidentielles, si la guerre de l’UE contre la Russie n’a pas évolué et que nous ne sommes pas en situation d’urgence, , le nouveau gouvernent essaiera d’imposer un plan d’austérité . Y parviendra – t- il j’en doute, mais cela sera tenté.

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