
Traduction du message de Donald Trump :
« L’Union européenne s’y met encore et, comme d’habitude, elle vise directement de GRANDES entreprises américaines ! Après avoir infligé des amendes à Apple, sans aucune raison, de 15 milliards de dollars, à Meta de 3 milliards de dollars, à Amazon de 2,5 milliards de dollars, et à bien d’autres, on vient de nous informer que Google, un groupe vraiment avancé et extraordinaire, a été condamné à encore 1 milliard de dollars, sans explication. Cela porte le total pour Google à plus de 18 milliards de dollars ! Cette pratique illégale et hautement discriminatoire a commencé à ces niveaux élevés pendant la première année de l’administration du Sleepy Joe Biden, mais elle ne continuera pas pendant l’administration Trump. Les États-Unis d’Amérique ne sont pas une « TIRELIRE » pour l’Europe, et nous ne le permettrons pas ! Que cette VÉRITÉ serve à représenter que nous allons immédiatement lancer une enquête 301 sur la pratique de « VOLER » les entreprises américaines et, par conséquent, le contribuable américain. L’Union européenne paiera un très lourd prix pour cette conduite illégale et hautement contraire à l’éthique, contre laquelle je les ai constamment mis en garde. Les pénalités seront entièrement annulées et nous anticipons qu’un TARIF substantiel leur sera imposé le plus tôt possible. Restez à l’écoute ! Le Président DONALD J. TRUMP »
Mise en contexte réelle des infractions
Les amendes de l’Union européenne ne sont ni arbitraires ni purement discriminatoires. Elles reposent sur des décisions motivées de la Commission européenne et des tribunaux de l’UE, fondées sur le droit de la concurrence européen (notamment l’article 102 du TFUE sur l’abus de position dominante) et sur le Digital Markets Act (DMA), une réglementation spécifique aux « gatekeepers » numériques.
Principales infractions constatées :
- Google : Accusé à plusieurs reprises d’avoir favorisé ses propres services (Shopping, publicité, Android, AdTech) au détriment des concurrents. La récente amende d’environ 1 milliard de dollars (juillet 2026) sanctionne des manquements au DMA (auto-préférence dans la recherche et restrictions sur le Play Store). Le total cumulé des amendes antitrust européennes contre Google dépasse largement les 10 milliards d’euros sur une quinzaine d’années.
- Apple : Sanctions pour pratiques restrictives dans l’App Store (interdiction faite aux développeurs d’informer les utilisateurs d’options de paiement alternatives moins chères – règle « anti-steering ») et pour abus de position dominante dans la distribution d’applications de streaming musical. Le chiffre de 15 milliards évoqué par Trump renvoie principalement à l’ancienne affaire fiscale irlandaise (aide d’État illégale), dont le montant a beaucoup évolué au fil des procédures judiciaires.
- Meta : Condamnations liées à l’utilisation des données personnelles et au modèle « payer ou consentir » (pay or consent), jugé non conforme au DMA car il ne laisse pas un véritable choix aux utilisateurs.
- Amazon : Sanctions pour utilisation de données des vendeurs tiers afin de favoriser ses propres produits et pour d’autres pratiques anticoncurrentielles sur sa place de marché.
Ces décisions s’appliquent à toute entreprise opérant sur le marché européen, quelle que soit sa nationalité.
L’UE considère que ces pratiques nuisent à la concurrence, aux entreprises européennes et aux consommateurs (prix plus élevés, innovation réduite, choix limité).
Trump présente ces amendes comme un « vol » sans fondement. Du point de vue européen, il s’agit de l’application de règles de concurrence et de régulation numérique destinées à limiter le pouvoir de marché des très grandes plateformes, règles que les entreprises américaines ont été jugées avoir enfreintes après des enquêtes longues et contradictoires.