Commerce américain en biens: les tarifs n’ont pas réduit le déficit!

Tout comme le DOGE n’a pas réduit le déficit budgétaire et comme la croissance n’ pas bénéficié a Main Street!

Les tarifs douaniers, présentés comme un instrument clé pour corriger le déséquilibre commercial des États-Unis, n’ont pas produit l’effet escompté sur le déficit en biens.

C’est ce que met en évidence une analyse récente de Charlie Bilello, Chief Market Strategist chez Creative Planning.

Selon les données compilées au 30 juin 2026, le déficit commercial américain en biens s’est établi à 1 801 milliards de dollars au cours des 18 derniers mois, contre 1 739 milliards de dollars lors des 18 mois précédents.

Cela représente une hausse de 4 %.

Le graphique comparatif publié par Bilello illustre clairement cette évolution : une barre bleue pour la période antérieure (−1 738,784 milliards) et une barre rouge pour la période récente (−1 801,377 milliards), avec la mention « +4 % YoY ».

Ces chiffres interviennent après la mise en place, à partir d’avril 2025, d’un régime tarifaire renforcé sous la seconde administration Trump.

Un tarif de base de 10 % a été appliqué, complété par des droits plus élevés sur certains produits et certains partenaires commerciaux, dans le but affiché de protéger l’industrie manufacturière américaine, d’encourager la reindustrialisation et de réduire le déficit commercial.

Or, le déficit en biens a atteint des niveaux records en 2025 (environ 1 235 milliards de dollars) et est resté élevé au premier semestre 2026. En juin 2026, il s’élevait encore à 101,5 milliards de dollars.

Plusieurs facteurs macroéconomiques expliquent cette résistance du déficit :

  • L’équilibre épargne-investissement souvent expliqué ici sous la plume de Stephen Roach : Le solde commercial reflète avant tout l’écart entre l’épargne nationale et l’investissement. Tant que les États-Unis consomment et investissent davantage qu’ils n’épargnent (en partie sous l’effet de déficits budgétaires fédéraux élevés), un déficit commercial est inévitable. Les tarifs ne modifient pas directement cet équilibre fondamental.
  • Anticipations et report d’importations : Au début de 2025, de nombreuses entreprises ont accéléré leurs achats avant l’entrée en vigueur des droits de douane, gonflant temporairement les importations.
  • Substitution de fournisseurs : Les importations se sont déplacées de la Chine vers d’autres pays (Vietnam, Mexique, etc.), sans forcément diminuer le volume global. Le déficit avec la Chine a baissé, mais d’autres partenaires ont pris le relais.
  • Effets de prix : Les tarifs augmentent le coût des biens importés. Même si les volumes stagnent ou baissent légèrement, la valeur nominale des importations peut rester élevée, creusant le déficit mesuré en dollars.
  • Représailles et incertitude : Les réponses des partenaires commerciaux et l’incertitude réglementaire ont freiné les exportations américaines dans certains secteurs.

Les analyses indépendantes, notamment de la Tax Foundation, confirment que les tarifs de 2025-2026 n’ont pas significativement modifié le solde commercial global.

Cette évolution rappelle que les instruments de politique commerciale, aussi ambitieux soient-ils, ne peuvent corriger un déséquilibre structurel lié aux choix budgétaires, à la propension à consommer et à l’attractivité de l’économie américaine pour les capitaux étrangers.

Si les recettes tarifaires ont temporairement soutenu les finances publiques, un arrêt de la Cour suprême en février 2026 a même entraîné des remboursements nets dans certains mois, réduisant cet apport.

Le déficit commercial en biens reste un symptôme plus large des déséquilibres de l’économie américaine. Elle nest pas resiliente, elle accumule les desequilbres aussi bien exterieurs que budgetaires, elle vit d’expédients.

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