Agences et presse
Le 14 août 2026, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accordé une interview à la chaîne d’État VGTRK (All-Russia State Television and Radio Broadcasting Company).
Dans cet entretien, largement relayé par le ministère russe des Affaires étrangères et les médias et Xinhua, il a formulé des positions très claires sur le conflit en Ukraine.
Pas de cessez-le-feu sur la ligne de contactLavrov a catégoriquement écarté l’idée d’un arrêt des hostilités sur la ligne de contact actuelle. Selon lui, s’arrêter maintenant reviendrait à « effacer le exploit de nos pères et grands-pères qui ont vaincu le nazisme ».
Il a insisté :
« Les hostilités ne doivent s’arrêter que lorsqu’il y aura un règlement durable, fiable et stable à long terme. Si nous nous arrêtions soudainement maintenant sur la ligne de contact, nous permettrions en substance d’effacer le exploit de nos grands-pères et arrière-grands-pères qui ont vaincu le nazisme. Cela n’est tout simplement pas envisageable. »
Cette position s’inscrit dans le discours officiel russe qui refuse un gel du conflit sans un accord global répondant aux objectifs de Moscou.
Des méthodes « beaucoup plus dures ». Lavrov a déclaré que la Russie ne descendrait pas au niveau de ce qu’il qualifie de « méthodes terroristes » de Kiev (frappes sur des sites civils).
En revanche, il a annoncé un durcissement :
« Nous rendrons nos propres méthodes beaucoup plus dures afin de démanteler tout ce qui alimente la machine de guerre de Kiev depuis l’Occident. Et nous le faisons déjà. »
Il a ajouté que les cibles occidentales et ukrainiennes concernées « commencent déjà à gémir », selon ses propres termes.
kyivpost.com: Ouverture (conditionnelle) au dialogue avec les États-Unis Lavrov a laissé une porte ouverte aux contacts avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Il a rappelé que le président Vladimir Poutine est prêt à les recevoir à nouveau à Moscou. La condition principale reste cependant le contenu de leurs propositions : « La question est de savoir ce qu’ils apporteront avec eux. »
Il a également évoqué des questions adressées au Département d’État américain concernant l’implication présumée des États-Unis dans des frappes en profondeur sur le territoire russe, et indiqué que Moscou attendait des réponses.
Autres points abordés
L’interview a également touché à d’autres sujets : les inspections européennes des navires russes (qualifiés de « flotte fantôme » par l’UE), les relations avec le Japon, la situation en Allemagne sous le chancelier Friedrich Merz (Lavrov a évoqué des « métastases du nazisme »), et des critiques à l’égard de l’Union européenne, que certains comptes-rendus rapportent comme agissant « comme si elle était déjà le Quatrième Reich ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de discussions diplomatiques intermittentes (avec notamment des médiateurs américains) et de poursuite des combats.
Du côté russe, elles confirment le refus d’un simple cessez-le-feu gelant le front actuel et la volonté de poursuivre la pression militaire et économique sur les soutiens occidentaux à l’Ukraine jusqu’à l’obtention d’un règlement jugé satisfaisant par Moscou