L’inflation c’est l’huile dans les rouages d’un système surendetté

L’inflation c’est l’huile dans les rouages d’un système surendetté.

Mais chut c’est le grand secret: il faut faire croire qu’on lutte contre elle alors qu’ON la recherche. L’ennemi ce n’est surtout pas l’inflation, non l’ennemi c’est deux choses: d’abord la prise de conscience de l’inflation , ensuite ce sont les anticipations d’inflation.

Le discours de base des élites sur l’inflation c’est; elle est temporaire

Depuis plus de cinq ans, l’inflation américaine dépasse systématiquement l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.

En août 2026, elle cumulait déjà 65 mois consécutifs au-dessus de cette cible, avec une moyenne d’environ 4 % par an depuis 2019.

Pourtant, la Fed a récemment recommencé à augmenter la taille de son bilan, une mesure souvent assimilée à un retour au quantitative easing (QE).

Cette apparente contradiction intrigue les observateurs « dans la boîte », ils s’attendent à une politique monétaire restrictive : hausses de taux et réduction du bilan.

Ce que beaucoup ne voient pas, c’est que l’inflation n’est pas seulement un dysfonctionnement à corriger.

Dans un système économique profondément surendetté, elle joue un rôle structurel essentiel : celui de l’huile dans les rouages.

Les « bienfaits » discrets de l’inflation sont multiples L’inflation gonfle mécaniquement la valeur nominale du PIB. Elle augmente les recettes fiscales sans qu’il soit nécessaire de relever explicitement les taux d’imposition. Surtout, elle réduit la valeur réelle des dettes, qu’elles soient publiques ou privées. Les stocks de dettes s’allègent, les bilans des agents endettés s’améliorent, et le poids du passé s’efface progressivement.

L’inflation est l’un des outils de gestion privilégiés des élites, c’est elle qui permet ce que l’on appelle la répression financière, processus qui spolie les prêteurs au profit des emprunteurs comme le gouvernement et les entreprises en faisant en sorte que les rendements offerts aux épargnants restent en dessous des taux d’inflation, la repression financière est l’antidote à la capitalisation de dettes.

Dans un système qui ne peut fonctionner qu’en produisant de la dette plus rapidement que la croissance réelle du PIB, un « gap » d’endettement se creuse en permanence.

Toute période d’inflation permet de réduire ce gap.

C’est pourquoi l’inflation apparaît, pour le système, comme un bienfait presque providentiel. Mais ce bienfait ne peut être revendiqué ouvertement. Il faut le cacher.

La banque centrale est officiellement chargée de lutter contre l’inflation ; en réalité, elle cherche l’inflation maximale tolérable, celle que les ménages et les investisseurs peuvent encore supporter sans provoquer de rupture sociale ou de crise de confiance.

Dire le contraire serait reconnaître que le système repose sur une érosion permanente du pouvoir d’achat et une redistribution silencieuse des richesses.

D’où le silence, le langage technique et les objectifs affichés de « stabilité des prix ».

L’inflation est iutile… à condition d’être différentielle. Pour que l’inflation remplisse pleinement sa fonction, elle ne doit pas être uniforme. Elle doit frapper plus durement certains agents économiques que d’autres. Les salaires, en particulier, doivent progresser moins vite que les prix. Cette compression relative du coût du travail permet de contrer la tendance séculaire à la baisse de la rentabilité du capital dans le secteur des entreprises.

Les dettes nominales sont allégées, les marges des entreprises sont préservées ou améliorées, tandis que le pouvoir d’achat des salariés et des épargnants à revenus fixes s’érode.

L’inflation devient ainsi un outil de régulation asymétrique : elle efface les traces du surendettement en marchant, tout en soutenant la profitabilité du capital.

Le fait que l’inflation reste durablement au-dessus de 2 % tout en voyant la Fed élargir à nouveau son bilan n’est donc pas nécessairement une erreur de diagnostic. Dans un environnement de dettes colossales, un retour trop rapide à une inflation trop basse risquerait de rendre le service de la dette insoutenable, de provoquer une contraction brutale de l’activité et de mettre en lumière les fragilités structurelles du système.

La politique monétaire n’a pas pour objectif de « vaincre » l’inflation. Elle vise à la maintenir dans une zone supportable : suffisamment élevée pour alléger les dettes et soutenir les recettes nominales, suffisamment contenue pour éviter une perte de contrôle des anticipations et une fuite vers d’autres actifs.

L’inflation n’est pas uniquement un mal à combattre, elle est une aubaine à cacher! Dans un système qui ne peut survivre qu’en générant plus de dettes que de richesse réelle, elle est devenue l’huile indispensable qui lubrifie les engrenages.

Mais cette réalité ne peut être dite.

Elle doit rester dissimulée derrière le discours de la stabilité monétaire et de la lutte contre la hausse des prix.

Tant que le surendettement restera la condition de fonctionnement de l’économie, l’inflation maximale tolérable restera un objectif implicite des banques centrales. Les 65 mois consécutifs au-dessus de la cible de la Fed ne sont pas un échec. Ils pourraient bien être le signe que le système fonctionne exactement comme il le doit… à condition que personne ne le dise trop fort.

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