Editorial important. La finance moderne est devenu un jeu de tape-taupe, de whack-a-mole!

BRUNO BERTEZ

LE 16 Aout

[WSJ] Les banques centrales sont prises au piège d’un cycle de crises sans fin

Affirmer que nous sommes face à des crises multiples ou à des cycles de crises est une opération idéologique; ne pas nommer correctement est deja tromper !

Mal nommer conduit à mal diagnostiquer et mal diagnostiquer permet de durer, de repousser le jour des comptes; repousser le jour ou l’imaginaire produit par l’idéologie se fracassera sur les limites imposées par la réalité.

Le but de l’opération est de voiler la réalité objective qui s’impose à tout analyste de bonne foi afin d’escamoter le debat politique sur l’origine et la cause « des crises ».


Réflexions sur l’interprétation des tensions économiques contemporaines par les médias Main stream et la pensée positive classique.

Dans l’article article récent identifié ci dessus , le Wall Street Journal décrit les banques centrales comme engagées dans un cycle répétitif de crises. Selon cette analyse, en élargissant leur rôle de prêteur en dernier ressort à celui de market maker en dernier ressort après 2008 et 2020, les autorités monétaires ont réduit le risque perçu sur certains marchés, favorisé un accroissement de l’endettement et, par là même, contribué aux conditions de nouvelles instabilités.

Chaque intervention de soutien semblerait ainsi préparer le terrain à la suivante.

Parallèlement, Adam Tooze a développé la notion de « polycrise » pour désigner une situation dans laquelle des chocs de natures différentes (sanitaires, géopolitiques, climatiques, financiers ou sociaux) interagissent et s’amplifient mutuellement, rendant l’ensemble plus difficile à gérer que la simple addition des parties.

Ces lectures mettent en évidence des dynamiques observables et des interactions complexes.

Ces lectures ne sont pas fausses, elles contiennent une part de verité, juste ce qu’ils faut pour qu’elles soient crédibles. Elles escamotent la question radicale; les banques centrales sont elles « mechantes volontairement » et si non pourquoi ces banques centrales ont elles été conduites à élargir leur rôle de prêteur en dernier ressort aux banques à celui de market maker en dernier ressort. La réponse aurait été genante car elle s’approcherait du coeur de la financiarisation qui a consisté a mettre le crédit sur les marchés , lui qui auparavant était logé chez les banques . On a transforme le marché financier en une colossale banque soumise aux animal spirits; comme les banques d’avant le marché est périodiquement sous la menace de « runs » donc il faut lui offrir un prêteur ou acheteur de dernier ressort. On a créé le mythe des actifs financiers comme quasi monnaie et donc le marche est devenu quasi banque et il faut periodiquement le soutenir. Comme on le faisait dans le passé pour les banques lorsqu’elles accomplissaient ces memes fonctions, en particulier celle de la transformation du court en long!

Une autre perspective analytique alternative permet toutefois de les replacer dans un cadre plus unifié et surtout plus cohérent .

Selon l’approche que je développe depuis plusieurs décennies , les difficultés actuelles ne relèvent pas principalement d’une succession de crises distinctes ni d’une polycrise, mais d’une seule dynamique structurelle sous-jacente : l’insuffisance relative du taux de profit face à une accumulation de capital devenue excessive.

On a beaucoup investi, beaucoup modernisé, beaucoup remplacé les hommes et le travail vivant par des machines et des techniques et tout cela produit un capital accumulé énorme qui exige son profit.

Le besoin de profit est devenu trop grand et pour compenser son insuffisance, tout un ensemble de palliatifs – crédit, dettes, taux bas, déficits, subventions, cadeaux fiscaux au capital, salaires comprimés, délocalisations,- ont été menés , palliatifs qui produisent des résultantes qui passent pour des émergences de nouvelles crises alors que ce sont les manifestations du même phénomène initial.

Dans ce cadre, la gestion des tensions successives ressemble souvent au jeu du tape-taupe (whack-a-mole) : chaque fois qu’un symptôme est contenu ou atténué, un autre émerge ailleurs, sans que la source commune soit nécessairement identifiée et traitée.

En refusant les crises de destruction, en lissant les cycles et en refusant l’inflation qui réduit le poids du passé accumulé, les responsables de la conduite des affaires ont commis une erreur radicale; les déséquilibres se sont accumulés au lieu de se corriger, de se nettoyer periodiquement. On a refusé de laisser se nettoyer la pourriture pour reprendre la terminologie de 1929. On a accumulé des promesses intenables tous azimuts. On a fuit en avant dans les dettes et les assurances bidons . Et plus on s’enfonce dans les dettes moins ont peut nettoyer car le nettoyage s’il était osé prendrait une allure de chaos systémique.

Si on osait nommer la Crise , les phénomènes observés – tensions fiscales, pressions sur les revenus des ménages, déficits publics, accumulation de dettes et formation de bulles d’actifs – apparaîtraient alors comme des manifestations successives ou simultanées de cette même contrainte et des palliatifs qu’elle declenche.

Le taux de profit est la variable centrale du système dans lequel nous vivons mais il ne faut que ce soit dit ou su, car si cela était reconnu alors tout le débat de nos sociétés deviendrait un débat sur le profit, sa légitimité, sa formation, son taux, sa répartition, son utilisation, sur l’ordre social qu’il produit et finalement sur le pouvoir qu’il confère!

Dans certains cadres d’analyse économique, dans la tradition marxienne, le fonctionnement du système capitaliste repose sur la capacité à produire et à réaliser un surplus suffisant pour valoriser le capital engagé.

Lorsque la masse de capital s’accroît plus rapidement que le surplus extractible – sous l’effet de la concurrence, de l’évolution de la composition du capital ou d’autres facteurs structurels –, le taux de profit tend à s’éroder.

Cette évolution n’est pas nécessairement conjoncturelle ; elle peut s’inscrire dans une tendance de plus long terme avec des contre tendances.

Face à cette contrainte, les agents économiques et les institutions publiques peuvent recourir à différents mécanismes de compensation : compression relative des coûts salariaux, expansion du crédit, accroissement de l’endettement public ou monétisation. Ces mécanismes ne suppriment pas la contrainte initiale ; ils en déplacent les effets et en modifient les formes d’expression.

Les chaînes de transmission peuvent etre complexes et surtout dissimulées. L’insuffisance relative de profitabilité peut se propager selon plusieurs canaux :

-Recettes fiscales. Une profitabilité plus contrainte limite l’assiette de l’impôt sur les sociétés. Des évolutions modérées des revenus salariaux restreignent également les recettes liées à l’impôt sur le revenu et à la consommation. Les administrations publiques peuvent alors faire face à un écart persistant entre ressources et engagements.

-Revenus des ménages. Lorsque la part salariale est contenue pour soutenir la rentabilité du capital, le maintien du niveau de consommation repose davantage sur l’endettement des ménages (immobilier, crédit à la consommation, formation). La demande devient plus sensible au cycle du crédit avec risques de surendettement.

– et dettes publiques. Les écarts entre recettes et dépenses publiques se traduisent par des déficits qui, s’ils persistent, conduisent à une accumulation de dettes. Ces dettes constituent alors une réponse institutionnelle à des tensions de profitabilité dans le secteur privé.

-Crédit et valorisation des actifs. Pour soutenir la demande, financer les déficits et maintenir la valorisation du capital existant (y compris sous forme d’actifs financiers), le système bancaire et monétaire peut générer un volume de crédit supérieur à ce que justifieraient les flux de profits réels. Cette liquidité supplémentaire tend à soutenir les prix des actifs et favorise la formation de bulles successives.

Dans cette perspective, les épisodes de 2008, l’épisode inflationniste de 2021-2023 ou les tensions bancaires de 2023 peuvent être interprétés non comme des événements isolés, mais comme des moments où les tensions accumulées se manifestent de manière plus visible. Des moments ou la Taupe passe sa tête.

Le rôle des banques centrales se situe au niveau de ces processus énumérés ci dessus.

L’analyse du Wall Street Journal souligne correctement le caractère potentiellement procyclique de certaines interventions monétaires : le soutien aux marchés peut encourager un levier supplémentaire et, à terme, de nouvelles fragilités.

Dans le cadre proposé ici, ces interventions s’inscrivent dans une logique plus large de gestion de la contrainte de profitabilité.

En cherchant à éviter une dévalorisation brutale du capital accumulé pour préserver l’ordre social , les banques centrales contribuent à prolonger des configurations dans lesquelles la liquidité et le crédit jouent un rôle compensatoire.

Cela transforme progressivement une tension de profitabilité en questions de liquidité, de solvabilité, puis éventuellement de cohésion sociale avec la montée des inégalités et son contre symptome, le populisme.

Les approches en termes de cycle de crises ou de polycrise offrent des grilles utiles pour décrire la multiplicité et l’interaction des chocs contemporains dans une perspective « in the box » ou plutôt dans une « non-perspective in the box ». La fonction de la box étant d’empêcher la perspective!

C’est est une sorte de gigantesque « je n’en veut rien savoir! » Grace a cette dénégation la société croit se protéger alors quelle ne fait que repousser le problème tout en l’aggravant.

Ma lecture alternative met l’accent sur une dynamique plus unifiée : celle d’une contrainte durable sur le taux de profit, dont les effets se diffusent à travers les finances publiques, les revenus des ménages, l’endettement et les marchés d’actifs. Si cela vous ennuie de l’appeler « profit » alors appeler le « surplus ».

Cette perspective n’exclut pas l’importance des facteurs géopolitiques, climatiques ou sanitaires. Souvent ils agissent comme révélateurs. Elle suggère cependant que certains phénomènes apparemment distincts peuvent être reliés à une même logique économique sous-jacente.

Une compréhension plus précise de ces articulations pourrait contribuer à mieux apprécier les limites des réponses purement conjoncturelles et les conditions d’ajustements plus structurels.

EN PRIME

Exploration des crises financières historiques

Les crises financières ne sont pas un phénomène récent.

Elles jalonnent l’histoire du capitalisme et, plus largement, des économies monétaires et de crédit depuis plusieurs siècles. Une lecture attentive de ces épisodes révèle des régularités : expansion excessive du crédit, formation de bulles d’actifs, accumulation de dettes, puis retournement brutal suivi d’ajustements souvent douloureux.

Dans le cadre analytique évoqué précédemment – celui d’une contrainte durable sur le taux de profit, compensée par des mécanismes de dette et de liquidité –, ces crises apparaissent moins comme une succession d’événements isolés que comme des manifestations récurrentes d’une même logique.

Traiter chaque épisode séparément s’apparente alors au jeu du tape-taupe (whack-a-mole) : un symptôme est contenu, un autre émerge ailleurs.

Principales crises financières historiques (aperçu chronologique)

Voici une sélection des épisodes les plus documentés, classés par période.

Cette liste n’est pas exhaustive ; les bases de données de Reinhart et Rogoff, Laeven et Valencia, ou encore les chronologies de Wikipedia et des travaux historiques recensent des dizaines d’événements supplémentaires.

XVIIe–XVIIIe siècles (premières bulles spéculatives modernes)

  • Tulipomanie (Pays-Bas, 1636-1637) : spéculation intense sur les bulbes de tulipes. Les prix s’envolent puis s’effondrent brutalement. Souvent citée comme la première bulle spéculative documentée.
  • Bulles de 1720 : Compagnie des mers du Sud (Grande-Bretagne) et système de Law / Compagnie du Mississippi (France). Spéculation sur des titres liés aux colonies et à la dette publique, suivie d’un krach généralisé.

XIXe siècle (ère industrielle et paniques bancaires)

  • Panique de 1837 (États-Unis) : spéculation immobilière et bancaire, suivie de faillites en chaîne.
  • Krach de 1873 et Longue Dépression (1873-1896) : initié à Vienne, se propage aux États-Unis et en Europe. Surinvestissement dans les chemins de fer, chute des prix des matières premières, faillites bancaires.
  • Paniques de 1893 et 1907 (États-Unis) : crises bancaires liées à la spéculation et à des tensions monétaires. La panique de 1907 conduit à la création de la Réserve fédérale.

XXe siècle

  • Krach de 1929 et Grande Dépression (1929-1939) : effondrement boursier, crises bancaires massives, contraction du crédit et du commerce mondial. L’épisode le plus sévère du siècle.
  • Crises des années 1970 : chocs pétroliers (1973 et 1979), stagflation, et crises bancaires secondaires (Royaume-Uni 1973-1975). Fin du système de Bretton Woods (1971) et montée de l’instabilité monétaire.
  • Crise de la dette latino-américaine (début des années 1980) : surendettement des pays en développement, récessions et restructurations.
  • Bulle japonaise (fin des années 1980 – début des années 1990) : envolée des prix de l’immobilier et des actions, suivie d’une longue stagnation (les « décennies perdues »).
  • Lundi noir (1987) : krach boursier mondial en une journée.
  • Crise asiatique (1997-1998) : attaques spéculatives sur les monnaies, faillites bancaires en Thaïlande, Indonésie, Corée du Sud, etc.
  • Crise russe et LTCM (1998) : défaut souverain et quasi-faillite d’un grand hedge fund.

XXIe siècle

  • Bulle internet (2000-2002) : surévaluation des valeurs technologiques, puis krach.
  • Crise des subprimes et Grande Récession (2007-2009) : bulle immobilière américaine, produits dérivés complexes, faillite de Lehman Brothers, contagion mondiale.
  • Crise de la dette souveraine en zone euro (2010-2012) : tensions sur les dettes grecque, irlandaise, portugaise, espagnole et italienne.
  • Épisodes plus récents : tensions bancaires de 2023 (SVB, Credit Suisse), chocs liés à la pandémie de 2020, et poussées inflationnistes 2021-2023.

Les données historiques montrent une fréquence élevée des crises bancaires et financières, particulièrement depuis le XIXe siècle, avec des vagues régionales ou mondiales.

Patterns communs

Plusieurs traits reviennent de manière récurrente :

  • Expansion préalable du crédit et de l’endettement (public ou privé).
  • Valorisation excessive d’actifs (immobilier, actions, titres de dette, matières premières).
  • Retournement brutal lorsque la confiance s’érode ou que les flux de revenus (profits, impôts, salaires) ne suffisent plus à servir les dettes.
  • Interventions monétaires ou publiques pour contenir la propagation, qui peuvent à leur tour créer de nouvelles conditions de levier.

Dans le cadre analytique centré sur le taux de profit, ces épisodes peuvent être interprétés comme des moments où la contrainte de profitabilité se manifeste de façon aiguë.

Lorsque le surplus généré par l’activité productive ne suffit plus à valoriser le capital accumulé, le système recourt à la dette et au crédit pour combler l’écart.

Les bulles et les krachs successifs apparaissent alors comme des mécanismes de dévalorisation partielle (destruction de capital fictif) qui tentent, temporairement, de rétablir des proportions plus soutenables.

Les destructions massives de capital (guerres, dépressions profondes) ont historiquement permis des phases de restauration du taux de profit (comme après 1945).

Cette lecture n’exclut pas le rôle de facteurs spécifiques (chocs pétroliers, erreurs de politique monétaire, déréglementation, innovations financières, ou événements géopolitiques). Elle suggère cependant que ces facteurs agissent souvent sur un terrain déjà fragilisé par des tensions de profitabilité et d’endettement cumulées.

Les réponses qui se limitent à stabiliser un marché ou un secteur (liquidité d’urgence, sauvetages ciblés) peuvent contenir un symptôme tout en déplaçant la pression vers d’autres points du système – d’où l’analogie avec le tape-taupe.

L’analyse du Wall Street Journal sur le cycle sauvetage qui produit plus de levier qui produit une nouvelle crise » trouve des échos historiques dans la répétition des interventions monétaires et des refinancements depuis les années 1980-1990.

De même, l’idée de polycrise (Tooze) frole , effleure l’interaction actuelle de chocs multiples.

L’histoire montre que la multiplicité des manifestations n’implique pas nécessairement l’absence d’une dynamique sous-jacente commune.

Les crises du passé, qu’elles soient isolées ou en vagues, illustrent souvent le même enchaînement : insuffisance relative de profit face a des anticipations gonflées, puis compensation par le crédit et la dette puis survalorisation redoublée puis correction.

Une exploration plus approfondie pourrait aussi examiner comment les destructions de capital (physique ou fictif) ont, à certaines époques, permis des phases de reconstruction de la profitabilité.

LES DEPÊCHES

[AP] Les États-Unis retirent leur dernier porte-avions d’Asie, Trump se concentrant sur l’Iran et l’hémisphère occidental.

[Bloomberg] Les opérateurs obligataires s’inquiètent de 70 milliards de dollars de garanties de crédit parallèles pour les entreprises d’IA.

[NYT] Alors que la Chine cherche à étendre son influence en Asie, Trump se concentre sur l’Iran

[WSJ] La stratégie d’amplification des risques qui a entraîné de lourdes pertes chez Situational Awareness

[WSJ] Les grands fabricants constatent une nouvelle demande pour l’équipement des centres de données d’IA

[WSJ] Cette immense raffinerie chinoise finance Téhér

[Reuters] L’Iran campe sur ses positions dans le détroit tandis que Trump exhorte les Américains à accepter les prix élevés de l’essence

[Yahoo/Bloomberg] L’Iran et Oman resserrent leurs liens concernant un accord sur le détroit d’Ormuz alors que les attaques navales se multiplient.

[CNBC] Les réserves stratégiques de pétrole, déjà épuisées, approchent d’un seuil qui suscite des inquiétudes quant aux dommages potentiels aux cavernes et aux opérations.

[NBC] L’Iran rejette les « illusions » après que Trump a déclaré vouloir faire du détroit d’Ormuz un territoire américain.

[Reuters] Selon des sources, Jane Street a subi une perte de 15 milliards de dollars en juillet, liée à la vente massive d’actions dans les secteurs de la connaissance de la situation et de l’IA.

[Reuters] La valorisation d’Anthropic en bourse repose sur des prévisions de chiffre d’affaires de 190 à 200 milliards de dollars pour 2028, selon des sources.

[Axios] Un nouveau modèle développé par un laboratoire chinois est presque aussi performant en matière de piratage informatique que l’IA américaine.

[Reuters] Le niveau du Rhin baisse à un nouveau record et le transport se déplace vers les terres.

[Bloomberg] À quoi pourrait ressembler l’isolement économique de l’Iran selon Bessent ?

[NYT] Alors que l’inflation ronge les gains salariaux, les travailleurs prennent du retard.

[WSJ] La guerre contre l’Iran se résume désormais à savoir qui cédera le premier sous la pression économique.

[WSJ] Nvidia revoit à la baisse ses ambitions concernant la garantie de 250 milliards de dollars pour le centre de données d’OpenAI.

[FT] Jane Street subit une perte de 15 milliards de dollars après la crise chez Situational Awareness

[FT] La polémique autour du porte-avions américain symbolise l’inquiétude croissante face à la guerre contre l’Iran

[FT] Les cambistes sont prêts à en découdre au sujet du yen.

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