« Un premier aveu que les Etats Unis connaissent un problème de spirale de dette »

Pourquoi Scott Bessent a « cligné des yeux » : Luke Gromen décrypte le doublement des rachats de Treasuries

Le 20 août 2026, Jack Farley animateur du podcast Monetary Matters, a annoncé la sortie immédiate d’un nouvel épisode avec l’analyste macroéconomique Luke Gromen (fondateur de Forest for the Trees – FFTT).

L’épisode s’intitule Why Bessent Blinked | Luke Gromen on Doubling of Treasury Buyback Plan to Tame Long-End Yields

Mercredi 19 août, le Département du Trésor américain, dirigé par le secrétaire Scott Bessent, a surpris les marchés en annonçant le doublement (au minimum) de la taille de ses opérations de rachat (buybacks) sur les titres de dette à long terme (secteurs 10-20 ans et 20-30 ans).

Le plafond passe de 2 milliards à au moins 4 milliards de dollars par opération, pour la période du 9 septembre au 4 novembre 2026.

Cette mesure vise à « soutenir la liquidité », c’est à dire à soutenir les cours, sur le segment long de la courbe des taux, alors que les rendements des Treasuries à 30 ans avaient atteint des sommets depuis près de 19 ans (autour de 5,3 %).

Jeudi 20 août, Bessent a précisé sur CNBC que le montant pourrait même dépasser les 4 milliards par opération, selon les conditions de marché.

L’annonce a temporairement fait baisser les rendements, mais le mouvement s’est inversé le lendemain.

De nombreux observateurs y voient une forme d’« Operation Twist » moderne : le Trésor rachète des obligations longues (souvent financé par l’émission de T-bills à court terme), ce qui rappelle la stratégie de la Fed en 2011 destinée à aplatir la courbe des taux.

Les points clés soulignés par Luke Gromen

Dans l’épisode, Gromen estime que cette décision n’est pas un simple ajustement technique de liquidité, mais « le premier véritable aveu » que les États-Unis font face à ce que son cabinet appelle un emerging market hard currency debt spiral problem (un problème de spirale de dette en devise forte typique des marchés émergents).

Selon le teaser de Jack Farley et les notes de l’épisode, Gromen développe notamment :

  • L’« Operation Twist » constitue une forme de Yield Curve Control (contrôle de la courbe des taux) et n’est qu’une pièce d’un playbook plus large.
  • Kevin Warsh (président de la Fed dans ce contexte) n’est pas (et ne peut pas être) aussi hawkish que certains le pensent, en raison des contraintes budgétaires structurelles.

Parmi les autres thèmes abordés :

  • Les entitlements (retraites, santé, etc.), les intérêts de la dette et les prestations aux vétérans représentent déjà environ 105 % des recettes fédérales et croissent plus vite que ces dernières.
  • Un scénario de réévaluation de l’or monétaire américain (actuellement comptabilisé à 42 $/oz) qui pourrait injecter des milliers de milliards dans le compte du Trésor (TGA).
  • Les contraintes liées au carry trade offshore en dollars, l’intervention sur le yen, le rôle du crédit privé, et la préférence de Gromen pour l’or plutôt que les obligations longues.
  • Des parallèles historiques avec l’économie hamiltonienne, les bulles d’investissement (canaux, chemins de fer, télécoms… et aujourd’hui l’IA).

L’épisode est sponsorisé par le Teucrium Corn ETF (CORN).Où écouter

Cette intervention de Luke Gromen arrive au moment où la dette publique américaine a franchi le seuil symbolique des 40 000 milliards de dollars, et où les questions de soutenabilité budgétaire, de liquidité du marché obligataire et de politique monétaire se mélangent de plus en plus.

L’épisode offre une lecture claire d’un des analystes les plus suivis sur ces sujets structurels.

Une réflexion sur “« Un premier aveu que les Etats Unis connaissent un problème de spirale de dette »”

  1. Ce que nous savions sur ce blog depuis longtemps apparait déjà au grand jour.

    Warsh est tenu par les parties.

    Tout son discours volontariste est du vent même si les marchés se prêtent au jeu de rôles consistant à faire semblant d’y croire…

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