La crise de la dette est la priorité absolue de la politique américaine

NOTE BB Ce texte est une autre façon de dire que la crise de la dette est la priorité absolue de la politique américaine. Je maintiens mon diagnostic; la dette c’est le Mort qui détermine tout le Vif, toute la politique et toute la vie économique, politique, monétaire .. y compris les guerres.

RJ BROOKS

A mon avis, la maîtrise de la hausse des rendements des bons du Trésor à long terme est actuellement la priorité absolue de la politique américaine.

Son intervention plus accommodante lors de la dernière réunion de la Fed, le 29 juillet, a provoqué un redressement de la courbe des taux, et les États-Unis ne peuvent absolument pas se permettre une telle situation.

Selon moi, un nouvel accord entre le Trésor et la Fed est en train de se dessiner, dont l’objectif principal est de contenir la hausse des rendements à long terme face à des déficits hors de contrôle.

Mon point de vue suscite beaucoup de critiques, c’est pourquoi l’article d’aujourd’hui démontre que la dynamique sous-jacente du marché des bons du Trésor est plus préoccupante qu’il n’y paraît.

En effet, les données économiques américaines ont été globalement décevantes et négatives au cours du mois dernier, ce qui, historiquement, aurait dû entraîner une baisse des rendements à long terme.

Or, cela ne s’est pas produit, signe de la forte pression à la hausse qui pèse réellement sur ces rendements.

À mon avis, la situation est extrêmement tendue concernant les rendements à long terme.

La courbe bleue du graphique ci-dessus représente ma moyenne pondérée des principales surprises liées aux données économiques américaines par rapport au consensus Bloomberg. La pondération est basée sur l’importance de chaque publication pour la prévision de la croissance du PIB. Cette série a fortement chuté au cours du mois dernier et se situe désormais nettement en territoire négatif, avec une surprise moyenne pondérée des données sur les 60 derniers jours de bourse d’environ -0,5 écart-type.

Cette situation s’explique notamment par la faiblesse des chiffres de l’emploi de juillet, publiés le 7 août (une surprise de -1,4 écart-type), la faiblesse des ventes au détail de juillet, publiées le 18 août (une surprise de -1,9 écart-type), et un indice PMI de Chicago très faible pour août, publié vendredi quelques minutes avant le discours d’ouverture de Jackson Hole (une surprise de -2,5 écarts-types).

Des données économiques faibles devraient peser sur le rendement des obligations à 10 ans, les marchés revoyant à la baisse leurs anticipations d’inflation et de croissance. Or, c’est l’inverse qui s’est produit : le rendement des obligations à 10 ans est en hausse, malgré des surprises économiques négatives. Cela indique que la demande de titres du Trésor est plus faible qu’il n’y paraît.

Le graphique ci-dessus présente la corrélation glissante sur 30 jours entre les surprises liées aux données économiques et la variation quotidienne du rendement des obligations du Trésor à 10 ans. Ce graphique est évidemment sujet à des fluctuations, mais en moyenne, la corrélation est positive et se situe autour de 0,3.

Cela signifie que les surprises positives liées aux données économiques font monter les rendements, tandis que les surprises négatives les font baisser. Le dernier point de données, couvrant la période de 30 jours jusqu’à hier, montre que cette corrélation est devenue très légèrement négative.

Cela indique que les rendements se sont déconnectés des données économiques.

L’explication la plus probable est que les marchés se concentrent davantage sur l’évolution du déficit, ce qui les pousse à la hausse sur les rendements à long terme, indépendamment des surprises liées aux données économiques.

La dynamique sous-jacente du marché des obligations du Trésor est plus préoccupante qu’il n’y parait.

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