TRUMP pas besoin de commenter ou analyser mais je le fais quand même

TRUMP. Excellent chiffre de l’emploi tout juste annoncé, pulvérisant toutes les estimations (sauf la mienne !) du simple au double et au triple — Et vous n’avez encore rien vu !

LES EMPLOYEURS ONT AJOUTÉ 162 000 EMPLOIS EN AOÛT.

Baissez les taux d’intérêt parce que les U.S.A. sont un crédit bien plus solide qu’il y a seulement peu de temps !

UN PAYS FORT SIGNIFIE UN TAUX D’INTÉRÊT PLUS BAS — C’EST UN MEILLEUR CRÉDIT…

Très simple ! Nous devrions avoir le TAUX LE PLUS BAS de n’importe quel pays au monde, comme « au bon vieux temps ».

Sans que les États-Unis n’acceptent de leur laisser leurs énormes excédents, et nous pourrions arrêter ça immédiatement, ils ne seraient plus considérés comme une ÉLITE financière !

BAISSEZ LE TAUX OU J’ARRÊTE DE COMMERCER AVEC LES PAYS AVEC LESQUELS NOUS AVONS UN DÉFICIT, ce que la Cour suprême des États-Unis, dans sa décision ridicule et très coûteuse sur les droits de douane, a fortement reconnu que « le Président » a le droit absolu de faire.

C’EST MIEUX QUE LES DROITS DE DOUANE !

Le Conseil de la Fed, avec son formidable nouveau dirigeant, doit se réveiller — SOYEZ DES PATRIOTES pour changer.

Les taux d’intérêt élevés placent les U.S.A. dans une situation très injuste, et je ne laisserai pas cela se produire ! Président DONALD J. TRUMP

Les inepties de Trump

1. « Un pays fort = un taux d’intérêt plus bas » / « meilleur crédit »


C’est une confusion entre qualité de crédit souverain et politique monétaire.
Un État plus « fort » (croissance, emploi, solvabilité) peut emprunter à un spread plus bas que d’autres, mais le niveau des taux dépend surtout de l’inflation attendue, de la politique de la banque centrale et de l’offre/demande de titres.

Aujourd’hui, un rapport emploi plus fort pousse plutôt les marchés à anticiper des taux plus élevés, pas plus bas (ce qui s’est d’ailleurs produit : les probabilités de hausse de la Fed en septembre ont augmenté). Dire l’inverse, c’est inverser le diagnostic conjoncturel.

2. « Nous devrions avoir le taux le plus bas du monde, comme autrefois »

Les États-Unis n’ont pas « le droit » à un taux directeur plus bas que le Japon, la Suisse ou la zone euro simplement parce qu’ils sont les États-Unis.
Le taux neutre américain est plus élevé que celui de beaucoup de pays (démographie, productivité, rôle du dollar, appétit pour le risque).

Vouloir le taux le plus bas du monde tout en ayant une inflation encore au-dessus de la cible et un déficit budgétaire important, c’est demander à la fois le beurre et l’argent du beurre.

3. Confondre taux directeur de la Fed et « crédit du pays »

La Fed fixe le taux des fonds fédéraux pour viser inflation et emploi. Ce n’est pas une notation de crédit.

La « note » des États-Unis se voit plutôt dans le rendement des Treasuries et les CDS. Menacer la Fed d’être « patriote » revient à traiter la politique monétaire comme un levier politique immédiat, ce qui, historiquement, dégrade justement la crédibilité du crédit souverain.

4. « Sans les États-Unis, leurs excédents disparaîtraient et ils ne seraient plus une élite financière »

Les excédents commerciaux de l’Allemagne, de la Chine, du Japon, etc., ne sont pas un cadeau américain. Ils résultent d’épargne intérieure élevée, de structures industrielles et de taux de change.

Stopper le commerce avec les pays en excédent vis-à-vis des États-Unis :

  • ne ferait pas magiquement baisser les taux américains ;
  • relèverait les prix intérieurs (moins d’importations) ;
  • réduirait les débouchés des exportateurs américains ;
  • et ne transformerait pas ces pays en « non-élites » financières car leurs marchés de capitaux et leurs banques centrales existent indépendamment du déficit bilatéral américain.

5. Menace : « baissez les taux ou j’arrête de commercer avec les pays avec lesquels nous avons un déficit »

C’est un non-sequitur.

Le solde commercial et le taux directeur de la Fed ne sont pas des instruments substituables. Fermer le commerce avec une grande partie du monde (Chine, UE, Mexique, Vietnam, etc.) serait un choc d’offre et de demande d’une violence considérable, inflationniste à court terme, récessif ensuite.

Ce n’est pas « mieux que les droits de douane » : c’est une version extrême des droits de douane, avec rupture des chaînes d’approvisionnement.

6. Invoquer une décision de la Cour suprême sur les tarifs pour justifier un embargo commercial

Même en admettant un pouvoir présidentiel large sur les tarifs, cela ne crée pas un levier propre sur la Fed. On mélange droit commercial, politique monétaire et chantage inter-institutionnel. Ce n’est pas de l’économie ; c’est de la confusion des instruments.

7. « Les taux élevés placent les États-Unis dans une situation très injuste »
Les taux réels élevés pénalisent l’investissement et le logement, c’est vrai.

Mais ils sont la conséquence d’une inflation qui n’est pas revenue durablement à 2 % et d’une politique budgétaire expansionniste.

Présenter cela comme une injustice dont la Fed serait seule responsable, alors qu’un rapport emploi plus fort milite plutôt contre une baisse immédiate, est incohérent avec les faits du jour.

En résumé

Le texte prend un bon chiffre d’emploi et en déduit qu’il faut baisser les taux, alors que le même chiffre pousse les marchés dans l’autre sens.

Il mélange ensuite solvabilité souveraine, politique monétaire, balances commerciales et pouvoir tarifaire comme s’il s’agissait d’un seul bouton.

C’est précisément ce qui en fait un raisonnement économique délirant, pas une analyse.

EN PRIME

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